Russie : Un référendum de contrefaçon !

Mercredi 1er juillet, la Russie a adopté une révision constitutionnelle qui autorise le président Poutine à rester en place au Kremlin jusqu’en 2036. Outre la question du nombre de mandats présidentiels, ces amendements introduisent également au sein de la Constitution russe les principes conservateurs du président (foi en Dieu, mariage réservé aux hétérosexuels, enseignement patriotique...).

Nous reproduisons ci-dessous un texte du Parti Communiste Ouvrier de Russie :

Résumons brièvement ce que l’on sait des annonces officielles du soi-disant « vote populaire pour des amendements à la Constitution de la Fédération de Russie » :

Poutine a décidé de modifier la constitution de Eltsine et de garantir en même temps son règne pour de nombreuses années à venir. Il convient de noter que le président et les autorités ont pleinement pris en compte l’expérience d’Eltsine et ont agi de manière active, agressive, et on pourrait dire « créative ».

En 1993, Eltsine a tiré sur le Parlement, il a mis au pas la Cour constitutionnelle, a craché sur la loi référendaire et, selon ses propres règles, il a mené une certaine enquête sur le texte inconnu de la Constitution concocté par des spécialistes bourgeois. Rien d’autre n’a été proposé comme alternative, si ce n’est ce qu’on appelle la « nouvelle Russie » sous le drapeau de Vlasov. En 1993 Eltsine, selon les chiffres officiels, a reçu le soutien de 58,4% des électeurs (au taux de participation de 54,8%). Autrement dit, environ un tiers des électeurs. En vertu de la loi sur le référendum, une telle Constitution ne pouvait pas être considérée comme adoptée, mais après avoir fusillé le Conseil Suprême, il n’y a pas eu de possibilité d’objection particulière. Un an plus tard, les bulletins de vote ont été détruits au cas où. Comme on dit, les preuves ont été noyées.

Poutine et Cie ont pris en compte cette expérience et ont agi de manière similaire, mais encore plus sans cérémonie et impudemment. Un texte non interprété a également été soumis au vote. Ils n’ont pas permis non plus d’alternative et, de surcroît, ils ont surpassé Eltsine, en ne permettant absolument aucune campagne officielle d’objection. Pour assurer la participation et un meilleur contrôle des processus, le vote a été prolongé d’une semaine, souscrit par voie électronique, et un vote massif a été organisé à domicile et même dans les cours d’immeubles. L’ensemble du processus s’est accompagné d’une masse de promesses de toutes sortes d’avantages et de paiements, une campagne officielle très agressive dans une seule direction, avant et pendant les jours de vote. Tout comme sous Eltsine, la Cour Constitutionnelle elle-même a agi comme le principal propagandiste, affirmant que les restrictions constitutionnelles à la présidence de deux mandats ne s’appliquent pas à Poutine. La surveillance policière totale, se cachant derrière la lutte contre la pandémie, n’a permis à aucune composante de l’opposition de protester plus ou moins fort, même sur Internet. Le contrôle du vote a été aboli, le remplaçant par des observateurs issus de chambres civiles pro-gouvernementales. Et le résultat prévu a été obtenu sous l’effet de toutes ces pressions - mieux que chez Eltsine. Avec 68% de participation au cours de la semaine, 78% auraient voté « POUR », soit près d’un peu plus de la moitié (53%) de l’ensemble des inscrits sur la liste électorale. Ainsi, la « légitimité » de la Constitution de Eltsine couverte du sang d’octobre 1993, est quelque peu renforcée et embellie par les compliments des propagandistes laquais : "Les gens ont soutenu les initiatives du président et ont voté pour l’avenir de la Russie". "Aucune violation grave n’a été trouvée." Et surtout, ce qui a été nécessaire aux organisateurs du vote : "Les Russes ont réaffirmé leur désir de stabilité ; de grands chocs sont nécessaires à ceux qui peuvent partir à Heathrow. " (Autrement dit, seuls les agents de l’Occident peuvent s’opposer, mais en aucun cas les citoyens russes).

Mais tout cela s’avère être un "faux" complet. Autrement dit, les citoyens, en fait, ont simplement été invités à signer le reçu d’un colis emballé et tamponné par les autorités. Et dans un coin de ce « colis », il y a la charge principal cachée - la présidence permanente du « garant » actuel de la Constitution bourgeoise, à savoir Poutine. Et pour qu’une telle charge douteuse n’attire pas l’attention, des emballages colorés de « liste de souhaits » sont enroulés autour d’elle. Voulez-vous vivre dans un pays où les fonctionnaires ne volent pas ? Voilà, s’il vous plaît. Vous avez besoin d’un État qui se soucie des gens qui travaillent, indexe les pensions, garantit les salaires ? Voilà, tenez. Un tel État est-il tenu de veiller sur la culture, l’écologie, la langue maternelle et à l’intégrité territoriale ? Pour l’amour de Dieu ! Le papier, comme on dit, supportera tout.

Mais seulement qui a dit que tout cela serait respecté et mis en œuvre ? Combien de choses enregistrées dans la Constitution bourgeoise de la Fédération de Russie de 1993, avant ces amendements, les Russes ont-ils vu se réaliser ? Alors pourquoi dans le cas de la "modification" de la Constitution, tout serait-il différent ? Naïfs sont ceux qui, ayant voté pour "le pays dans lequel nous voulons vivre", ont imaginé qu’ils verraient effectivement un tel pays demain. Le capital au pouvoir en Russie avait besoin d’amendements constitutionnels pour renforcer son pouvoir et sa position, et pas du tout pour améliorer la vie des travailleurs russes. La vraie vie commencera immédiatement à dévoiler la contrefaçon imposée aux peuple, à travers ce référendum, et à révéler sa véritable essence anti-populaire. Et les secousses dont la bourgeoisie russe a si peur continueront de faire obstinément leur chemin, comme unique amendement possible en faveur des travailleurs de Russie.

Seule la lutte donne des droits aux travailleurs !

Centre de presse du Comité central du PCOR-PCUS, le 2 juillet 2020

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