Affrontement de classe en Guadeloupe !

Le « monde d’après » a enfin éclos. Mais contrairement aux promesses faites par Emmanuel Macron au printemps 2020, celui-ci s’accompagne de vagues épidémiques répétées pour la Covid-19, de l’apparition de tout nouveaux variants, de difficultés économiques et sociales toujours plus grandes pour les travailleurs et leurs familles, ainsi que de mesures toujours plus autoritaires, justifiées par de longs et grandiloquents discours infantilisants, mettant toujours l’accent sur la responsabilité individuelle dans la propagation du virus Sars-Cov-2 et le manque de mesures concrètes pour combattre la pandémie. La colère sociale n’a pas attendu bien longtemps pour éclater à nouveau.

Le 15 novembre, une grève générale a été lancée en Guadeloupe suivie d’une vaste opération de blocages routiers qui a ébranlé toute l’île. Cette vaste mobilisation s’est organisée en opposition à la suspension des contrats des salariés non vaccinés contre la Covid-19 (ce qui concerne plusieurs centaines de travailleurs) et a rassemblé les personnels soignants, les pompiers, des enseignants ou encore des salariés du secteur de l’hôtellerie. Le 16 novembre, une manifestation a rassemblé entre 300 et 400 personnes devant le CHU de Pointe-à-Pitre, où s’est également terminée une opération escargot des pompiers. Avec l’envoi de 200 policiers et gendarmes ainsi que d’une cinquantaine d’agents du GIGN et du RAID sur l’île, sans oublier l’instauration d’un couvre-feu immédiat entre 18h et 5h locales, la répression ne s’est malheureusement pas faite attendre. Malgré l’obligation vaccinale qui a servi de prétexte au déclenchement de cette crise sociale, les racines de cette contestation sont bien plus profondes et bien plus solides.

La Guadeloupe est confrontée à de graves problèmes économiques et sociaux ainsi qu’à des inégalités criantes avec la métropole. Ainsi le tiers de la population guadeloupéenne vit sous le seuil de pauvreté, le taux de chômage s’élève à 17 % et le coût de la vie est plus élevé qu’en France métropolitaine, couramment 50 % plus élevé pour un panier alimentaire moyen. Côté infrastructures, le réseau d’approvisionnement de l’eau est obsolète, faute d’entretien, à tel point que les coupures sont très fréquentes. La remise en état du réseau se chiffre à 1 milliard d’euros. La Guadeloupe est également atteinte par une importante catastrophe écologique suite à l’utilisation massive de chlordécone, un insecticide utilisé massivement dans les bananeraies pendant 20 ans, qui pollue massivement les sols, l’eau des rivières, ainsi que la faune comestible et les habitants eux-même. Lors du déclenchement de la grève générale en Guadeloupe, une plate-forme de 32 revendications a été communiquée aux autorités locales. Elle comporte notamment l’augmentation généralisée des salaires avec les minima sociaux ainsi que les allocations chômage et les pensions de retraite ; le renforcement des services publics (fonctions publiques, poste, écoles, université…), l’abrogation des règles d’indemnisation du chômage, la suppression de tous les emplois précaires avec des embauches massives dans le secteur privé, l’embauche massive de soignants et de personnel dans les établissements hospitaliers ainsi que le secteur social et médico-social, ainsi que la mise en place d’un système de santé de qualité pour accueillir et soigner les usagers dignement et efficacement. En Guadeloupe comme en en métropole, les revendications sont bien les mêmes ! La contestation, principalement sous forme d’une grève générale, s’est rapidement répandue en Martinique et en Polynésie française.

La Martinique et la Polynésie française sont confrontées aux mêmes problèmes rencontrés par la Guadeloupe et ont droit au même traitement de la part de la métropole. Ainsi en Martinique, le cout de la vie est, en moyenne, plus de 12% plus élevé qu’en France métropolitaine. Le taux de chômage, se chiffrant à 15%, y est plus élevé en Martinique. Et le tiers de la population martiniquaise vit sous le seuil de pauvreté. En Polynésie française, moins de 52 % des Polynésiens en âge de travailler disposent d’un emploi selon une étude de l’Institut de la Statistique en Polynésie Française (ISPF) portant sur l’année 2018, et le taux de chômage est estimé à 14,5 % de la population. La Martinique connaît également une catastrophe écologique similaire à son voisin guadeloupéen, ayant été confronté à l’utilisation massive de chlordécone pour la culture des bananes. Comme en Guadeloupe, les mêmes revendications sont également énoncées en Martinique et en Polynésie française. Dans le cas de la Martinique, une plate-forme de 13 revendications a été communiqué dans le cadre de la première réunion de travail plénière de l’intersyndicale avec le préfet de Martinique et le président du conseil exécutif de Martinique. Elle comporte notamment l’octroi de moyens humains et matériels indispensables pour l’hôpital public, l’augmentation des salaires ainsi que des pensions des minimas sociaux, l’arrêt du développement de l’emploi précaire et l’abandon définitif de la réforme de la retraite. Quant à la Polynésie française, le mouvement de grève générale s’est aussi doté d’une plate-forme revendicative comportant notamment l’augmentation de 4 % du salaire minimum, à 1 281 euros en Polynésie. Les doutes ne sont plus permis. Les peuples-travailleurs de Guadeloupe, Martinique, Polynésie nous montrent encore une fois la voie, celle de l’affrontement de classe.

Les revendications des travailleurs en Guadeloupe, en Martinique et en Polynésie sont clairement similaires à celles portées par les travailleurs de métropole. L’union des luttes des travailleurs en France métropolitaine avec celles des travailleurs des territoires d’outre-mer est donc fondamentale pour l’obtention complète des revendications, mais pas seulement. L’inégalité de développement entre la France métropolitaine et les territoires d’outre-mer s’explique par l’inégalité de développement en régime capitaliste entre pays mais également entre les centres impérialistes (comme la métrople française) et leurs colonies (comme les Dom-tom etc). Cette inégalité s’aiguise à mesure que s’intensifient également la crise générale et systémique du capitalisme ainsi que ses contradictions et celle du système impérialiste mondial. Le pillage des colonies d’outre-mer françaises, leur utilisation comme bases de l’impérialisme français et point d’appui du contrôle des voies commerciales, n’est pas un mythe. Donc la solution à apporter aux souffrances, n’est pas dans le capitalisme, ce dernier constitue bien le problème, la source de toutes les souffrance. Où se trouve donc la solution ? Elle se trouve d’abord dans le renforcement des luttes multiformes, tant dans les territoires d’outre-mer que dans la métropole, couplé à des coordinations toujours plus solides entre ces mêmes luttes et les organisations des travailleurs (syndicats, associations…) y participant activement, afin d’aboutir finalement à des revendications communes, des modes d’actions communs et une structuration progressive de la lutte générale des travailleurs en métropole et en outre-mer. Elle se trouve également dans l’usage du droit à l’autodétermination par les peuples des territoires d’outre-mer afin que ces derniers puissent prendre enfin possession de la maitrise de leur destin et choisir leur voie de développement économique, politique et culturelle. Elle se trouve aussi finalement dans le renversement révolutionnaire du capitalisme, le bris de l’état bourgeois, l’édification par les travailleurs eux-même de leur pouvoir de classe sur les exploiteurs, la socialisation de tous les moyens de production et d’échange et la mise en place d’une planification centralisée et démocratique de la production. Une telle société se nomme le Socialisme-Communisme.

Le Parti Communiste Révolutionnaire de France (PCRF) apporte son soutien fraternel et inconditionnel à la lutte des travailleurs en Guadeloupe et dans les territoires d’outre-mer tout en les appelant à l’union des luttes avec la métropole et à leur structuration commune. Notre parti a lancé des campagnes contre la vie chère et pour la santé qui accusent le capitalisme avec pétitions et sites dédiés : Campagnes - Parti Communiste Révolutionnaire de France. Notre cause est commune : en finir avec l’impérialisme français.

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