Déclaration de l’Action Communiste Européenne sur les crimes états-uniens à Hiroshima et Nagasaki
L’Action Communiste Européenne (ACE), dont notre Parti est seul membre pour la France, a publié une déclaration intitulée "Déclaration de l’Action communiste européenne sur les crimes états-uniens à Hiroshima et Nagasaki". Vous pouvez la retrouver en anglais ici et ci-dessous en français.
Déclaration de l’Action Communiste Européenne sur les crimes états-uniens à Hiroshima et Nagasaki
Dans un contexte d’escalade des guerres impérialistes et de menaces nucléaires contre les peuples
Il y a quatre-vingt-un ans, la machine de guerre états-unienne réduisait Hiroshima et Nagasaki en cendres. Des centaines de milliers de civils – ouvriers, femmes, enfants et personnes âgées – périrent dans ces massacres, le seul usage d’armes nucléaires en temps de guerre de toute l’histoire. Des milliers de personnes furent également blessées : celles qui survécurent avec des brûlures et autres blessures dues à la catastrophe nucléaire, et celles qui subissent encore aujourd’hui les conséquences à long terme des frappes nucléaires. Les responsables de ces actes criminels n’ont jamais eu à répondre de leurs actes.
Le mythe bourgeois selon lequel les bombes auraient été larguées pour « sauver des vies » et forcer une capitulation rapide est un mensonge, que l’histoire elle-même réfute. De plus, l’économie de guerre japonaise était déjà anéantie par le blocus naval et les bombardements incendiaires de 67 villes. Le Japon cherchait activement une issue et explorait la possibilité de négocier une trêve par l’intermédiaire de Moscou. Le commandement états-unien savait que l’entrée en guerre de l’Union soviétique à ce moment-là précipiterait une capitulation sans condition, sans qu’une invasion soit nécessaire. Washington a néanmoins opté pour l’anéantissement massif.
Les véritables objectifs étaient froidement calculés. L’armée états-unienne souhaitait tester une nouvelle arme de destruction massive sur des villes densément peuplées et jusque-là épargnées par les bombardements, afin de recueillir des données sur les effets de souffle et de radiation sur des sujets humains vivants. L’objectif politique primordial était de brandir une arme de terreur contre l’Union soviétique. Truman a délibérément retardé la conférence de Potsdam, attendant la nouvelle du succès de l’essai nucléaire, puis a utilisé l’anéantissement d’Hiroshima et de Nagasaki comme premier acte de la Guerre froide. Il s’agissait d’un chantage atomique, d’une démonstration de force brute destinée à imposer l’hégémonie mondiale des États-Unis alors que l’Armée rouge poursuivait son avancée après avoir vaincu le fascisme.
Les États-Unis, l’OTAN, l’UE et d’autres puissances impérialistes rivales brandissent aujourd’hui la menace nucléaire au-dessus des masses laborieuses. Une guerre impérialiste se poursuit en Ukraine entre l’alliance États-Unis-UE-OTAN et la Russie capitaliste, marquée par des livraisons d’armes toujours plus importantes et des discussions ouvertes sur l’utilisation tactique de l’arme nucléaire. L’État israélien génocidaire est armé, financé et politiquement protégé par les États-Unis et l’UE tandis qu’il massacre les populations de Palestine, du Liban et de Syrie et, de concert avec les États-Unis, mène des attaques contre l’Iran. L’OTAN étend son emprise sur l’Asie-Pacifique, intensifiant la confrontation capitaliste avec la Chine. Des milliards sont investis dans la modernisation des arsenaux nucléaires ; de nouvelles bombes nucléaires états-uniennes sont stationnées sur le sol européen ; les traités de contrôle des armements sont dénoncés les uns après les autres. Pendant ce temps, les bombardiers nucléaires états-uniens sèment la mort et la désolation en Iran. Les gouvernements européens cèdent leur territoire, leurs bases et leur espace aérien, transformant le continent en base de lancement pour la guerre impérialiste et devenant ainsi des cibles privilégiées de représailles.
Dans le même temps, les grandes puissances européennes s’emploient ouvertement à acquérir ou à développer leurs propres arsenaux nucléaires. La bourgeoisie française accélère sa modernisation nucléaire, présentant sa force de dissuasion nucléaire comme une dissuasion « européenne ». En Pologne, le gouvernement et les milieux bourgeois militent ouvertement pour le développement de leurs propres armements nucléaires, rompant ainsi avec les derniers prétextes de retenue d’après-guerre. Sous couvert d’« autonomie stratégique », la classe dirigeante de l’UE prépare une nouvelle course aux armements entre puissances capitalistes, alimentée par les rivalités inter-impérialistes et la nécessité de s’assurer une part du pillage mondial. Parallèlement, face à ces préparatifs militaires, les droits et les besoins des travailleurs et des populations sont sacrifiés. Cette course à l’armement nucléaire européen accroît le risque de catastrophe nucléaire et renforce la soumission du continent au capital monopolistique.
La guerre impérialiste, la paix impérialiste imposée par la force et la menace d’holocauste nucléaire découlent de la nature même du capitalisme monopolistique dans son état décadent et parasitaire. Un système incapable de se reproduire sans l’exploitation, l’oppression et la militarisation de continents entiers. La lutte pour la paix est indissociable de la lutte contre la cause profonde du problème : le capitalisme lui-même.
Les peuples d’Europe doivent lutter pour le retrait de l’OTAN, de l’UE et de toute alliance impérialiste, ainsi que contre tout développement d’armes nucléaires. Le souvenir d’Hiroshima et de Nagasaki n’est pas un appel à la passivité. C’est un impératif d’intensifier la lutte des classes, de rompre avec le système capitaliste et de rendre le pouvoir aux travailleurs et aux peuples. En avant pour un monde sans impérialisme et sans armes nucléaires, pour le Socialisme-Communisme.
Parti Communiste Révolutionnaire de France
