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Budget 2026 : une étape de plus vers la militarisation au détriment des besoins populaires - Parti Communiste Révolutionnaire de France

Budget 2026 : une étape de plus vers la militarisation au détriment des besoins populaires

Sans surprise, le projet de budget proposé par le gouvernement Lecornu reprend les grandes lignes du précédent budget proposé par le gouvernement Bayrou avant la démission de ce dernier. Avec environ 30 milliards d’euros d’économies sur des secteurs particulièrement importants pour les besoins populaires, comme la santé, l’éducation, la vie associative, le logement, la culture ou les aides sociales, ce budget s’inscrit dans la lignée des budgets des années précédentes, resserrant et augmentant les dépenses de l’État autour de ses fonctions militaires et répressives (armée, Intérieur, justice) au détriment de toutes les autres.

Quant aux quelques concessions qui avaient été introduites dans ce nouveau projet de budget, les plus importantes d’entre elles sont déjà rejetées par le Sénat à l’heure où ces lignes sont écrites, ce dernier se constituant finalement comme un véritable garant des intérêts de la bourgeoisie au sein du Parlement, en visant à limiter au maximum toute forme de concession s’opposant à ces intérêts-là. Le projet de budget 2026 et la communication gouvernementale le martèlent : il faut, pour 2026, “une hausse des moyens consacrés aux priorités de la Nation” [1]. Parmi les “priorités de la Nation” déterminées par le gouvernement Lecornu se retrouve en premier, comme pour les gouvernements précédents, l’armée : au total, c’est une hausse de 6,7 milliards d’euros en plus pour 2026 qui est prévue pour les dépenses militaires, pour répondre aux préconisations de l’OTAN. C’est le double de ce qu’exigeait la Loi de Programmation Militaire 2024-2030 (LPM), qui prévoyait une augmentation de 3,2 milliards d’euros entre 2025 et 2026 : selon Lecornu, “il est clair qu’un horizon autour de 100 milliards d’euros par an constituerait le poids de forme idéal pour les armées françaises” [2].

Cette augmentation a deux principaux axes. Le premier, poursuivre la recomposition du capitalisme français autour du complexe militaro-industriel, qui continue par là à engranger des profits records et à multiplier les contrats : entre 2023 et 2024, ce sont environ +39% de bénéfices nets (profits) pour Thalès (2,4 milliards), +33% pour Dassault Aviation (924 millions), ou encore +51% pour Safran (3,1 milliards) ; les carnets de commande des monopoles militaro-industriels français connaissent eux aussi des records. Deuxièmement, il s’agit pour l’État français de maintenir son influence au sein de l’impérialisme mondial dans un contexte généralisé d’augmentation de l’armement de la majorité des grandes puissances de l’impérialisme avec une multiplication et une perpétuation des conflits armés localisés : dans ce contexte, si l’État français veut s’assurer les meilleurs contrats à travers le monde pour ses monopoles (rappelons récemment les contrats pétroliers par TotalEnergies au Liberia et en Algérie, portuaires par CMA CGM en Syrie, de verrerie par Saverglass au Mexique, etc.), il s’agit également pour la bourgeoisie française d’être capable d’utiliser l’intimidation par la force armée, d’intervenir militairement et de pouvoir faire face aux conflits armés directs ou indirects impliquant l’État français.

Pour la bourgeoisie française, l’État français doit pouvoir faire pleinement concurrence aux autres grandes puissances de l’impérialisme dans un contexte, justement, d’aggravation continue des concurrences et des contradictions inter-impérialistes, jusqu’à être capable de pouvoir mener une guerre ouverte. Au-delà de l’armée, qui est l’augmentation centrale du budget 2026, l’Intérieur et la justice voient également leurs budgets augmentés comme étant eux aussi des “priorités de la Nation” : +600 millions d’euros pour le premier, +200 millions d’euros pour le second, +1600 postes dans chacun des deux secteurs. Ces augmentations accompagnent parfaitement l’augmentation du budget de l’armée, s’inscrivant dans un contexte d’aggravation de la répression des travailleurs et travailleuses et des secteurs populaires et de leurs contestations : nous rappellerons l’utilisation de blindés militaires par la gendarmerie lors des manifestations suite à l’assassinat raciste de Nahel, mais, pour l’Intérieur, c’est plus globalement la généralisation et le perfectionnement des technologies informatiques et numériques pour la police et la gendarmerie qui sont notamment visées, ainsi qu’une augmentation du nombre de policiers et de gendarmes.

Ces augmentations ont lieu alors même que la bourgeoisie française et son gouvernement rappellent sans cesse la nécessité du “redressement des comptes publics”, de “réduction du déficit”, de “régulation” ou “réduction de la dépense” [3] . Les “efforts” constamment demandés n’affectent donc toujours pas les “priorités de la Nation” déterminées par la bourgeoisie française. Où se trouvent donc les baisses du budget 2026, dans les secteurs qui ne constituent donc aucunement des “priorités de la Nation” ? L’un des secteurs les plus gravement touchés par ce projet de budget est celui de la santé : en tout, ce seraient environ 7,1 milliards d’euros d’économies qui seraient réalisées dans ce secteur, avec notamment une baisse des dépenses liées à l’assurance maladie : “la progression des dépenses d’assurance maladie sera limitée à 1,6% (contre +3,4% en 2025), soit 270,4 Md€ (moins que l’augmentation naturelle et habituelle des dépenses d’Assurance maladie)” [4] . “Cela veut dire des fermetures de lits, des services sous-dotés, du personnel épuisé et des patient·es renvoyé·es vers elles et eux-mêmes” [5] .

De multiples autres mesures seront prises en ce sens : doublement des franchises dans le dentaire et le transport médical, augmentation de la taxe sur les complémentaires de santé, baisse de la prise en charge de certaines affections de longue durée (ALD)… Autre secteur gravement touché : celui de l’Éducation, avec la suppression de 4000 postes d’enseignants. D’autres mesures extrêmement délétères pour les travailleurs et travailleuses et les secteurs populaires sont également prévues, notamment : hausse totale de 2 milliards de prélèvements sur les organismes de HLM tandis que 2,6 millions de familles attendent un logement social et que la construction de ces logements chute, cela sans proposer de politique de logement pour ces familles-là ; gel du RSA, maintenu à deux fois moins que le seuil de pauvreté ; baisse des effectifs de France Travail alors que les effectifs actuels sont en partie la cause des accompagnements médiocres voire inexistants des travailleurs et travailleuses privés d’emploi ; baisse des aides pour les étudiants et étudiantes, notamment les APL, alors que la précarité et la pauvreté chez les étudiants et étudiantes qui ne sont pas issus d’un milieu aisé continuent à s’accroître et à se généraliser ; diminution de 26% du budget jeunesse et vie associative, alors que des associations comme les Centres d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) et les Plannings familiaux, concernés par ce budget, ont déjà dû fermer des permanences et supprimer des postes suite au budget de 2025 et ce malgré le besoin croissant d’accompagner des femmes victimes de violences ; 4,6 à 8 milliards d’économies sur les collectivités territoriales, qui se répercuteront directement, comme en 2025, sur les infrastructures locales, le logement, ou encore la vie culturelle et associative locale.

Tous ces secteurs ne sont visiblement pas des priorités de la Nation : l’État français persiste dans son offensive de classe contre les travailleurs et travailleuses pour démanteler toujours plus les conquis sociaux. Certaines des quelques concessions qui avaient été introduites dans ce budget 2026, comme le maintien de la surtaxe sur les grandes entreprises à hauteur de 4 milliards d’euros, la taxe sur les holdings ou la suspension de la réforme des retraites, sont déjà revues, diminuées voire supprimées par le Sénat, dont les sénateurs demandent une réduction des dépenses d’autant plus grande sur les secteurs considérés comme non prioritaires.

Nous le rappelons à nouveau : sans mouvement populaire et ouvrier fort, il ne pourra pas y avoir de véritable contre-pouvoir face à l’offensive continue de la bourgeoisie française contre les conquis sociaux et les besoins populaires. Les plus de 200 milliards d’euros annuels d’aides publiques aux entreprises françaises sans contrôle ni contrepartie, les 131 milliards d’euros de bénéfices nets réalisés par les monopoles français du CAC 40 en 2024, les centaines de milliards d’euros concentrés dans les mains de quelques familles françaises, sont autant de rappels que l’argent existe bel et bien pour répondre à l’ensemble des besoins populaires, pour investir massivement dans la santé et l’éducation, pour adopter une politique de logement capable d’éradiquer le sans-abrisme, pour promouvoir la vie associative et culturelle, etc. Cet argent, c’est nous, travailleurs et travailleuses, qui le produisons chaque jour ; et contre la bourgeoisie qui nous le vole et proclame qu’il faut réaliser des économies à notre détriment, c’est à nous de lutter et de nous organiser pour créer une véritable contre-offensive contre cette bourgeoisie, pour tirer le pouvoir entre les mains de cette dernière et construire notre propre société, sans exploitation et au service de toutes et tous.

Notes

[1Sébastien Lecornu, Projet de loi de finances pour 2026, Gouvernement.

[2Déclaration de Sébastien Lecornu aux journalistes de La Tribune.

[3(Sébastien Lecornu, Projet de loi de finances pour 2026, Gouvernement.)

[4(Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, Vie publique.)

[5(Quels seraient les impacts concrets du projet de budget 2026 ?, La CGT )

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