Un reconfinement pour la santé... des profits !

Déclaration du Parti Communiste Révolutionnaire de France (PCRF)

Face à la montée inquiétante de la deuxième vague épidémique et au risque de saturation des hôpitaux, le président Macron a décidé mercredi soir (signalons au passage la très monarchique formule « j’ai décidé  »...) d’imposer à tout le pays un reconfinement pour 4 semaines au moins.

Mais contrairement au précédent confinement du printemps dernier, celui-ci a suscité immédiatement de nombreuses critiques concernant à la fois la gestion du déconfinement depuis l’été et les modalités de ce nouveau confinement, qui sont proches de celles utilisées sous occupation militaire.

Le Parti Communiste Révolutionnaire de France s’associe pleinement à la dénonciation de la politique gouvernementale qui a conduit à ce que les mêmes causes produisent les mêmes effets, à savoir, notamment, le manque de moyens hospitaliers, de lits disponibles et de personnels de santé, l’absence d’anticipation et de mesures de contrôle permettant, pendant ces six derniers mois, de préserver la santé des travailleurs et des personnes vulnérables (où sont les masques gratuits ? Où étaient les tests de masse ? Où sont les moyens supplémentaires donnés aux établissements hospitaliers ? Où sont les moyens supplémentaires donnés aux établissements scolaires pour alléger les effectifs et renforcer les équipes d’entretien ? Pourquoi doit-on attendre plusieurs jours pour avoir le résultat de son test ? Et n’avoir pas le choix entre prendre des congés en attendant ou retourner au travail même quand on est cas contact ? Pourquoi ce ne sont pas les travailleurs qui décident de l’organisation sur le lieu de travail, les mieux à même d’organiser les gestes barrières et la production ? ….). En annonçant ce confinement, E. Macron en a appelé aux responsabilités individuelles et collectives, mais pour mieux faire oublier la responsabilité de l’État qu’il dirige, et son incapacité à résoudre efficacement une crise sanitaire.

Comme bien d’autres, le PCRF dénonce également les graves incohérences et les mensonges révélés par les consignes et la communication gouvernementales : tout le monde au travail, mais les uns (les cadres essentiellement) seront en télétravail, tandis que d’autres prendront les transports en commun souvent bondés pour se rendre sur leur lieu professionnel, où les conditions de leur sécurité sanitaire ne sont pas forcément garanties, et où, s’ils attrapent la Covid-19, on leur imposera un jour de carence... ; les écoliers, collégiens et lycéens retrouveront leurs établissements pour y étudier dans les mêmes conditions qu’avant les vacances de Toussaint, mais les étudiants, eux, seront privés d’accès à l’université (alors que 84 % d’entre eux avaient décroché lors du premier confinement !) ; les lieux de culte resteront ouverts, mais pas les lieux de culture (musées, théâtres, cinémas, bibliothèques, salle de concerts), ni les lieux de défense des travailleurs comme les unions locales syndicales ; 200 000 petits commerçants sont contraints de rester fermés, tout en voyant les grandes surfaces et les plateformes comme Amazon être autorisées à vendre des produits « non essentiels »...

Mais au-delà de ces constats révélant l’incurie d’un gouvernement naviguant à vue, le PCRF rappelle que ce gouvernement est d’abord aux ordres d’une oligarchie monopolistique et financière qui n’a qu’une exigence : le maintien et si possible l’accroissement de ses profits, dans un contexte de crise accentuée du système capitaliste. Ce nouveau confinement est donc d’abord une réponse à cette exigence, et ses modifications par rapport à celui du printemps 2020 constituent en quelque sorte les leçons tirées par l’État capitaliste en faveur des monopoles et non du peuple-travailleur. Les monopoles veulent le beurre (les salariés au travail pour produire de la richesse) et l’argent du beurre (les cadeaux fiscaux et aides publiques, les réformes destructrices de droits sociaux, les plans de licenciements permettant chantage à l’emploi et restructurations, la ruine des petites entreprises et travailleurs indépendants dont profitent les gros requins...), et c’est cela que favorise le confinement 2ème version. Comme le premier confinement, comme le déconfinement, comme le couvre-feu, ce reconfinement est fait pour la bourgeoisie et les monopoles. La démonstration est faite depuis longtemps que, pour le capital et la bourgeoisie au pouvoir, la vie humaine n’a pour valeur prioritaire que la quantité d’argent qu’elle rapporte aux possédants des moyens de production et d’échange. La crise économique, qui se double d’une crise sanitaire, doit intégralement être payée par les victimes du capitalisme : le chômage partiel, les milliards d’aides aux entreprises, les miettes lâchées aux « Ségur de la santé » et autres « Grenelle de l’éducation », les milliards du budget militaire destinés à la politique impérialiste de la France, tout cela est payé essentiellement par l’argent des travailleurs et des retraités, qui voient leurs moyens de vivre en bonne santé toujours plus réduits, tandis que leurs droits et libertés sont bafoués et niés par les états d’urgence et les lois sécuritaires à répétitions.

Enfin, ce confinement, avec son lot de souffrances et de drames prévisibles, est le visage même du système inhumain et pourrissant qu’est devenu le capitalisme à son stade impérialiste, système que combat résolument notre parti, le PCRF. Il est temps d’en finir avec cette dictature de la classe bourgeoise, car seul le socialisme sera en capacité d’agir démocratiquement et efficacement, en faveur de toutes et tous ; c’est ce que nous devons nous dire à chacune de nos luttes pour la défense de nos emplois, de nos salaires, de nos droits et libertés, et... de notre santé !

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