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Affaire Quentin Deranque : quelle analyse de l’instrumentalisation politique ? - Parti Communiste Révolutionnaire de France

Affaire Quentin Deranque : quelle analyse de l’instrumentalisation politique ?

Le 14 février 2026 à Lyon mourait Quentin Deranque sous les coups de plusieurs individus. L’enquête judiciaire, toujours en cours, devra déterminer les responsabilités directes et indirectes dans cette mort, et aboutir à des condamnations sur la base de faits et de preuves avérés. Actuellement, des questions se posent encore sur les circonstances de ce décès, comme par exemple, celle du rôle exact de Quentin Deranque avant le drame, ou celle du temps écoulé (près de 2 heures) entre la fin du lynchage et la prise en charge par les pompiers…

Dans ce contexte, le PCRF dénonce l’instrumentalisation politique et le battage médiatique auquel nous assistons depuis plus de 10 jours, consistant notamment à accuser LFI, et ce de façon très opportuniste avant la campagne électorale des municipales, tremplin des Présidentielles de 2027.

Une minute de silence pour un jeune fasciste, qui, rappelons-le, venait de la frange la plus radicale de l’extrême-droite, celle de l’Action française, co-fondateur d’« Allobroges », et membre d’ « Audace », autant de groupes néofascistes lyonnais, adeptes des guet-apens et des « bastons » contre les groupes antifascistes…, voilà qui rappelle aussi le rôle de supplétifs que jouent, pour la classe capitaliste, à la fois l’extrême-droite et la social-démocratie. Les vidéos accessibles démontrent amplement les mensonges diffusés sur le déroulement des faits et sur la responsabilité (pour non-assistance à personne en danger) des « camarades » de ce militant.

La classe bourgeoise peut avoir besoin d’une situation de « guerre civile » pour promulguer des lois d’exception antipopulaires ou pour permettre au fascisme d’exercer le pouvoir pour le seul profit des monopoles, des entreprises.

Hier, avec Pétain, rappelons que la bourgeoisie, les industriels et la classe politique (sauf bien sûr les communistes), permirent, avec l’aide de Daladier et de Reynaud, marchepied du maréchal factieux, traître et collabo, le double coup d’État de juin et de juillet 1940, que la SFIO (PS) a voté. Aujourd’hui, sous le gouvernement Macron-Lecornu, la frange la plus réactionnaire et la plus belliciste du capitalisme financier, le capitalisme de monopoles ou impérialisme, permet le déploiement d’une « sainte ligue » des matraqueurs, gazeurs de travailleurs en lutte, et des traqueurs de travailleurs étrangers.

Aujourd’hui, LFI apprend, peut-être à ses dépens, que le légalisme et le « républicanisme » entrent en contradiction avec la nécessité de se battre ou de se défendre, de la part du peuple travailleur et des couches populaires, en lutte pour survivre ou pour vivre moins mal. Car en ne dénonçant jamais le système capitaliste et son État bourgeois, LFI, réformiste par idéalisme moral, défenseur du petit capital, perpétue l’illusion d’un « républicanisme » réunissant droites, sociaux-libéraux et sociaux-démocrates, qui pourraient faire barrage à l’extrême-droite, au fascisme.

Le fascisme n’est pas un accident politique mais une alternative politique à la crise économique et politique pour maintenir les profits des monopoles. Le ventre de la « bête immonde » est fécond, « mais qui va lui planter un pieu dans le cœur ? Qui va l’amputer du goût de l’horreur ? » (M. Fugain).

Face à l’escalade des agressions et crimes des ligues fascistes, face à la police qui laisse faire quand elle ne couvre pas, face à la politique agressive et antipopulaire du gouvernement des monopoles se posera nécessairement la question de l’auto-défense active pour la classe ouvrière et ses alliés. L’impunité acquise par ces ligues, avec l’assentiment, voire l’aide du pouvoir de l’État bourgeois, nous rappelle que l’ennemi du peuple travailleur est la classe capitaliste avec l’aide de son État, que cette classe dominante et parasitaire fera tout pour conserver sa domination totale sur le peuple travailleur, pour empêcher les partis ouvriers d’accéder au pouvoir, y compris par les urnes, entre autres en manipulant constamment l’opinion, en déversant mensonges et calomnies, et en créant une situation conflictuelle dans la société, voire de quasi guerre civile si ça lui est nécessaire.

Le « républicanisme », finalement, reste au service du capital, comme le reste « la révolution citoyenne » ou « l’humanisation des personnes et de la société ». Ne s’appuyant sur aucun des principes marxistes, LFI ne voit pas dans l’État l’organe de direction de la classe dominante, mais la « démocratie pour tous », la « République » sans analyse de son contenu de classe. Le décisif, pour LFI, réside dans la seule « logique économique », en posant la question du choix entre rentabilité financière et logique pour les humains. Le pouvoir et la dictature de classe (le mot n’est jamais cité par LFI dans son programme) ne s’appuient pas principalement sur des choix politiques, mais sur les facteurs matériels : propriété privée des moyens de production, appropriation privée de la plus-value par la classe capitaliste, exploitation du salariat grâce aux rapports de production capitalistes, toutes ces lois objectives du capitalisme sont défendues et pérennisées par l’État qui est aux mains de la classe dominante, la bourgeoisie monopoliste.

Nous ne nous laisserons pas manipuler par cette classe-là, nous devons quotidiennement la combattre, avec nos moyens, pour abattre le système capitaliste parasitaire et pourrissant qui est incapable de répondre aux défis et besoins de l’humanité, qui n’est capable que de régressions sociales, de répressions et de guerre !

Rejoignez le Parti Communiste Révolutionnaire de France dans ce combat !

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