Alcatel-Lucent : soutien aux travailleurs en lutte pour la défense des emplois !

Avec l’après-confinement, la casse du tissu industriel en France s’accélère et le « monde d’après » tant vanté par Emmanuel Macron tombe le masque. La filiale française de l’équipementier télécoms finlandais Nokia, Alcatel-Lucent, a annoncé le lundi 22 juin 2020 la suppression de 1233 emplois en France. Ce chiffre représente environ un tiers de la masse salariale employée par Nokia en France : cette dernière emploie 5138 travailleurs en France dont 3640 au sein d’Alcatel-Lucent international.

Plus en détail, le groupe prévoit la suppression de 402 postes à Lannion (Côtes-d’Armor) et de 801 à Nozay (Essonne) en 2021. Ces suppressions concernent la recherche et développement (R&D) et les fonctions centrales sur les sites parisien et breton et non pas les trois filiales françaises Radio Frequency Systems (RFS), Nokia Bell Labs France (NBLF) et Alcatel Submarine Networks (ASN).

Rappelons que Nokia a terminé l’année 2019 avec une légère hausse des bénéfices de 7 millions d’euros, mais que, dans le cadre de la concurrence exacerbée entre monopoles liés au développement de la 5G (le suédois Ericsson et le chinois Huawai), le groupe finlandais se trouve dans une situation jugée « difficile ».

Cette affaire montre encore une fois le caractère continuellement obsolète et destructeur du capitalisme : avec l’aggravation de la crise générale de ce mode de production, la baisse du taux de profit s’intensifie exacerbant donc la concurrence déjà féroce entre les grands monopoles, qui entraîne la baisse des salaires, la dégradation des conditions de travail et de vie, ainsi que la destruction totale ou partielle de l’outil industriel, pour produire à un coût toujours plus faible et gagner en compétitivité, plongeant une masse toujours plus grande de travailleurs dans la spirale du chômage et de la précarité, entrainant les territoires dans le cercle vicieux de la détresse économique et sociale et impactant fortement le développement de l’innovation scientifique et technologique.

Heureusement, la riposte des travailleurs d’Alcatel-Lucent s’est organisée. Ainsi le 30 juin dernier, des salariés de la filiale de Nokia se sont rassemblés à l’initiative de l’intersyndicale de l’entreprise (CGT, CFDT, la CFTC et la CFE-CGC) devant le site de Nozay pour protester contre cette énième casse sociale, avec comme mot d’ordre l’abandon pur et simple du plan et non pas des mesures alternatives, contrairement à ce que préconise Bercy. Après plusieurs prises de parole et une assemblée générale, les salariés se sont réunis en ateliers pour, selon les mots de Claude Josserand (CGT), «  démontrer que ce plan ne tient pas et met en péril le développement de la 5G.  » Il faut également souligner la campagne, lancée par les travailleurs en lutte, pour le remboursement des aides touchées de l’État : « On en est à demander le remboursement des 280 millions d’euros que Nokia a touché de l’État français si ce plan n’est pas arrêté. » déclare Claude Josserand. Il précise également qu’ « motion commune » des syndicats sera adressée à la région. « Si ce plan est maintenu nous demanderons la suspension des contrats juteux obtenus par Nokia dans le cadre de l’organisation des Jeux Olympiques  » ajoute-t-il. Nokia a déjà perçu 280 millions d’euros d’argent public, comme d’autres entreprises touchées par des plans sociaux et des suppressions de postes.

Les monopoles capitalistes font donc payer la crise aux travailleurs, aussi par le soutien aux monopoles pris sur de l’argent public versé sans contreparties. Cet argent provient soit de l’augmentation des impôts et des taxes en commençant par les plus injustes (comme la TVA), soit encore par de l’endettement qui se répercute indéniablement sous forme d’une casse toujours plus massive des services publics et des conquêtes des travailleurs.

La seule solution à ces attaques à répétition contre les travailleurs, c’est la construction d’une société qui aura socialisé les moyens de production et d’échange et organisé une gestion centralisée et démocratique de la production pour répondre aux besoins des populations et des territoires.

Le Parti Communiste Révolutionnaire de France exprime son soutien fraternel aux travailleurs d’Alcatel-Lucent dans leur lutte pour la préservation des sites industriels et des emplois.
Pour assurer un débouché politique à cette lutte et à toutes celles menées pour la défense des emplois, des droits acquis et des libertés démocratiques, le PCRF appelle à la constitution d’une convergence révolutionnaire. Rejoignez-le pour faire avancer cette perspective !

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