Simone Veil au Panthéon : entre mystification et opération politicienne...

Le Président-monar­que Macron a décidé que « Simone Veil, ainsi que son époux, repo­se­raient au Panthéon », pour lui témoi­gner « l’immense remer­cie­ment du peuple fran­çais à l’un de ses enfants tant aimés ».

S’agis­sant de la pan­théo­ni­sa­tion d’une femme poli­ti­que ayant été minis­tre dans deux gou­ver­ne­ments de droite, celui de Giscard d’Estaing, puis celui de Balladur (en 1993, Simone Veil était n°2 d’un gou­ver­ne­ment qui a lancé la pre­mière contre-réforme des retrai­tes, grave régres­sion de leurs droits pour des mil­lions de tra­vailleu­ses et de tra­vailleurs...), dont les poli­ti­ques ont fon­da­men­ta­le­ment fait plus de mal que de bien au « peuple fran­çais », on est en droit de s’inter­ro­ger sur la légi­ti­mité du « remer­cie­ment » que nous devrions lui témoi­gner.

Pour glo­ri­fier le rôle de cette femme, plu­sieurs aspects de sa vie sont mis en avant :

Son statut d’ancienne dépor­tée  ; mais com­bien de femmes l’ont été comme elle ?
Et sur cette thé­ma­ti­que, pour­quoi ne pas avoir ouvert le Panthéon à Marie-Claude Vaillant-Couturier (décé­dée en 1996), résis­tante dépor­tée à Auschwitz puis à Ravensbrück, camp où elle est restée plu­sieurs semai­nes après sa libé­ra­tion afin d’aider des mala­des intrans­por­ta­bles, témoin de l’accu­sa­tion au procès de Nuremberg en 1946, dépu­tée com­mu­niste pen­dant près de 20 ans entre 1945 et 1973, et à ce titre rédac­trice de plu­sieurs pro­jets de loi pour l’égalité des salai­res entre les hommes et les femmes ?

La loi de 1974 qui porte son nom, dépé­na­li­sant l’avor­te­ment (sans en auto­ri­ser tou­te­fois le rem­bour­se­ment, qui sera adopté seu­le­ment en 1982, avec la Loi Roudy).
Rappelons que cette loi lui a été com­man­dée par le pré­si­dent Giscard d’Estaing, et qu’elle n’aurait pas existé sans le dur combat mené notam­ment à partir de 1968 par des asso­cia­tions de luttes pour les femmes, telles que Choisir (citons en par­ti­cu­lier le rôle de Gisèle Halimi), qui ont eu à subir, de la part des milieux catho­li­ques, des atta­ques, insul­tes et agres­sions autre­ment plus vio­len­tes que celles subies par Madame Veil pen­dant les deux jours de débats à l’Assemblée natio­nale. Cette loi cons­ti­tue certes une avan­cée pour les femmes, mais si c’est au nom de cette avan­cée qu’on pan­théo­nise la minis­tre qui l’a fait voter, qu’attend-on pour pan­théo­ni­ser aussi Maurice Thorez (créa­tion du statut de la Fonction publi­que en 1946) et Ambroise Croizat, le père de la Sécurité sociale ?

Enfin, comme « euro­péenne convain­cue », deve­nue Présidente du Parlement euro­péen en 1979, on cher­chera en vain quel ser­vice elle a pu rendre au « peuple fran­çais », alors qu’elle a contri­bué, de par ses fonc­tions, à la des­truc­tion sys­té­ma­ti­que des acquis sociaux promue par ce cartel d’États au ser­vice des mono­po­les.

Il est par ailleurs cho­quant de voir entrer au Panthéon, sous le seul pré­texte qu’il est son mari, Antoine Veil, PDG d’UTA (Union des trans­ports aériens), qui pen­dant 7 ans, a accueilli et fré­quenté, au sein de son conseil d’admi­nis­tra­tion, un cer­tain René Bousquet, reconverti comme ban­quier après avoir offi­cié sous Vichy, entre autres comme orga­ni­sa­teur de la rafle qui a conduit la famille de Simone Veil à Auschwitz...

En disant cela, nous ne man­quons pas de res­pect pour Simone Veil, nous dénon­çons sim­ple­ment l’opé­ra­tion poli­ti­que que sa pan­théo­ni­sa­tion révèle : glo­ri­fier le par­cours d’une femme poli­ti­que de droite, au nom d’une avan­cée socié­tale résul­tant de mobi­li­sa­tions anté­rieu­res, n’est-ce pas dans la ligne de cette « réac­tion en marche » que veu­lent nous infli­ger Macron et son gou­ver­ne­ment ?

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