Salutations aux salariés du groupe Arkema en lutte victorieuse
Le Parti Communiste Révolutionnaire de France apporte tout son soutien fraternel et de classe aux salariés d’Arkema, en lutte revendicative pour l’augmentation des salaires et l’emploi, qui après 13 jours de grève, arrachent une hausse du talon qui passe de 35 à 50€, et une prime d’intéressement de 400 € alors que la direction du monopole n’en voulait aucunement.
Les 13 sites du groupe Arkema, grand monopole français de la chimie, spécialisé dans la chimie de spécialité et les matériaux de performances, sont en grève depuis le 11 décembre dernier à l’appel de la CGT. « 100 % des sites industriels d’Arkema sont en grève » selon un communiqué commun de la FNIC CGT et de la coordination CGT Arkema daté du 17 décembre dernier. Sur le site de La Chambre (Savoie), employant 160 personnes, les salariés grévistes débauchent une heure avant la fin de leur poste. « D’autres sites en France sont totalement à l’arrêt et la production est bloquée. Ici, nous sommes à 80 % de salariés grévistes » selon Mikaël Prajoux, délégué CGT pour le site de La Chambre. La grève a été reconduite le 18 décembre, puis jusqu’au 23 décembre à midi. À partir du 19 décembre dernier, le chômage technique a été mis en place pour « entraver le droit d’expression des salariés » selon la CGT, et pour « tenter de faire payer le conflit aux salariés, de dresser les non-grévistes contre le mouvement et de briser la solidarité par la peur, au lieu de répondre aux revendications. »
Lors de la seconde et dernière séance de Négociations Annuelles Obligatoires (NAO), le 11 décembre dernier, la direction du monopole a proposé une revalorisation salariale de 1,2% et un plancher garanti de 35 € pour les bas salaires. La CGT revendique une « augmentation générale de 160,00 € sur le salaire de base », le « déplafonnement de la prime d’ancienneté sur l’ensemble de la carrière » et l’ « augmentation de 20% de toutes les primes de poste » notamment, selon un tract. Mais « le salaire n’est pas la seule bataille à mener pour la CGT » car « nos emplois sont en danger » toujours selon le même tract. « Arkema annonce la suppression de 250 emplois […] en ne remplaçant pas les départs en retraite ou volontaires [et] tous les sites seront touchés. » Selon le communiqué commun de la FNIC CGT et de la coordination CGT Arkema, le monopole annonce ces suppressions d’emplois « après avoir déjà saccagé le site de Jarrie et […] celui de Pierre Bénite, en envoyant des centaines de familles dans la précarité. » À l’usine Arkema de Pierre Bénite, près de Lyon (Rhône), 2 lignes de production de gaz fluorés se sont arrêtés en octobre dernier, concernant une cinquantaine d’employés. Et sur le site de Jarrie (Isère), Arkema a prévu 250 suppressions de postes selon la CGT, même si la direction précise qu’ « il s’agit d’une projection de variation d’effectifs à la baisse entre le début de l’année 2025 et la fin d’année 2026 » correspondant notamment « à l’impact de projets de réorganisation déjà connus et présentés aux instances représentatives. » En janvier 2025, 154 suppressions de postes ont été annoncées sur les 344 que comptent l’usine, pour d’ici la fin de l’année 2025, avec l’arrêt des unités de chlore, soude, chlorure de méthyle et fluides techniques, tandis que 190 postes dans la production de chlorate, qui aboutit ensuite à la formulation de perchlorate et d’eau oxygénée, sont conservés. Ces suppressions d’emplois sont concomitantes avec la mise en redressement judiciaire de Vencorex, qui fournissait des sels industriels à l’usine. « Depuis la mise en redressement judiciaire de Vencorex le 10 septembre 2024, Arkema a cherché des solutions industrielles alternatives viables, durables et compétitives pour poursuivre les activités de son site de Jarrie, car l’absence d’une fourniture de sel alternative, en quantité et d’une qualité comparable à celui de Vencorex, menaçait fortement le maintien de l’activité de l’ensemble du site », a indiqué le monopole dans un communiqué. Selon la CGT, « chaque licenciement, c’est davantage de charge, de risques et d’insécurité pour celles et ceux qui restent, alors même que le groupe reste bénéficiaire et poursuit ses stratégies financières et boursières. » Ainsi, le syndicat revendique aussi « l’abandon des 2 à 3% d’économie demandée sur tous les sites » et des créations d’emplois sur le principe « un départ, une embauche ».
Arkema doit payer pour les salaires et la préservation de tous les emplois !
Les attaques contre les salaires et les emplois résultent du capitalisme, mode de production fondé sur la propriété privée des moyens de production et d’échanges entre les mains de la minorité d’exploiteurs et sur l’accroissement maximum de leurs profits et le plus vite possible, dans le cadre d’un environnement toujours plus concurrentiel. Le C.A d’Arkema s’élève à 9,5 milliards d’€ en 2024, 7,8 milliards d’€ en 2020 et 8,3 milliards d’€ en 2017. La crise actuelle du capitalisme résulte de la contradiction entre une production toujours plus socialisée (des millions d’humains travaillant en interaction) et l’accaparement privé par les capitalistes des richesses produites par la classe ouvrière. Notre Parti pose ainsi le problème, qui ne peut être résolu que par le renversement révolutionnaire du capitalisme et le bris de l’appareil d’État bourgeois, ni neutre ni au-dessus des classes, mais rempart de la dictature de classe de la bourgeoisie. À gauche, les partis du Nouveau Front Populaire (NFP) ne proposent des solutions que dans le cadre du capitalisme. Le contexte actuel est marqué par la multiplication des luttes ouvrières pour les salaires et les emplois : ArcelorMittal, Constellium, Novasco, victoire des Ducros-Vahiné à Monteux, etc.
Le peuple travailleur doit croire en son propre pouvoir et opérer la libération des forces ouvrières et populaires.
Les salariés ont un pouvoir : bloquer les sites de production pour porter plus haut et plus fort leurs revendications ! Pour notre Parti, sous réserve que ça soit déjà fait, les salariés d’Arkema doivent s’organiser en collectifs de lutte sur chaque site du monopole. Se liant entre eux, ainsi qu’avec d’autres travailleurs d’autres entreprises du même bassin d’emplois et avec la population locale, ces collectifs devront travailler au développement des luttes sous diverses formes et constituer un large et solide Front d’alternative populaire, véritable Front populaire, afin d’inverser le rapport de force face à la bourgeoisie et à sa dictature de classe. Nous alertons cependant sur le caractère délétère et mystificateur des soi-disant « dialogue social » et « partenariat social », car, ne découlant que de la défense des intérêts de classe de la bourgeoisie, ils constituent un piège mortel pour les travailleurs.
Nous saluons cette victoire qui démontre que seule la lutte est payante !
Notre Parti a lancé une campagne nationale collectivement intitulée « Accusons le capitalisme » sur des thèmes comme « contre la vie chère » et « pour nos emplois » etc. (https://viechere.wordpress.com/ et https://nosemplois.wordpress.com/) avec comme objectif, d’une part, de lier les revendications quotidiennes de la classe ouvrière à la nécessité du renversement révolutionnaire du capitalisme alliée à celle de la construction du socialisme-communisme, et, d’autre part, de rassembler toutes les victimes du capitalisme autour de mots d’ordre comme « pour l’augmentation générale des salaires », « pour la nationalisation sans indemnisation et avec contrôle ouvrier des monopoles qui cassent l’emploi », « pour la baisse des prix des matières de consommation courante en tapant dans les coffres-forts et les profits des monopoles de la grande distribution et de l’énergie », etc.
Très fraternellement,
La Commission Ouvrière et Entreprises du Parti Communiste Révolutionnaire de France
