Macron, le capitalisme et la guerre

En Marche forcée pour la réaction sur toute la ligne, l’homme de l’oligarchie financière, élu contre Le Pen et non pour son programme (17% des inscrits au premier tour), Macron, Président de la République du Capital, s’attaque à tous les droits conquis par la classe ouvrière et les masses populaires : Droit du travail, Droit à la protection sociale, Droit à l’Éducation, Droit à la Santé, Droit à la retraite, Droit au logement. Ce qui est caractéristique, ce n’est pas l’attaque menée contre chacun de ces droits. La social-démocratie et la droite traditionnelle menaient cette politique, parallèlement à la pression sur les salaires (dont les retraites) et le pouvoir d’achat.

Ce qui est nouveau, c’est le caractère global de l’attaque. Le capital monopoliste, face à la crise, a besoin de renforcer la part de survaleur (plus-value) qu’il s’approprie, et en particulier cette part socialisée que constituent les « prélèvements sociaux » et le prélèvement de l’impôt sur le revenu, tout en démantelant les services publics qui, privatisés, peuvent être rentables pour le Capital (annonce de la suppression de 120 000 postes dans la Fonction publique). C’est ce que les réformistes (le PCF, la France Insoumise, la direction de la CGT, celle de la FSU) appellent le « désengagement de l’État », le « néo-libéralisme » ! Mais il n’y a pas plus de désengagement que de retour au libéralisme de papa ! En réalité, l’État bourgeois, celui du capitalisme impérialiste, intervient plus que jamais pour remettre en cause les conquêtes sociales qu’il avait dû concéder, et pour permettre aux monopoles et à l’oligarchie financière de pallier la baisse tendancielle du taux de profit, et de faire face à la concurrence inter-impérialiste pour conserver et gagner des marchés, des zones d’influence. Ce rôle de l’État bourgeois, que Lénine avait catalogué comme « capitalisme monopoliste d’État », l’État intervient comme outil politique du capital monopoliste dans son ensemble, c’est le financement public, comprenant l’ensemble des dispositions fiscales prises depuis l’accession à l’Élysée de l’homme des Rothschild, qui sont le pendant des lois contre la classe ouvrière et les couches populaires.

Mais c’est aussi la politique étrangère et la politique militaire.

Le gouvernement français est parmi les plus bellicistes : les interventions militaires françaises sont permanentes en Afrique, au Moyen Orient, en Afghanistan. Les monopoles français (Dassault, Lagardère, Nexter, Construction Mécanique de Normandie …) de l’industrie d’armement, financés par l’État, réalisent 20% de leur chiffre d’affaire dans l’exportation. Ils réalisent des marchés fabuleux avec l’Arabie Saoudite et le Qatar, les Émirats, l’Égypte et … l’Inde. Aujourd’hui, les monopoles français sont en passe de détenir l’exclusivité du marché de la mort au Yémen (avec les USA), où l’ONU lance un cri d’alarme sur la situation catastrophique dans laquelle se trouve la population du fait de l’agression de la coalition conduite par l’Arabie Saoudite.

Après avoir justifié tous les mauvais coups au nom des critères financiers de Maastricht (les fameux 3% de déficit public à ne pas dépasser), l’exécutif vient d’annoncer une loi de programmation militaire qui pulvérise les records du financement public du capital monopoliste dans ce secteur. Dans le domaine pudiquement appelé « de la Défense », en réalité de la guerre, on se lâche : plus question de déficit public ! Et l’objectif s’inscrit dans les décisions de l’OTAN visant à porter à 2% du PIB le poids des dépenses militaires des pays membres. Force est de constater qu’il ne s’agit pas seulement de politique étrangère, puisqu’il est annoncé le rééquipement en gilets pare-balle et autres matériels qui peuvent être utilisés dans le cadre de la Sécurité Intérieure (plan Vigipirate, loi intégrant les dispositions de l’état d’urgence).

Le Parti Communiste Révolutionnaire de France appelle la classe ouvrière, le prolétariat de notre pays, les masses populaires à s’opposer à l’ensemble de la politique réactionnaire mise en place par la Présidence Macron et à relier sa politique contre les travailleurs, avec sa politique en matière d’institutions, en politique étrangère et au plan militaire. En particulier, il faut s’opposer à la loi de programmation militaire annoncée, il faut réclamer le retrait unilatéral de la France de l’OTAN et de l’Alliance atlantique, comme de toutes les structures militaires « européennes ». Il faut exiger le rapatriement des troupes françaises, et des services spéciaux, des théâtres d’opération en cours, et la fermeture des bases militaires à l’étranger. Enfin il est nécessaire de reconstruire un mouvement de masse pour la paix contre l’impérialisme, dans lequel le prolétariat de notre pays doit jouer un rôle majeur, car le capitalisme-impérialiste « portant en lui la guerre comme les nuées portent l’orage  », c’est bel et bien son renversement qui en finira définitivement avec le risque de guerre !

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