2017, Centenaire de la Révolution d’Octobre

L’anniversaire du Grand Octobre est l’occasion d’approfondir notre réflexion sur les enseignements à tirer de cet événement qui a bouleversé l’histoire de l’humanité : jusqu’en 1917, il y avait eu des révolutions, mais elles n’avaient pas comme objectif de mettre fin à l’exploitation de l’homme par l’homme. En rupture avec les schémas utopiques de société parfaite, sortis de l’imagination d’écrivains talentueux, l’explication matérialiste dialectique et historique posait le principe que le capitalisme était son propre fossoyeur : c’était dans son propre développement social que se trouvaient les prémisses de la société communiste et que la naissance de cette dernière nécessitait une révolution conduite par le prolétariat, la seule classe qui n’avait rien à perdre et tout à gagner !

On objectera que le monde a changé, que la situation n’aurait plus rien à voir avec 1917. Rappelons-nous cette phrase du roman (et du film) Le Guépard : « Il faut que tout change pour que rien ne change !  » Oui, les choses ont changé, mais l’exploitation capitaliste s’est aggravée, et les programmes des bourgeoisies et de leurs partis visent à l’aggraver encore, en balayant les conquêtes sociales obtenues partout sur la base de l’appui que constituait l’Union Soviétique ! Les contradictions inter-impérialistes sont telles que la guerre mondiale entre pays impérialistes est de nouveau évoquée comme une possibilité tangible ! Jamais, depuis 1914, l’écart de revenus entre les plus pauvres et les plus riches, dans les citadelles impérialistes, n’a été aussi élevé, et il s’approfondit. Le 1% des plus riches possède autant que la moitié de la population mondiale ! Donc de ce point de vue, rien n’a changé : le capitalisme a aggravé son caractère pourrissant, parasitaire, corrompu (Fillon ne nous dira pas le contraire, après Sarkozy, Cahuzac, Lagarde, …). Le commerce des armes est le secteur le plus florissant de l’économie et ils s’en vantent !

Or ce qu’il nous faut, c’est changer réellement. La Révolution d’Octobre nous apprend que pour ce faire, il n’y a pas d’alternative à la nécessité de s’attaquer au Capital en l’expropriant, de détruire l’appareil d’État bourgeois en construisant l’État du prolétariat, de mettre fin à l’anarchie de la production capitaliste en planifiant l’économie !

Mais un autre enseignement doit être tiré : pour s’organiser en vue des batailles décisives pour la révolution, la classe ouvrière a besoin de lutter sous son propre drapeau, et son parti, son instrument pour l’action politique révolutionnaire, doit assurer son indépendance politique et idéologique en veillant particulièrement à ne pas la mettre à la remorque des forces bourgeoises et petites bourgeoises. C’est pourquoi il nous semble que voter pour J-L. Mélenchon au premier tour des présidentielles, comme envisager quelque ralliement que ce soit au second tour pour « défendre la République bourgeoise » ou pour le moindre mal, c’est tourner le dos à Octobre 1917 ; car faire de tels choix électoraux, ce n’est pas préparer les affrontements de demain, c’est préparer le terrain à des opérations politiques qui, au nom de prétendues étapes, ne font que repousser la révolution nécessaire aux calendes grecques.

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