Macron, la continuité réactionnaire à l’Élysée !

Communiqué du Parti Communiste Révolutionnaire de France
Emmanuel Macron, l’homme de la bour­geoi­sie fran­çaise, a été élu Président de la République. C’est le résul­tat d’une for­mi­da­ble mobi­li­sa­tion de l’appa­reil de pro­pa­gande et de com­mu­ni­ca­tion du capi­tal mono­po­liste depuis main­te­nant plus d’un an, et qui a culminé pen­dant l’entre-deux-tours avec la dra­ma­ti­sa­tion de la situa­tion créée par la pré­sence de Marine Le Pen.

Dans ces condi­tions, notre Parti salue toutes celles et tous ceux qui ont refusé de cau­tion­ner la mas­ca­rade Le Pen-Macron en s’abs­te­nant, en votant blanc ou nul ! Leur nombre est un record depuis 1958, et en comp­tant celles et ceux qui ont, de bonne foi, cru voter contre le FN, ce taux témoi­gne que la recom­po­si­tion poli­ti­que a en partie échoué. Les 16,1 mil­lions d’électeurs non expri­més repré­sen­tent près de 34% de l’électorat, alors qu’Emmanuel Macron a recueilli 43,69% des ins­crits et Marine Le Pen 22,40%. Cela sou­li­gne le carac­tère fon­ciè­re­ment anti-démo­cra­ti­que de la Constitution gaul­liste et de l’élection pré­si­den­tielle, sachant que des mil­lions de tra­vailleurs ne votent pas parce qu’ils ne sont pas ins­crits ou qu’ils ne peu­vent pas l’être, n’ayant pas eu la pos­si­bi­lité d’être natu­ra­li­sés.

Le Parti Communiste Révolutionnaire de France a dénoncé le piège dans lequel on a voulu enfer­mer les électeurs : sur fond de « droi­ti­sa­tion des forces poli­ti­ques », faire croire que le vote Emmanuel Macron, dont le pro­gramme, comme la car­rière, incarne les valeurs réac­tion­nai­res de la bour­geoi­sie, puisse être un quel­conque bar­rage contre l’idéo­lo­gie réac­tion­naire du Front National ! En réa­lité, la can­di­date du FN a servi de faire-valoir à Macron, per­met­tant à ce der­nier de faire ava­li­ser ses orien­ta­tions, sou­hai­tées par la bour­geoi­sie : Union Européenne, Loi Travail qu’il pro­pose d’aggra­ver, remise en cause des sys­tè­mes de retraite, des coti­sa­tions socia­les et de l’impôt, sup­pres­sion de 120 000 fonc­tion­nai­res, remise en cause des sta­tuts, en par­ti­cu­lier celui de la Fonction publi­que ter­ri­to­riale, réforme des com­mu­nes et dimi­nu­tion du rôle, pour­tant pure­ment formel, du Parlement... En poli­ti­que inter­na­tio­nale, Macron s’ins­crit dans la conti­nuité bel­li­ciste de l’impé­ria­lisme fran­çais, faite d’ingé­ren­ces et d’agres­sions mili­tai­res, mas­quées der­rière une pré­ten­due « défense de la liberté ». Notons qu’en matière d’immi­gra­tion et de droit d’asile, Macron ne se dif­fé­ren­cie de Le Pen que par l’étendue des fron­tiè­res « à fermer » : pour l’une, ce sont les fron­tiè­res natio­na­les, mais pour lui, ce sont celles de l’UE, avec cette dif­fé­rence que la posi­tion défen­due par Macron n’est pas de l’ordre de la « pro­po­si­tion », mais de la poli­ti­que mise en œuvre par Bruxelles, res­pon­sa­ble de cen­tai­nes de morts en Méditerranée, et de la livrai­son des migrants aux auto­ri­tés libyen­nes qui les pillent, les vio­lent et les tor­tu­rent ! Son dis­cours récur­rent sur le dépas­se­ment de la droite et la gauche, typi­que des posi­tions his­to­ri­ques de la réac­tion en France, et, dans son dis­cours dans la cour du Louvre, sa réfé­rence à la conti­nuité avec l’Ancien Régime, en disent long sur la réa­lité de ses posi­tions poli­ti­ques ! Tout comme ses condam­na­tions impli­ci­tes de la lutte de classe au nom de l’unité de la Nation, autre thème cher à l’extrême droite !

Le ven­dredi 5 mai, la Commission Nationale des Élections est inter­ve­nue pour empê­cher la presse de rendre compte d’une infor­ma­tion de Wikileaks concer­nant des cour­riels pro­ve­nant de l’équipe Macron. On y apprend, entre autres, que sa cam­pa­gne aurait été finan­cée à hau­teur de 5,5 mil­lions d’euros par les ban­ques Rothschild, Soros et Goldman Sachs, que Bernard Arnault aurait apporté une contri­bu­tion sub­stan­tielle, et qu’elle aurait reçu un sou­tien mul­ti­forme de Merkel, de Obama, de Justin Trudeau, de Junker, de Tsipras, de Matteo Renzi, de Bernard-Henri Lévy… Prétendre s’oppo­ser à Le Pen avec ces gens-là, comme avec les diri­geants des Républicains ou du PS, relève de l’escro­que­rie poli­ti­que ou de la capi­tu­la­tion pure et simple, à l’image de diri­geants syn­di­caux friands de col­la­bo­ra­tion de classe ou des diri­geants du PCF dis­cré­di­tés par leur poli­ti­que de ral­lie­ment à la social-démo­cra­tie. Le score du FN tra­duit le désar­roi régnant dans les cou­ches popu­lai­res frap­pées par la crise et que la tra­hi­son des diri­geants du PCF a lais­sées sans repré­sen­ta­tion et sans pers­pec­ti­ves ; mais cela tra­duit aussi le fait que la lutte contre cette orga­ni­sa­tion ne porte pas assez sur le carac­tère de classe de sa poli­ti­que et de sa nature, mais sur des ques­tions socié­ta­les ou des « pro­blè­mes de valeurs ». En par­ti­cu­lier, il est néces­saire de mettre l’accent sur le fait qu’on ne peut battre les cou­rants ultra-réac­tion­nai­res et fas­ci­sants sans com­bat­tre le capi­ta­lisme qui les engen­dre.

Dès main­te­nant, la prio­rité, c’est d’orga­ni­ser sans atten­dre la lutte contre la bru­tale agres­sion qui se pré­pare contre le Code du Travail et les autres mesu­res du pro­gramme Macron-Fillon-Gattaz. Notre Parti salue la mani­fes­ta­tion orga­ni­sée le 8 mai par des orga­ni­sa­tions syn­di­ca­les CGT, Sud/Solidaire. Les élections légis­la­ti­ves doi­vent per­met­tre d’inter­pel­ler les can­di­dats sur leurs posi­tions par rap­port aux gran­des ques­tions du moment : sur la levée de l’état d’urgence, sur la mobi­li­sa­tion contre les pro­jets Macron, sur la poli­ti­que de guerre en par­ti­cu­lier en Syrie, sur l’Union Européenne et sur l’OTAN, dont il serait sui­ci­daire de lais­ser le ter­rain à la réac­tion lepé­niste ! Notre Parti aura des can­di­dats qui seront por­teurs de l’idée que l’alter­na­tive, et la seule, c’est la cons­truc­tion d’un grand Parti Communiste capa­ble d’aider la classe ouvrière et les masses popu­lai­res à réa­li­ser le rôle his­to­ri­que d’en finir avec les Le Pen et les Macron, avec la galère, la misère, l’absence de démo­cra­tie, la menace de guerre, avec le capi­ta­lisme, pour cons­truire le socia­lisme vers le com­mu­nisme.

Paris, le 8 mai 2017

  • "La Réaction en Marche"

    Les Présidentielles comme les Législatives sou­li­gnent la pro­fon­deur de la crise poli­ti­que que tra­verse le pays. C’est l’abs­ten­tion (avec le vote blanc et nul) qui témoi­gne de son ampleur. Et c’est vrai dès le pre­mier tour des Présidentielles : aucun can­di­dat ne tota­lise plus de 18,5% des ins­crits, (...)
  • Législatives : raz-de-marée en trompe-l’œil pour la bourgeoisie

    Communiqué du Parti Communiste Révolutionnaire de France (PCRF) Le pre­mier tour des élections légis­la­ti­ves confirme l’ampleur de la crise poli­ti­que grave que tra­verse notre pays depuis plu­sieurs années. On assiste à une recom­po­si­tion du cadre poli­ti­que, équivalente à celle de 1958. Le parti (...)
  • Président Macron : la Réaction En Marche

    Ce que tout le monde savait - que Macron allait lancer une vaste offen­sive contre le pro­lé­ta­riat et les tra­vailleurs des cou­ches moyen­nes - est devenu bru­ta­le­ment une nou­velle, parce que Le Parisien et Libération ont publié des extraits d’un projet de réforme de la Loi Travail. Le gou­ver­ne­ment nie (...)
  • Gouvernement Macron/Philippe : réactionnaire sur toute la ligne !

    Déclaration du Secrétaire géné­ral du Parti Communiste Révolutionnaire de France : L’élection d’Emmanuel Macron ne lais­sait aucun doute : son gou­ver­ne­ment, dans la logi­que de son pro­gramme, serait un gou­ver­ne­ment socia­le­ment réac­tion­naire, un gou­ver­ne­ment « de guerre » contre les tra­vailleurs et les (...)
  • Législatives : le sens de nos candidatures

    L’atti­tude des marxis­tes envers les élections est de cibler le prin­ci­pal obs­ta­cle à atta­quer, en déployant de manière com­pré­hen­si­ble la poli­ti­que du parti. Pour le Parti Communiste Révolutionnaire de France, c’est le capi­ta­lisme (pro­priété privée des moyens de pro­duc­tion et d‘échange), cause réelle de (...)
  • Macron, la continuité réactionnaire à l’Élysée !

    Communiqué du Parti Communiste Révolutionnaire de France Emmanuel Macron, l’homme de la bour­geoi­sie fran­çaise, a été élu Président de la République. C’est le résul­tat d’une for­mi­da­ble mobi­li­sa­tion de l’appa­reil de pro­pa­gande et de com­mu­ni­ca­tion du capi­tal mono­po­liste depuis main­te­nant plus d’un an, et qui a (...)
  • Manifestation du 1er mai 2017 à Paris

    Manifestation du 1er mai 2017 à Paris 1er mai 2017 JOURNÉE INTERNATIONALE DES TRAVAILLEUSES ET TRAVAILLEURS Il est temps que les tra­vailleu­ses et tra­vailleurs s’orga­ni­sent vers le TOUS ENSEMBLE et en MÊME TEMPS, Vers la Révolution (...)
  • Qui sont les irresponsables ?

    Déclaration de Maurice Cukierman, Secrétaire Général du Parti Communiste Révolutionnaire de France A la veille de l’élection pré­si­den­tielle, on pour­rait penser qu’il est encou­ra­geant de cons­ta­ter le rejet massif de la can­di­date du Front National. Et effec­ti­ve­ment, dans les contacts que nous (...)