Airbus : soutien à la lutte des travailleurs pour défendre l’emploi

La récente constitution du gouvernement Castex et le discours de politique générale du tout nouveau premier ministre de Macron confirment que ce dernier est bien décidé à imposer ce « monde d’après » tant rejeté par les travailleurs.

Car si celui-ci prétend « rebâtir [une] économie plus forte […], une indépendance agricole, sanitaire, industrielle et technologique » sans oublier de « redonner plein espoir  », il se révèle en être finalement l’exact opposé dans les faits, avec notamment une multiplication des plans sociaux, une casse du tissu industriel et des emplois.

Le plan social préparé par Airbus constitue aujourd’hui un des exemples majeurs de cette réalité. Le constructeur aéronautique prévoit de supprimer 15 000 postes d’ici l’été 2021, dont 5000 en France. Du côté des filiales du groupe, Daher va supprimer jusqu’à 1300 postes en CDI, ces suppressions s’ajoutant au non-renouvellement de la grande majorité des 1400 contrats d’intérimaires qui travaillaient pour l’entreprise avant la crise sanitaire, et Sogeclair Aerospace a annoncé un plan de "sauvegarde" de l’emploi (PSE) qui concernerait jusqu’à 245 salariés en France.

Contre ce plan de suppression d’emplois, la riposte des travailleurs s’organise : ainsi le 8 juillet dernier à Blagnac dans la périphérie de Toulouse, des milliers de salariés d’Airbus ont manifesté à l’appel des 3 principaux syndicats (FO, CFE-CGC et CFTC). Brandissant une banderole proclamant « Non aux licenciements ! » et quelques panneaux dont un proclamant « Pendant des années les actionnaires ont bien profité, alors à eux de payer ! », les travailleurs employés par le constructeur aéronautique ont longé les pistes de l’aéroport jusqu’au siège d’Airbus. Là, une délégation y a été reçue par le directeur des ressources humaines Thierry Baril. « Nous avons réaffirmé que le plan était excessif  » a indiqué Jean-François Knepper (responsable syndical FO) qui a également affirmé que « les dirigeants continuent de nous dire qu’Airbus est une société colosse aux pieds d’argile  » mise « en péril » par la crise. Les salariés présents ne mâchent pas leurs mots. Ainsi Aymeric, employé chez Airbus depuis 20 ans et cadre technique, s’exprime : « Du jour au lendemain, passer des montées en cadence à un plan avec des milliers de licenciements, c’est très dur […]. On est pas encore remis de la claque.  ». Pierre, ingénieur chez Airbus depuis 30 ans, témoigne de son «  inquiétude, incertitude et amertume […]. Si on a été N°1 c’est aussi beaucoup grâce aux salariés, il faut qu’on s’en rappelle.  » Christophe, mécanicien de 37 ans, s’exprime : «  [je ne] comprends pas comment toutes ces entreprises gèrent l’argent versé par l’Etat. On parle de milliards, pourquoi face à ça nos emplois ne sont pas conservés ? »

Ce énième plan social vient s’ajouter à toute la vague que connaît actuellement une très grande partie des travailleurs en France. L’épidémie de Covid-19 est le catalyseur d’une nouvelle aggravation de la crise générale du capitalisme. La baisse du taux de profits s’est aggravée et pour limiter voire contrecarrer ce phénomène, la bourgeoisie monopoliste cherche à casser les emplois et conditions de travail et de vie. Il en résulte une aggravation de l’exploitation et de l’aliénation, un renforcement de la précarité et du chômage.

Le nouveau premier ministre Jean Castex a annoncé 40 milliards d’euros pour l’industrie dont une baisse des impôts de production, sans aucune contrepartie ni contrôle. Il a également annoncé le maintien de la réforme des retraites et de l’assurance chômage, des reformes rétrogrades qui vont aggraver le chômage et la précarité de tous ceux qui travaillent (jeunes comme moins jeunes). Emmanuel Macron et le gouvernement Castex font donc payer l’addition de la crise aux travailleurs pour soutenir les profits de la bourgeoisie monopoliste. Le capitalisme est un mode de production toujours plus obsolète et destructeur ne permettant plus le moindre progrès, il ne génère que des régressions, détruisant non seulement les droits et libertés conquises par les travailleurs après d’âpres luttes, mais également le tissu industriel du pays avec les savoir-faire et les compétences, les écosystèmes, le lien social et les êtres humains.

Avec cette riposte des travailleurs, la solidarité de classe s’organise également : ainsi toujours le 8 juillet, une centaine de travailleurs (dont des salariés venus de Nantes) se sont rassemblées devant le site d’Airbus à Saint Nazaire à l’appel de la CGT, et une manifestation parallèle s’est déroulée toujours le 8 juillet à l’appel de la CGT entre le siège d’Airbus à Toulouse et l’aéroport en soutien à la filière aéronautique du groupe.

Pour construire une solide alternative à la politique réactionnaire des différents gouvernements qui se sont succédé depuis plus de 30 jusqu’à nos jours (qu’ils soient conservateurs, libéraux ou sociaux-démocrates), il est aujourd’hui fondamental que les travailleurs constituent une solide unité et solidarité de classe pour efficacement inverser le rapport de force face à la bourgeoisie monopoliste et à leurs laquais.

Il est également fondamental que le peuple travailleur renverse révolutionnairement le capitalisme pour y bâtir le socialisme-communisme : une société dans laquelle le peuple travailleur a organisé sous la direction du prolétariat son propre appareil d’Etat et sa propre dictature sur les classes exploiteuses, socialisé les moyens de production et d’échange et établi une planification centralisée et démocratique de la production selon les besoins des populations et des territoires.

Le Parti Communiste Révolutionnaire de France (PCRF) exprime sa solidarité fraternelle avec la lutte des travailleurs d’Airbus ; il appelle à la constitution d’une convergence révolutionnaire de classe réunissant tous les travailleurs et leurs organisations (syndicats, gilets jaunes, associations de défense des droits des chômeurs et des précaires, autres associations de masse…) pour refuser le paiement de la crise actuelle par ceux qui travaillent et produisent.

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