Qu’est-ce que la plus-value et le taux de plus-value ?

Notre journal Intervention communiste propose une rubrique destinée à donner quelques points de repères devant faciliter l’étude des classiques du marxisme, qui est le système des idées et de la doctrine de Marx. Il faut, avant tout, préciser, contrairement à ce que l’on veut nous faire croire, que la doctrine de Marx ne ressort pas seulement du domaine économique, mais aussi de la démarche philosophique (matérialisme dialectique et matérialisme historique) et politique « dont la synthèse est constituée par le Manifeste du Parti communiste  » (Lénine) ». Il nous est apparu logique de débuter par l’analyse du fonctionnement du système capitaliste, si brillamment exécutée dans l’œuvre maîtresse de Marx, “Le Capital”.

On peut définir Le Capital par la formule de Marx lui-même : « C’est le mode de production capitaliste et les rapports de production et d’échange qui sont les siens ». Formulé autrement, on peut dire que c’est la théorie de la plus-value, théorie scientifique de ce dont les prolétaires ont l’expérience quotidienne : l’exploitation de classe.

Le mode de production capitaliste se fonde sur la tendance incessante à accumuler des capitaux. Les capitalistes étant seuls propriétaires des moyens de production, les travailleurs sont obligés de vendre leur force de travail (Ft) au capitaliste pour pouvoir subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille (reconstitution de la force de travail). La force de travail devient donc une marchandise.

L’argent se transforme en capital lorsqu’il est investi en moyens de production (machines, matières premières, usines) - Capital constant (Cc) - et en salaires (nécessaires à la reconstitution de la Ft) - le capital variable (Cv). La force de travail est la seule marchandise capable de créer de la valeur supplémentaire et pas seulement de retransmettre la valeur du temps de travail socialement nécessaire à sa production. Ainsi, par exemple, sur une journée de travail de 8 heures : une 1ère partie de 4 heures représente le travail socialement nécessaire à la reconstitution de la Ft ; une deuxième partie de 4 heures est du travail que s’approprie le capitaliste ou « plus-value » (Pv), appelée aussi « surtravail », qui constituera la source du profit. On peut résumer le cycle de formation du capital par : C (Cc+Cv)+ Pv = C’ plus grand que C. C étant le capital primitif (composé du capital constant et du capital variable), et Pv la plus-value, C’ est le capital accru de la plus-value. Nous pouvons alors déterminer le degré d’exploitation de la force de travail ou taux de plus-value. C’est le rapport existant entre la plus-value (Pv) et le capital variable (Cv) : Pv/Cv multiplié par 100. En reprenant l’exemple de la journée de travail de 8 heures : 4 heures pour la reconstitution (Cv), 4 heures de surtravail (Pv), le taux de plus-value sera donc de 100%.

Nous savons que la tendance intrinsèque du Capital est l’accumulation toujours plus grande à travers l’augmentation des profits. Cela présuppose l’augmentation de la plus-value et par conséquent, du taux de plus-value si le salaire reste identique. Le capitaliste peut procéder de trois façons : en allongeant la journée de travail, donc le sur-travail : c’est la plus-value absolue ; en réduisant le temps de travail socialement nécessaire à la reproduction de la force de travail par l’augmentation de la productivité (machines, cadences etc) dans la production des marchandises qui y contribuent : c’est la plus-value relative ; ou bien en augmentant la productivité par l’introduction de nouvelles machines, par une nouvelle organisation, etc, qui donne un avantage au capitaliste sur ces concurrents : c’est la plus-value extra.

à suivre : Qu’est-ce que le profit ?