Plan pauvreté de Macron... :

... Entre trompe-l’oeil et contrôle social accru !

Perçu comme l’homme du patronat et de l’oligarchie financière, comme "le Président des riches", en manque de popularité et confronté à une majorité fissurée, Emmanuel Macron a voulu faire du jeudi 13 septembre 2018, sa journée de "bonne action sociale" ! Il a révélé un « Plan pauvreté » marqué à la fois par des mesures de type ’’dame patronnesse’’, et par des mesures dont la mise en place se traduira par de nouvelles attaques contre les plus démunis.

Pour ce qui est des premières, il est évident qu’elles ne sont absolument pas en rapport avec les déclarations prétentieuses du Président des monopoles et des banques, telles que « enrayer les inégalités de destin qui se perpétuent », ou « viser à émanciper des déterminants sociaux ».
Qu’on en juge :
- Le petit déjeuner gratuit à l’école, mais ce sont "les enseignants et les parents d’élèves (?) qui auront toute liberté pour offrir ce petit déjeuner". Quant à la restauration scolaire dont le prix serait modulé, elle ne concernera que 200 à 300 000 enfants sur 3 millions d’enfants considérés comme pauvres !
- L’augmentation du nombre de places en crèche pour les pauvres pour favoriser l’apprentissage de la langue française.
- Une aide pour financer une mutuelle santé (dont le coût sera de 30 euros), et non pas une prise en charge à 100% par la Sécurité sociale. Gageons que le secteur assurantiel ne sera pas perdant dans l’affaire !
- Résorber les bidonvilles : étant donné les sommes allouées, il s’agit de cacher les pauvres, pas d’éradiquer la pauvreté !

Mais le plus grave, ce sont les mesures visant à aggraver le contrôle social. Macron ne propose pas la réouverture des "workers-house", établissements où l’on enfermait les pauvres en Angleterre en les réduisant au travail forcé, mais on perçoit quand même une inspiration !
- L’obligation de se former jusqu’à 18 ans avec, en cas de refus, des "mesures d’assistance éducative". La formation concernera "les compétences", ce qui signifie en clair qu’elle préparera à des emplois sans qualification.
- Le développement de la Garantie jeunes s’inscrit dans le même schéma, avec une allocation de 480 € par mois.
- Accompagnement vers l’emploi des allocataires de minima sociaux, avec, là encore, des formations de "compétences" et un plan d’insertion "par l’activité économique", qui se traduira par des obligations et un renforcement du contrôle social. Et cela ne concernera que 100 000 personnes pour le quinquennat !

Mais la grande nouveauté présidentielle, c’est le Revenu Universel d’Activité. Il s’agirait, selon l’Élysée, de regrouper le plus grand nombre de prestations sociales du RSA aux APL. En fait, l’opération pourrait déboucher sur une réduction importante des titulaires des minimas sociaux, selon France Stratégie. Mais surtout, cela illustre ce que nous venons de souligner. Car il s’agit de droits et de devoirs supplémentaires, à savoir un accompagnement (contrôle) renforcé et un engagement dans un plan d’insertion, empêchant de refuser plus de deux offres raisonnables (sic) d’emploi ou d’activité (resic) !

Et bien entendu, toutes les mesures sont financées en fait par les travailleurs, pas par le patronat ni par l’oligarchie financière.

Bref la pauvreté a de beaux jours devant elle, comme la démagogie !

Deux éléments mettent en lumière les intentions profondes du "Président du mépris" pour les pauvres et les travailleurs.

- Tout d’abord, un incident lors de la journée du patrimoine à l’Élysée où s’exprime la philosophie de Macron : un jeune horticulteur au chômage lui expliquant que l’on ne répond jamais à ses CV, s’entend répondre sur le ton méprisant du petit marquis d’Ancien Régime s’adressant à ses "paysans", qu’il y a du travail dans la restauration, l’hôtellerie et le bâtiment, qu’il suffit de vouloir travailler ! Ce qui veut bien dire que dans les plans du gouvernement, on ne tiendra plus compte des qualifications, des choix... Bref seuls les cadres de la Finance ont le droit de choisir leur profession et de se recycler comme Président de la République avec l’aide de la banque Rothschild !
- Ensuite, c’est une expression curieuse employée par Emmanuel Macron : inventer "l’État providence" du XXIème siècle. Cette expression, chacun le sait, est péjorative et vise à dénoncer les acquis sociaux en matière de santé, d’enseignement, d’aide sociale, conquis lors de la défaite du fascisme. En la reprenant à l’occasion de son Plan pauvreté, le Président de la République laisse donc entendre, ce que l’on a déjà tous compris, à savoir qu’il va aller jusqu’au bout de la démolition des acquis sociaux en ne maintenant qu’un filet de protection pour les plus pauvres en échange de leur réduction à l’état de corvéables à merci !

La réalité, c’est que ce plan s’inscrivant dans la politique brutale menée pour le compte des monopoles capitalistes, il ne va pas réduire la pauvreté, mais l’amplifier, l’étendre. Car c’est une loi inexorable de l’économie : plus la richesse s’accumule dans les mains de quelques-uns et plus s’agrandit le nombre de gens réduits à la misère. C’est le capitalisme comme système qui provoque et aggrave la pauvreté, car il a besoin d’une main d’œuvre bon marché, en particulier dans les secteurs de technologies de pointe et dans les services. C’est un élément de l’exploitation capitaliste de la classe ouvrière. Cela permet de diviser, de faire pression contre les luttes. La seule lutte contre la pauvreté en générale, c’est la lutte contre le capitalisme pour une société socialiste-communiste, la seule à même, en se débarrassant des capitalistes, d’inaugurer une ère nouvelle où la pauvreté, comme les épidémies de peste noire, ne sera plus qu’une curiosité historique.

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