Assassinat de George Floyd...
... Solidarité internationaliste contre le racisme et les violences étatiques !
Déclaration de Maurice Cukierman, Secrétaire général du Parti Communiste Révolutionnaire de France (PCRF)
Les mobilisations massives qui se sont multipliées à travers le monde, suite à l’assassinat de l’Afro-Américain George Floyd, étouffé le 25 mai 2020 sous le genou d’un policier de Minneapolis, constituent un phénomène historique. En effet, parti des États-Unis, ce mouvement de protestation contre le racisme et les violences policières a gagné de nombreuses villes où pourtant les manifestations sont interdites (25000 manifestants à Paris le 6 juin !) ; et pour la première fois, on a vu des policiers (y compris des policiers blancs) s’agenouiller également pour l’arrêt des violences et discriminations.
Il faut dire que, depuis des années aux États-Unis, les violences policières et la répression se sont intensifiées, en particulier contre la composante afro-américaine de la classe ouvrière et de la jeunesse, et l’on ne peut ignorer la question raciale comme un des aspects majeurs de la lutte des classes dans ce pays. N’oublions pas que les citoyens noirs américains d’aujourd’hui sont les descendants des esclaves d’hier, et que, même après la guerre de Sécession dont sont sortis vainqueurs les États du Nord en 1865, le traitement réservé à cette catégorie, en particulier dans les couches populaires, se révèle pleinement dans sa dimension discriminatoire et inégalitaire. Évoquons un chiffre significatif : derrière les barreaux des prisons états-uniennes, il y a autant de prisonniers afro-américains forcés de travailler quasi gratuitement (37 % des détenus en 2017, alors qu’ils ne sont que 13 % de la population...), qu’il y avait d’esclaves venus d’Afrique en 1850...
Autre aspect inédit de cette situation : la réaction de la Maison Blanche, à travers les prises de position de Trump, relève de l’incitation à la guerre civile, avec les menaces de recourir à l’armée et d’intervenir dans les affaires des États ; or on sait que, dans l’histoire fédérale des États-Unis, le respect de la part d’autonomie des États de l’Union est une réalité essentielle des relations entre les gouvernements de ces États et le gouvernement fédéral. La violence verbale de Trump, appelant les citoyens de 3 États, qui refusaient de sortir du confinement, à manifester y compris armés, est de ce point de vue caractéristique. Dès lors, la question est posée de ce qui pourrait se passer en cas de non réélection de Trump...
Enfin, dans la situation de crise généralisée où se trouve le régime capitaliste, conduisant les bourgeoisies à multiplier les actes d’agression et de division, notamment à l’encontre de la classe ouvrière, il s’avère plus que jamais nécessaire que les forces démocratiques manifestent leur solidarité internationaliste avec les victimes de ces attaques.
