NON à la réforme de l’assurance chômage

Durant le mois de Juillet, alors que s’ouvrait la période estivale pour les travailleurs(es) et leurs familles pour des congés mérités, le gouvernement a finalisé le chantier de l’assurance chômage. Après l’échec des négociations entre les « partenaires sociaux » il y a 5 mois (en février dernier), fut publié le décret d’application de la reforme de l’assurance chômage, le 28 juillet 2019.

Fidèle à sa politique, toujours dictée par la bourgeoisie monopoliste, le gouvernement Philippe-Macron inaugure une nouvelle attaque contre les travailleurs(es), tout en se targuant de vouloir officiellement lutter contre le déficit de plus en plus croissant de l’assurance chômage.

Tous d’abord, pour avoir droit au chômage, il faudra avoir travaillé 130 jours (910 heures soit 6 mois) sur les 24 derniers mois, contre 4 mois sur les 28 derniers mois jusqu’à présent. Ensuite pour pouvoir recharger ses droits, il faudra avoir travaillé 6 mois au lieu d’un mois, pendant sa période de chômage indemnisé pour prolonger son indemnisation d’autant. Par rapport à ces premières mesures, l’objectif du gouvernement est très clair : inciter toujours plus les privés d’emploi à accepter n’importe quel travail indépendamment de facteurs comme leurs qualifications, leurs revenus, ou leur lieu d’habitation. Cela aura pour conséquence de toujours plus précariser le travail, en y cassant les salaires et les conditions de travail.

Ce n’est malheureusement pas fini : les salariés démissionnaires et les travailleurs indépendants pourront bénéficier de l’indemnisation chômage sous certaines conditions. Pour les démissionnaires, ils devront avoir été salariés avec au moins 5 ans d’ancienneté dans une entreprise, et avoir un projet professionnel réel et sérieux attesté par une commission paritaire interprofessionnelle. Concernant les travailleurs indépendants, ils devront avoir généré un revenu d’activité minimum de 10 000 euros par an sur les deux dernières années pour toucher une allocation chômage de 800 euros par mois pendant 6 mois.

Une autre grande « nouveauté », c’est la dégressivité des allocations chômages pour les salariés qui gagnent plus de 4 500 euros bruts par mois. Ils subiront une réduction de 30 % de leurs allocations chômage, à partir du 7ème mois, jusqu’à l’atteinte d’un seuil plancher de 2 261 euros nets.
L’introduction de la dégressivité des allocations chômage pour les plus hauts salaires est une mesure pour étendre, sur du plus long terme, la dégressivité des allocations chômages pour tous les chômeurs ce qui constitue une mesure socialement dangereuse.

En février 2019, le déficit de l’Unedic (l’association chargée par délégation de service public de la gestion de l’assurance chômage en France) se chiffrait à 35 milliard d’euros. Ce déficit est dû au recours de plus en plus croissant des entreprises aux contrats courts, et aux différentes exonérations effectuées par les gouvernement précédents chantant que les travailleurs(es) seraient les grands gagnants.
Le patronat et ses laquais (Macron, Philippe, etc) ne prennent pas de vacances pour adopter une nouvelle législation antisociale et réactionnaire. Pire encore, ils l’adoptent en pleine période estivale, alors que de nombreux(ses) travailleur(ses) sont partis en congés. Ils ne prennent ainsi pas le risque d’une contre-attaque forte et massive de la part des travailleurs(es). Il y a de faibles chances qu’une mobilisation d’envergure se produise durant cette période.

Dans le contexte de la crise générale du capitalisme, la baisse tendancielle du taux de profit s’accentue. Il est donc nécessaire, pour le patronat (soucieux de conserver voire d’augmenter ses profits), de casser les salaires et les conditions de travail, et de précariser toujours plus les travailleurs(es) pour y extraire le plus de plus-value possible.
Contrairement à ce que disent certains courants et organisations politiques « de gauche », le capitalisme n’est ni réformable, ni aménageable. Plus aucun progrès (économique, technique, scientifique, environnemental, humain…) n’est véritablement possible dans le cadre du capitalisme des monopoles devenu un danger pour l’humanité et la planète.
Quand les travailleurs(es) se seront organisés(es) en classe dirigeante de la société, auront socialisé les moyens de production et d’échange, et géreront la production et l’économie selon un plan centralisé et décidé démocratiquement en fonction des besoins des populations et des territoires : chaque travailleur(se) aura un travail avec un revenu et des conditions décentes, et aura le libre-choix de celui-ci en fonction de ses compétences et de ses intérêts. En URSS la dernière agence de l’emploi (« pôle emploi ») a par exemple été fermée en 1932.

Cette société, dont la construction suit immédiatement le renversement révolutionnaire du capitalisme, se nomme le socialisme-communisme.

Tout en appelant à la contre-attaque de tous les travailleurs(es), et de leurs organisations (syndicats, comités chômeurs et précaires…), la plus massive et la plus suivie que possible, dès la rentrée 2019, pour la défense de l’assurance chômage, contre les mesures antisociales et réactionnaires du gouvernement aux ordres de la bourgeoisie monopoliste, et pour des mesures concrètes et radicales pour garantir une indemnisation et un accompagnement convenables et dignes pour toutes celles et ceux qui souffrent du chômage, le Parti Communiste Révolutionnaire de France (PCRF) tiens à dire que, puisque le patronat ne prend pas de pauses pour imposer facilement des mesures antisociales et réactionnaires, les travailleurs(es) ne doivent pas non plus prendre de pause (tant courtes que longues) sur le front de la lutte de classe.

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