Opération Barkhane et morts civils au Mali : une bavure comme une autre ?

Une récente enquête de l’ONU, menée avec l’aide de plus de 200 personnes, du 4 janvier au 20 février 2021, démontre très précisément la façon dont les forces militaires françaises engagées dans l’opération Barkhane ont visé un rassemblement à l’occasion d’un mariage près de Bounty, faisant au final 22 morts, dont 19 étant civils.
L’État français a évidemment démenti, comme cela avait été le cas en 2017, lorsque dans cette même opération durant depuis 2014, les forces françaises ont été accusées d’avoir tué onze otages maliens dans l’attaque d’un camp d’une fraction djihadiste alliée à Al-Qaïda.

Or ces « bavures » ou la mort de « victimes collatérales » sont dans la nature même des opérations comme Barkhane. Le principe constant des centres impérialistes est de mener des opérations de déstabilisations violentes, afin d’empêcher toute organisation d’indépendance économique et militaire de pays aux positions et aux ressources stratégiques ; c’est devenu le leitmotiv stratégique de l’État américain ou français. Par une stratégie du chaos, il s’agit de reconquérir des positions, parfois perdues depuis la période intense de guerres de libération nationale du 20ème siècle.
Le scandale de la prison d’Abu Ghraib en Irak, lors de la guerre impérialiste américaine, ou ce meurtre de civils lors d’un mariage, sont la condition nécessaire de toute opération visant précisément à déstabiliser et à installer la nécessité de la présence militaire et industrielle des États monopolistes.

Afin de gagner une véritable dignité des peuples, par leur capacité à pouvoir disposer d’eux-mêmes, pour que les droits fondamentaux des hommes et femmes qui composent ces mêmes peuples soient respectés, un véritable internationalisme se fonde non seulement sur des idées comme la fraternité universelle, mais aussi sur des alliances concrètes et matérielles, avec les organisations et partis luttant pour une indépendance nationale réelle. C’est le travail qu’engage le Parti Communiste Révolutionnaire de France, en travaillant avec, par exemple, le parti communiste du Bénin, le FRAPP au Sénégal, ou précisément le Mouvement démocratique populaire du Mali, coalition de gauche luttant justement pour le retrait des troupes françaises.

Dire non à la barbarie d’un tel acte et dénoncer un État comme l’État français, qui continue à mentir même lorsqu’un organisme comme l’ONU le pointe du doigt, c’est dire non à l’impérialisme et lutter avec ceux qui souhaitent l’abattre, au Mali et dans notre pays !