https://www.traditionrolex.com/9
[ACE] Lutte pour l'émancipation des femmes... - Parti Communiste Révolutionnaire de France

[ACE] Lutte pour l’émancipation des femmes...

... : lutte contre l’UE, contre le système d’exploitation capitaliste et contre les guerres impérialistes.

Le 25 février 2024 s’est tenue une conférence organisée par l’Action communiste européenne (ACE) sur le thème de la lutte pour les droits des femmes, dans le cadre de la préparation des mobilisations du 8 mars.

Ci-dessous l’intervention du PCRF à cette conférence, dont les contributions des partis participants sont publiées ICI sur le site de l’ACE.

Lors de ses deux mandats, Emmanuel Macron a promis de faire de la fin des violences faites aux femmes l’une de ses priorités. Aujourd’hui, près de 7 ans après sa première élection, les résultats sont alarmants : statistiques et témoignages montrent que les violences contre les femmes ne cessent d’augmenter, des propos sexistes aux viols en passant par les agressions et harcèlements sexuels.
Face à cette situation, certains collectifs et associations féministes réclament encore « 1 milliard d’euros » entièrement dédié à la lutte contre les violences faites aux femmes. Macron et ses ministres refusent évidemment d’accepter ce milliard, alors même qu’ils continuent de verser des dizaines de milliards d’euros à leur armée et à des entreprises privées.
Cela dit, ne nous leurrons pas : la violence contre les femmes est un problème structurel qui ne peut être résolu par un milliard de dollars d’un État capitaliste, puisque cet État lui-même, par son fonctionnement, génère la multiplication des situations de violence au sein de la population.
La question des violences faites aux femmes recouvre également la question plus large de la violence économique subie par les femmes, encore plus grande que celle déjà subie par les hommes : la division sexuée du travail conduisant à donner la priorité aux femmes pour le travail domestique, revenant à la "double journée de travail" dénoncée par Marx et Engels ; inégalités salariales et carrières freinées ; discrimination persistante à l’égard des femmes à la recherche d’un emploi...
Historiquement, et encore aujourd’hui, les travailleuses ont constitué une ressource gratuite permettant aux employeurs de reproduire la classe ouvrière, ainsi qu’une main d’œuvre bon marché pour des tâches de bas niveau, notamment dans les secteurs médical et social, car liées au travail domestique.
Ces oppressions systémiques des travailleuses, dont les violences sexistes et sexuelles sont une expression, maintiennent les femmes dans cette situation de surexploitation, dont profite pleinement la classe capitaliste.
Bien entendu, il ne faut pas nier les avancées rendues possibles par les luttes des travailleuses depuis le XIXe siècle, notamment la reconnaissance de certains droits liés à la famille, l’ouverture de nombreux domaines de travail et d’études aux femmes, la réduction des l’écart salarial entre les femmes et les hommes, et plus récemment, la libération du discours dénonçant les violences sexistes et sexuelles.
Mais amélioration ne signifie pas remède : les travailleuses continuent d’être parmi les premières victimes des crises du capitalisme, et elles voient leur situation se détériorer pendant ces périodes.
La situation actuelle en témoigne : c’est précisément dans la période actuelle de crise économique mondiale, où l’inflation, la précarité de l’emploi et la pauvreté explosent, et où la bourgeoisie passe à l’offensive pour extraire toujours plus de profits en renforçant l’exploitation des travailleurs, que l’on voit la situation des femmes se dégrader en France et dans le monde : les violences sexistes et sexuelles augmentent, mais aussi la précarité et la pauvreté, dont les femmes souffrent encore plus que les hommes.
En conséquence, de nombreuses mères se retrouvent contraintes d’être des parents qui consacrent tout ou partie de leur vie aux travaux domestiques, puisque le père a généralement un salaire plus élevé et un emploi plus stable que la mère, et les infrastructures nécessaires pour assumer ce travail.
Les travaux domestiques, comme les crèches, manquent ou n’existent plus.
70 % des tâches domestiques sont réalisées par des femmes et 80 % des femmes ont été victimes de sexisme au travail.
En France, les femmes sont payées 25 % de moins que les hommes et sont soumises à des murs et plafonds de verre. Elles ont également des pensions inférieures de 40% et 30% d’entre elles sont bloquées dans un travail à temps partiel.
A l’échelle sociale, on ne peut limiter notre action, comme le font trop souvent certains mouvements féministes, à dénoncer les inégalités entre hommes et femmes sans dénoncer la loi capitaliste du profit maximum nécessaire à son développement, dont tous les travailleurs subissent les conséquences, les effets néfastes, et plus particulièrement les femmes.
Les femmes ne sont pas « exploitées à partir de 15h40 », comme le prétendent les syndicats, mais à partir de 11h15 : chaque salarié en France perçoit son salaire après 2h30 de travail en moyenne, 2h15 pour les femmes, tandis que le propriétaire capitaliste s’approprie toute la richesse créée le reste de la journée. C’est la réalité de l’exploitation salariale. C’est pourquoi l’unité entre les travailleuses et les travailleurs est impérative pour la libération des travailleuses.
Dans ce contexte de crise, il n’est pas surprenant que les idées réactionnaires, y compris les idées sexistes et misogynes qu’elles sous-tendent, se développent et fleurissent.
On a par exemple entendu Zemmour, le favori ultra-réactionnaire du milliardaire Bolloré, qui lui donne régulièrement une tribune sur son média CNews, expliquer l’infériorité naturelle des femmes par rapport aux hommes. Or c’est précisément l’invention de cette infériorité qui justifie la surexploitation et l’oppression des femmes. Partant du même principe, c’est exactement le même processus qui infériorise certaines catégories de personnes en raison de leur prétendue origine ou orientation sexuelle, dans le but de renforcer l’exploitation et de sauver l’ordre bourgeois en semant la division et en brisant les collectifs en lutte qui contribuent à la l’unité de la classe ouvrière.
C’est dans ce contexte qu’on a entendu Emmanuel Macron parler du « réarmement démographique » de la France lors de sa conférence de presse du 16 janvier 2024. Compte tenu de la situation actuelle, ce réarmement reviendra inévitablement aux femmes : ce seront les femmes qui, en plus des grossesses, sur la base desquelles les employeurs les discriminent déjà dans l’accès et le maintien à l’emploi en raison du congé de maternité qu’elles impliquent, devront assumer l’essentiel du travail domestique qu’exigera ce « réarmement ». Cette annonce s’accompagne d’une nouvelle mesure trompeuse, avec un "congé de naissance" limité à 6 mois, alors qu’en attendant, jusqu’à ce que l’enfant soit à l’école, les travailleuses les plus précaires ou celles qui élèvent seules leurs enfants n’en trouveront pas plus qu’aujourd’hui. Nous dénonçons le nombre suffisant de crèches gratuites pour poursuivre leur activité professionnelle.
Les expériences des États socialistes le démontrent, nombre d’entre eux ayant été des précurseurs et des exemples dans le domaine de l’égalité des sexes. « Les bolcheviks possèdent un pouvoir magique », écrivait Lénine, « ce pouvoir magique est d’impliquer les exploités, les pauvres, dans le partage quotidien du travail de gouvernement de l’État » ; "il est impossible d’amener les masses à la vie politique sans amener les femmes", ajoutait-il, "des femmes qui constituent la moitié de la population" et "il ne peut y avoir de révolution socialiste sans qu’une large partie des femmes y participent". Des centaines de milliers d’ouvriers et de paysans sont devenus bâtisseurs actifs de la nouvelle société, « que chaque cuisinier puisse diriger l’État » était l’un des slogans.
En URSS, le principe de l’égalité de salaire, pour un travail égal entre hommes et femmes, est devenu une réalité, et non seulement une déclaration ou une intention formelle comme dans la France contemporaine et dans d’autres pays capitalistes. La loi punissait toute entrave ou discrimination en matière de salaires. Le socialisme soviétique, rompant avec les préjugés médiévaux et religieux, fut le premier pays à intégrer massivement les femmes dans le monde du travail, créant ainsi les conditions matérielles de leur indépendance économique. La femme a bénéficié d’un congé de maternité avec le maintien de l’intégralité de son salaire. Dans les entreprises, il existe des crèches où les parents peuvent voir leur enfant pendant leur journée de travail. L’URSS s’est attaquée à la double journée de travail des femmes puisque, en plus des repas pris dans l’entreprise dans les cantines, il y avait la possibilité de prendre leur repas du soir pour une modique somme ou de déposer le linge au pied de son immeuble du quartier.
Notre parti déploie et produit 7 affiches et slogans pour les droits des femmes. Nous utilisons également un dépliant d’enquête distribué dans les milieux populaires et les entreprises à majorité féminine comme dans l’agroalimentaire, le textile, les plateformes logistiques de santé et les hôpitaux. Nous envisageons enfin de créer un site dédié à notre campagne générale « Accusons le capitalisme !  » sur la question de la lutte des femmes.
Pour le capitalisme, l’heure n’est pas à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, et encore moins à l’égalité entre les femmes et les hommes : tant que la société sera divisée entre exploiteurs et exploités, toutes les inégalités seront préservées, voire encouragées, puisqu’elles servent les intérêts de ces mêmes exploiteurs.
Nos luttes sont le seul moyen de réduire les inégalités, mais nos luttes doivent aussi aller au-delà des solutions palliatives et viser à abolir toutes les inégalités en abolissant le capitalisme lui-même. Ce n’est que dans une société socialiste, une société sans exploitation, abolissant le travail salarié, que tout travail - y compris le travail domestique - est organisé, planifié et réparti en fonction des besoins de la société dans son ensemble et des moyens de chacun des individus, réalisant le fait que nous verrons une véritable égalité entre les femmes et les hommes, et par conséquent la fin de toutes les formes de violences sexistes et sexuelles.

https://www.traditionrolex.com/8

https://www.traditionrolex.com/9