Contre le passe sanitaire, pour les libertés démocratiques, contre le capitalisme !

Après plus d’un an de pandémie de Covid-19 en France, le « monde d’après » à la sauce Macron n’en finit plus de tomber le masque sur son lot continu de mesures autoritaires, réactionnaires et anti-sociales.

Le 12 juillet dernier, Emmanuel Macron a annoncé l’extension de l’état d’urgence et, de manière déguisée, l’adoption de la vaccination obligatoire.

En effet le passe sanitaire, précédemment cantonné aux seules boites de nuit et aux événements rassemblant plus de 1000 personnes, a été étendu, depuis le 21 juillet, à tous les lieux et événements prévus pour des activités culturelles, sportives et de loisirs (théâtres, cinémas, musées, parcs d’attractions, festivals, salles de concerts, établissements sportifs couverts...) accueillant au moins 50 personnes ; puis, à partir du 9 août, aux cafés, restaurants, centres commerciaux, hôpitaux (sauf urgence), maisons de retraite, établissements médico-sociaux, ainsi que pour les voyages en avion, train et car sur de longues distances. Le passe sanitaire « consiste en la présentation, numérique (via l’application TousAntiCovid) ou papier, d’une preuve sanitaire  » attestant soit de « la vaccination » contre la Covid-19 « à la condition » de disposer « d’un schéma vaccinal complet et du délai nécessaire après l’injection finale », soit « d’un test négatif de moins de 48h […] pour l’accès aux grands événements concernés et maximum 72h pour » voyager, soit pour finir du «  résultat d’un test RT-PCR ou antigénique positif attestant du rétablissement de la Covid-19, datant d’au moins 11 jours et de moins de 6 mois  » selon le site du gouvernement. Adopté par le Parlement et validé par le Conseil constitutionnel, cette loi entrera donc en vigueur à la date prévue.

Ces annonces ont provoqué une contestation contre le passe sanitaire dès le 14 juillet dernier avec le mot d’ordre de « liberté. » Cette contestation n’a cessé de gagner en importance puisque depuis la première extension du passe sanitaire le 21 juillet, les manifestations ont rassemblé 260 000 personnes le 07 août, 204 000 personnes le 31 juillet contre 161 000 la semaine précédente et 110 000 lors de la mobilisation d’avant selon les chiffres du ministère de l’Intérieur. Donc la mobilisation anti-passe sanitaire revêt un caractère inédit du fait qu’elle se consolide et se renforce en pleine saison estivale, qui est traditionnellement la période des congés annuels et peu propice aux mobilisations.

Si ces manifestations comptent des Gilets jaunes comme Jérôme Rodrigues, elles comptent également la députée ex-LREM Martine Wonner, les avocats Fabrice Di Vizio et Carlo Alberto Brusa, ainsi que les personnalités de la droite réactionnaire (s’auto-qualifiant de droite « souverainiste ») Florian Philippot et Nicolas Dupont-Aignan. Pour rappel, Martine Wonner a participé au documentaire complotiste Hold-up et est à l’origine de nombreuses désinformations sur la pandémie de Covid-19, Fabrice Di Vizio est avocat spécialiste du droit de la santé qui est opposé à la manière dont la pandémie de Covid-19 est gérée depuis le début de la pandémie au début de l’année 2020 et Carlo Alberto Brusa qui est aussi avocat et est avec son association Réaction 19 à l’origine aussi de très nombreuses désinformations sur la Covid-19.

S’il y a certes une importante partie des manifestants qui se mobilisent par opposition à la politique d’Emmanuel Macron et son gouvernement, il y a aussi des adeptes des théories covido-sceptiques, anti-vaccins et complotistes favorisées par une société capitaliste par nature individualiste et du « chacun pour soi ». A l’inverse, la revendication de vaccins sûrs, gratuits pour le patient, au prix réel de fabrication, et transparents, est une revendication juste dont nous faisons un de nos mots d’ordre. Sous le capitalisme, cette revendication de base se heurte aux lois économiques du profit (maximum sous l’impérialisme) et de la concurrence, à la propriété privée des industries pharmaceutiques, qui empêche tout pouvoir de décision et de contrôle réel par les populations. Elle est la source principale des méfiances sur les vaccins avec d’autres facteurs déterminants comme une éducation qui favorise l’obscurantisme et non l’esprit scientifique (base pour un raisonnement rationnel), qui favorise aussi la spécialisation dans un métier toute notre vie au lieu d’un enseignement polytechnique et d’ouverture à toutes les connaissances.

L’échec continu de la lutte contre la pandémie de Covid-19 et la propagation croissante des théories anti-vaccins amènent à la conclusion que le capitalisme n’est pas la solution mais LE problème. D’abord la casse du service public de la santé et de l’hôpital se renforce. Les exemples du projet de fusion des hôpitaux Bichat et Beaujon pour l’implantation du futur Grand Hôpital Paris-Nord à Saint-Ouen, qui entrainerait la suppression de 400 lits et de 1000 postes selon les syndicats, ainsi que du projet de fermeture de 10 lits à l’hôpital de Ploërmel (Morbihan) dont 7 en chirurgie et 3 en médecine démontrent le renforcement de cette politique réactionnaire menée depuis des décennies. De plus suite à la pandémie de Covid-19 et à non-satisfaction des revendications légitimes des soignants, plusieurs dizaines de milliers d’entre eux démissionnent. En juin 2020, 7500 postes infirmiers étaient vacants en France pour se chiffrer à 34 000 en Mars dernier. Egalement selon Bruno Mégarbane, chef de la réanimation à l’hôpital Lariboisière, « dans mon service, 40% du personnel infirmier a donné sa démission. » Bruno Mégarbane continu, disant que « ces personnes partent parce qu’elles sont épuisées, n’ont pas eu l’impression d’avoir eu une reconnaissance à la hauteur de leur investissement et leur paye est toujours la même. » Ensuite la levée des brevets sur les vaccins ne s’est pas fait suite à l’opposition des monopoles pharmaceutiques pour continuer à accroitre leurs profits sur le dos des travailleurs. Ainsi les laboratoires Pfizer, BioNTech et Moderna ont récemment renégocié leurs contrats avec l’Union européenne et le prix de leurs vaccins est passé de 15,50 euros à 19,50 euros pour Pfizer et de 19 euros à 21,50 euros pour Moderna. Cette hausse intervient alors que les gouvernements des impérialismes dominants se dirigent vers l’hypothèse de la nécessité d’une 3ème dose pour une protection plus forte de certaines populations face à la covid-19. Les pays plus pauvres restent portant quant à eux sans vaccination réelle… faute de doses. D’ailleurs, les chiffres des économies nationales montrent déjà que depuis début 2020 la période a permis aux pays du haut de la pyramide de mieux tirer profit de la situation que les économies dites en voie de développement. Enfin, le renforcement de la désinformation médiatique et de l’autoritarisme de l’état bourgeois aggravent ce contexte déjà catastrophique pour le peuple-travailleur. Il ne fait aucun doute qu’en France par exemple, le gouvernement Macron au service des profits des monopoles français et de son oligarchie financière a expérimenté et développé toute une gamme de nouvelles surveillances des populations, du confinement jusqu’au passe sanitaire : une gestion pour renforcer la subordination et l’exploitation salariale ! Notre mot d’ordre est de refuser de payer et de faire payer les responsables ! Faire face à la pandémie est réduit par le gouvernement et la réaction, à la responsabilité individuelle de chaque citoyen et non sociale - de l’État, tout en alimentant la division des couches populaires, la peur et l’irrationalité. Et bien sûr, cette obligation vaccinale déguisée est l’occasion d’ouvrir une "fenêtre" de violation des droits constitutionnels (même dans ce cadre constitutionnel des libertés bourgeoises), de généralisation ou d’opportunité de mesures à l’encontre des travailleurs.

Aujourd’hui le capitalisme à son stade ultime, l’impérialisme, traverse une crise générale qui s’aggrave à mesure de son évolution dans le temps. Cette dernière est caractérisée par une intensification de la baisse tendancielle des profits pour la bourgeoisie monopoliste et de la contradiction entre d’une part, une production toujours plus socialisée (des millions de travailleurs en interaction), et d’autre part, une propriété privée des moyens de production et d’échange concentrée dans un nombre de mains toujours plus réduit. Les conséquences sont un accroissement du chômage, de la précarité ainsi que de la casse des conditions de travail et de vie pour les travailleurs, une intensification du danger de guerre et des tensions inter-impérialistes pour le contrôle de sources de matières premières et de débouchés pour les monopoles et les capitaux, un renforcement de l’autoritarisme de l’état bourgeois pour briser toute velléité de contestation de la part des travailleurs, la destruction des écosystèmes et le renforcement du parasitisme social. Catalysant la crise générale du capitalisme, la pandémie de Covid-19 accentue également ces terribles conséquences.

Dans les conditions faites par le capitalisme qui entretient le sous-financement des systèmes de santé publique et leur caractère commercial et anti-démocratique, le Parti Communiste Révolutionnaire de France (PCRF) est catégoriquement opposé au passe sanitaire, à la vaccination obligatoire des soignants qui traduit encore le mépris de classe de la bourgeoisie monopoliste à leur égard, l’accès aux hôpitaux conditionné à la présentation d’un passe sanitaire qui est une violation de l’accès universel aux soins de santé pour tous, au chantage et à l’hypocrisie envers les travailleurs pour se faire vacciner comme la suspension du contrat de travail en CDI ainsi que toutes les autres mesures autoritaires d’incitation à la vaccination. Le Parti Communiste Révolutionnaire de France (PCRF) appelle l’ensemble du peuple-travailleur et leurs organisations à s’unir pour la défense des libertés démocratiques, contre la casse du droit du travail et pour la construction d’un grand service public de la santé et de l’hôpital centralisé et démocratiquement géré par le peuple-travailleur en plus d’être débarrassé de la T2A et du parasitisme capitaliste des monopoles pharmaceutiques. Notre Parti qui doit se renforcer, relie toujours ces luttes à l’accusation du capitalisme, de la propriété privée des moyens de production, source de tous les maux dont nous souffrons et combattra jusqu’à la fin de ce système d’exploitation sans avenir pour l’humanité.

En rappel : dernier article sur le sujet : Dictature du capital : des signes qui ne trompent plus ? - Parti Communiste Révolutionnaire de France (pcrf-ic.fr)

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