Événement à Athènes sur : « Les messages opportuns de la Révolution d’octobre dans notre lutte contemporaine pour le socialisme dans les conditions de la guerre impérialiste »
Le 22 et 23 novembre, notre parti fut présent à Athènes dans le cadre d’un événement organisé par le Parti communiste de Grèce (KKE), aux côtés de nombreux autres partis comme la plate-forme des travailleurs (USA), le Parti communiste Argentin, ou encore le Parti communiste du Venezuela. Cet événement clôturait une semaine d’activité politique intense du KKE, en réponse à la pseudo « semaine anti-communiste » du gouvernement bourgeois de Donald Trump. C’est après une manifestation massive commémorant l’anniversaire du soulèvement de l’Ecole Polytechnique contre la dictature des colonels et de nombreuses autres activités culturelles et idéologiques que se tint donc ce week-end, ouvert le samedi 22 novembre par un discours du secrétaire général du KKE, Dimitris Koutsoumbas dans le quartier général du parti.
Lors de ce discours, le secrétaire général a pu revenir sur des éléments essentiels de la révolution d’Octobre en faisant un exemple vivant et sans égale pour la lutte politique des communistes aujourd’hui, et non un simple événement du passé. Ainsi, c’est la continuité des différents partis bourgeois au gouvernement qui put être souligné, que ceux-ci soient sociaux-démocrates ou de droite. En effet, le gouvernement Melloni en Italie, Macron en France, ou dit « de gauche » en Espagne aujourd’hui, démontrent leurs caractères de classe en s’alignant sur les plans impérialistes de l’UE, de l’OTAN, ainsi que les attaques anti-populaires dans chacun de ces pays. La révolution socialiste d’octobre nous rappelle donc qu’aucune alliance avec les forces bourgeoises ne permet d’avancer vers le socialisme. C’est aussi le lien entre guerres impérialistes et crises révolutionnaires qui fut souligné, le secrétaire général rappelant le lien objectif au stade impérialiste mondial entre les guerres de repartages de zones d’influences, routes commerciales et matières premières des différentes bourgeoisies du système impérialiste, et les situations d’affaiblissement de ces mêmes bourgeoisies dans ces conflits, permettant d’ouvrir objectivement une situation ou le parti communiste peut prendre le pouvoir pour la construction du socialisme. À la suite de ce discours, un concert de chants internationaux puissant eut lieu dans une atmosphère militante et combative.

Le dimanche 23 novembre s’inscrivit dans la continuité de cet événement par une conférence internationale où les différents partis du monde purent développer leurs propres contributions à propos de la révolution d’Octobre.
Notre parti a pu souligner que dans le contexte d’exacerbation des contradictions inter-impérialistes, de la continuation du génocide du peuple palestinien et des plans d’économie de guerre généralisée de l’UE et de nos monopoles, c’est d’abord la nécessité d’un parti de type nouveau que nous apprend la révolution d’Octobre. Un parti capable en toute condition de remplir son rôle d’avant-garde. Notre parti pu revenir sur quelques aspects centraux du parti de Lénine dès sa fondation, aspects centraux pour notre parti en construction aujourd’hui en France.
Tout d’abord, dans la combinaison constante depuis la fondation du parti des méthodes légales et illégales de travail en regard de l’Etat bourgeois. Les Bolcheviques organisaient nombre de réunions de première importance clandestinement lorsque le gouvernement bourgeois de Kerenski frappa d’illégalité le parti bolchevique en raison de son agitation contre la guerre et ces causes. Aujourd’hui, à l’heure où le Parti communiste du Venezuela subit une persécution continue du gouvernement de Nicolas Maduro dans une situation de menace d’intervention militaire impérialiste, ou l’UE impérialiste soutient la persécution des communistes en Pologne, les bolcheviques nous rappellent que lutter en conditions de guerre nécessite une préparation longue de combiner légalité et illégalité.

Notre parti a pu par ailleurs participer dans le cadre de ce week-end à la rédaction d’une déclaration de soutien à nos camarades du Parti communiste de Pologne, ainsi qu’au peuple vénézuélien subissant à la fois, les attaques du gouvernement social-démocrate national ainsi que les menaces internationales militaires US.
Ce premier aspect du parti de Lénine en appelle un second, celui de lier le travail en conditions non-révolutionnaires et en conditions révolutionnaires. Dans des conditions non révolutionnaires, la classe bourgeoise maintient une domination politique et idéologique sur la classe ouvrière et les autres couches populaires ; elle maintient une domination d’autant plus forte que le capital international se coalise par alliances comme aujourd’hui avec l’OTAN et l’UE. Contrairement à la situation révolutionnaire donc, où la tâche fondamentale consiste à orienter la lutte politique vers le renversement du pouvoir bourgeois, dans des conditions non révolutionnaires, la tâche fondamentale est le renforcement idéologique, politique et organisationnel global du Parti communiste, ainsi que le renforcement quantitatif et qualitatif des forces dirigeantes de la classe ouvrière et des forces populaires qui se rallient autour du parti grâce à l’impact de l’intervention des communistes au fil des différentes périodes électorales, interventions militaires, ou des offensives sociales.
Aujourd’hui, les contradictions inter-impérialistes s’aiguisent avec la guerre impérialiste en Ukraine entre l’OTAN et la Russie ainsi que celle au Moyen-Orient avec le génocide du peuple palestinien par l’État occupant d’Israël et de ses interventions impérialistes au Liban, en Syrie et au Yémen, faisant à nouveau surgir le danger d’une guerre généralisée. Pourtant, nombre de partis communistes travaillent comme le nôtre en conditions non-révolutionnaire. Il est donc fondamental de savoir se préparer à toutes les conditions, et de penser nos conditions actuelles en fonction du danger de la guerre et de l’aiguisement du mouvement révolutionnaire dès à présent.
Enfin, le parti de Lénine fut capable de mener la classe ouvrière contre la guerre et pour la révolution en raison de son lien aux masses et de leur expérience. Nous pensons à la capacité des bolchéviques à se lier aux soviets d’ouvriers et de soldats durant la crise sociale mûrissant pendant la guerre impérialiste mondiale.
Notre parti a pu souligner le lien entre chacun de ces trois aspects, faisant le centre politique et idéologique du parti léniniste : être le parti de l’autonomie subjective du prolétariat, son avant-garde consciente organisée. En effet, le parti de Lénine et de la révolution d’Octobre nous rappelle qu’en conditions de guerre impérialiste, c’est l’autonomie, l’indépendance de notre classe qui est déterminante sur tout plan ou alliances avec des forces bourgeoises.
Une telle indépendance n’est pas une idée, ou un seul programme : il s’agit d’une force subjective à construire par des méthodes de luttes et d’organisations, un renforcement continu du niveau idéologique et politique de l’avant-garde de la classe ouvrière, une capacité constante d’adaptation sans jamais compromettre la révolution pour des gains immédiats.
L’importance de lutter et construire dans les faits des partis communistes de ce type fut incarnée dans les riches bilatérales que put mener notre parti lors de cet événement, avec le Parti communiste Palestinien, le parti communiste de Grèce, mais aussi le Parti communiste de Turquie. De telles bilatérales sont l’occasion de mutualiser nos expériences, enrichir le travail de notre parti par celui des autres partis révolutionnaires luttant à l’internationale, afin que l’internationalisme prolétarien ne soit lui non plus pas une simple phrase, mais un principe d’action et de réflexion pour notre construction en France.
L’événement se clôtura à la suite des contributions de chaque parti par une contribution de Giorgos Marinos, membre du bureau politique du Parti communiste de Grèce. Lors de cette contribution finale, Giorgos Marinos rappela l’importance de renforcer un mouvement révolutionnaire fort à l’échelle internationale au vu des développements objectifs rapides au sein du système impérialiste mondiale.
A l’heure où l’opportunisme s’organise lui aussi internationalement, ou certains partis défendent le soi-disant « socialisme de marché », ou le « socialisme au vingt et unième siècle », afin de ranger leurs prolétariats sous un faux drapeau bourgeois, le renforcement des liens de nos différents partis est une tâche cruciale dans la lutte contre l’impérialisme mondial tout comme son expression dans le mouvement ouvrier sous la forme de l’opportunisme contemporain. Une déclaration conjointe pu être rédigé, que notre parti reproduit également en français, reflétant les débats et contributions de l’événement.
Comment faire du socialisme une réalité - les bolcheviks l’ont montré au monde entier. La contre-révolution bourgeoise survenue en URSS loin d’infirmer l’immense apport d’octobre 1917, de l’URSS et de ses principes révolutionnaires en montre au contraire toute l’importance pour libérer l’humanité avec au centre la lutte de classe révolutionnaire, la non-participation au gouvernement bourgeois et l’absence de types de transition du pouvoir entre le capitalisme et le socialisme, la nécessité de mettre à bas (briser) l’État bourgeois pour construire son propre Etat prolétarien, de socialiser l’économie avec une planification centralisée qui met fin à la concurrence et à l’anarchie de la production du capitalisme. Une révolution possible dans un seul pays, capable d’user des guerres et des maillons faibles de l’impérialisme pour construire d’abord nationalement le socialisme.
Contre les monopoles Français et leurs alliances impérialistes, pour la sortie de l’UE, l’OTAN, sous le pouvoir ouvrier et paysan !
De l’argent pour la santé et l’éducation, pas pour les canons !
Oui à la satisfaction des besoins populaires, non aux crédits de guerres !
Contre la vie chère, les pénuries, à bas les spéculateurs et profiteurs de guerre !
Pas de guerres entre les peuples, pas de paix entre les classes !

Vous pouvez retrouver la déclaration conjointe à l’occasion du 108ème anniversaire de la Révolution d’Octobre en français dans la pièce jointe ci-dessous, et en anglais ici.
Une plénière de l’action communiste européenne dont notre Parti est le seul membre pour la France, a également eu lieu (compte-rendu à venir). Vous pouvez retrouver le discours de Dimítris Koutsoumbas secrétaire général du KKE, ici.

