Il y a 80 ans : Stalingrad !
En février 1943, la victoire de l’Armée rouge contre l’armée allemande signait un tournant décisif dans l’issue de la Seconde guerre mondiale et la défaite du fascisme.
Ci-dessous la contribution du PCRF, à l’occasion de ce 80ème anniversaire de la victoire de Stalingrad. (D’abord en version "Tract", puis le texte dessous)
Victoire de Stalingrad : L’URSS a sauvé l’humanité !
La mémoire historique ne correspond pas, loin s’en faut, à la réalité historique. La « vérité est révolutionnaire », c’est pourquoi il est important de commémorer le 80ème anniversaire de la victoire de Stalingrad. Pages héroïques « oubliées » des manuels scolaires ou caricaturées dans des films. Stalingrad revêt plusieurs leçons universelles.
Cette bataille, qui visait pour les hitlériens à broyer l’URSS, constitua le tournant militaire et politique de la seconde guerre mondiale.
Après 6 mois de combats acharnés (pour passer d’un trottoir à l’autre, il fallut parfois un mois de combat), y compris au corps à corps, la victoire soviétique fut le début du tournant décisif dans le cours de la seconde guerre mondiale. La défense héroïque de l’Armée Rouge, doublée d’une manœuvre d’encerclement (offensives de Mars et Uranus remarquablement coordonnées), entraîna l’écrasement d’une armée de plus d’un million d’hommes dans cette ville de la Volga. Le mythe de l’invincibilité nazie était jeté à terre. Stalingrad a montré à l’ensemble des résistances en Europe que la « bête immonde » serait vaincue ! Aux yeux du monde entier, le régime soviétique socialiste prouvait que ses intérêts coïncidaient avec ceux de l’immense majorité de l’humanité, que ses réalisations servaient la civilisation dans l’opposition à la barbarie impérialiste-fasciste.
Autre leçon : sans l’héroïsme, l’abnégation, la conscience politique des communistes et de la classe ouvrière dans chaque pays, le rassemblement mondial et national antifasciste aurait été privé de sa tête, de son avant-garde, et le fascisme aurait sans doute perduré longtemps. Ce sont les communistes, partout, qui ont été fédérateurs des énergies démocratiques, patriotiques, internationalistes, tandis que les démocraties bourgeoises finalement forcées à cette alliance contre les monopoles allemands qui les concurrençaient, préparaient déjà la lutte contre le communisme par tous les moyens.
Dans le combat pour retrouver la souveraineté et les libertés démocratiques même restreintes du capitalisme, le monde a contracté une dette envers le mouvement communiste international. C’est précisément ce que veut faire oublier la classe capitaliste dans chaque pays et dans l’UE avec le maccarthysme européen.
L’enjeu mondial de Stalingrad
Pour saisir l’importance de la bataille de Stalingrad, il faut rappeler les enjeux de classe et même de civilisation de la seconde guerre mondiale à caractère antifasciste.
Le fascisme hitlérien représentait l’aile la plus réactionnaire, la plus terroriste et la plus belliciste des États impérialistes. Le fascisme hitlérien constituait un aspirant à l’hégémonie en Europe mais aussi dans le monde. Son programme était clair : mettre en esclavage, purement et simplement, les peuples des pays vaincus et exterminer les « races inférieures » (juifs, tziganes, slaves…) comme à Maïdanek ou Auschwitz. Les libertés élémentaires, les vies de millions de personnes, la civilisation humaine, étaient suspendues au déroulement des combats entre l’Armée Rouge des ouvriers et paysans et la Wehrmacht impérialiste. En effet, le sort de l’humanité dépendait de la victoire du premier État socialiste au monde : l’URSS ! La victoire soviétique à Stalingrad a sauvé chaque pays du joug hitlérien, du fascisme italien, en permettant d’accentuer la lutte pour l’indépendance dans des conditions plus favorables pour sauver l’intégrité des nations, leurs traditions progressistes et démocratiques, leur droit fondamental à opter pour le régime politique et le mode de production de leur choix. Ce que firent les pays de l’Est européen qui rompirent avec le capitalisme et optèrent pour le socialisme après 1945.
Quelles furent les causes de la victoire soviétique à Stalingrad et dans la guerre ?
La première est à chercher dans la victoire de la Révolution prolétarienne d’octobre 17, puis dans l’édification du socialisme en URSS, liquidant l’exploitation de classe et l’oppression nationale. Avec la socialisation de l’économie, la propriété sociale régnant sans partage, c’est l’abolition du salariat, c’est la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme ! La dictature du prolétariat prouve aux yeux du monde entier que la classe ouvrière peut gouverner contre le capital et sans le capital ! Cela permit l’apparition d’un homme nouveau profondément collectiviste qui avait conscience que chaque travailleur réalisait ses aspirations personnelles dans la réussite de l’intérêt commun et collectif. Ensuite, le régime socialiste soviétique prouva sa supériorité sur le capitalisme. Grâce à la planification centralisée socialiste (plans quinquennaux), sur le plan matériel, sur l’immense territoire soviétique, Armée et Arrière (femmes, retraités, adolescents) formaient un corps unique pour le salut de l’URSS, utilisant les armes forgées sans cesse par les femmes et vétérans soviétiques. Instruction militaire et l’art de la tactique développée dans toute la population comme avec le jeu des échecs, permit un haut niveau de compréhension et d’adaptation aux situations de terrain. Grâce à l’industrie lourde et l’ingénierie (476000 ingénieurs et spécialistes formés entre 1933 et 1938), le travail et la créativité des stakhanovistes, les chars, avions, artillerie s’avérèrent d’une technicité supérieure et de meilleure qualité que l’armement de l’Allemagne fasciste. De même la diplomatie soviétique, malgré les forfaitures des Anglais et des Français, permit de gagner du temps, de produire des manœuvres d’entrainement avec plusieurs centaines de milliers d’hommes, d’achever le dépassement de l’industrie allemande en 1941 et de déplacer les usines, bases matérielle de la victoire.
Sur le plan moral, la société socialiste permit de susciter un héroïsme sans pareil au monde pour une cause commune mais aussi internationale.
Dans la guerre antifasciste, l’armée fasciste voulait aussi écraser le socialisme et rétablir le régime de la propriété monopoliste et des grands propriétaires sous la coupe nazie. La victoire soviétique fut aussi l’expression pratique de la volonté des différentes nationalités de l’URSS de continuer de vivre en commun, dans l’égalité des droits sur les bases de l’internationalisme prolétarien et du système socialiste. Ce fut un baptême du feu concluant.
Enfin, à Stalingrad comme après, à Koursk, Berlin, le Parti communiste bolchevik de l’URSS joua son rôle dirigeant.
Les dirigeants et militants du Parti assurèrent les tâches militaires et sur le front. Staline, secrétaire général du PC(b)US, devint commandant en chef de l’Armée Rouge et s’avéra un stratège militaire remarquable. Cette direction du front gigantesque et de l’Armée par le Parti communiste se traduisit par de lourdes pertes. 6 millions de communistes tombèrent sur les champs de bataille. « Pas de planqués, tous les communistes au Front » était le mot d’ordre. Les commissaires politiques étaient les premiers à tomber. Le Parti communiste, en URSS comme dans les résistances nationales, à partir de son rôle d’avant-garde dans la classe ouvrière, devint le ciment de l’ensemble des forces démocratiques et antifascistes.
C’est bien par son caractère marxiste-léniniste que le PC(b)US put œuvrer en dirigeant l’effort de guerre contre le nazisme, à la libération de l’humanité. « Les forteresses se prennent de l’intérieur », avertissait Staline. Là où le fascisme fut brisé en voulant détruire l’URSS, des millions de communistes périrent au combat, de nouveaux adhérèrent, mais sur des bases plus nationales que marxistes.
Avec la direction khrouchtchévienne, synthèse de tous les opportunismes combattus par Lénine et Staline, le caractère révisionniste du PCUS conduisit progressivement, en affaiblissant et en dénaturant le rôle du Parti et les lois économiques du socialisme, à la contre révolution bourgeoise et à la destruction de l’URSS.

