GENERAL ELECTRIC : un scandale de plus dans la casse des emplois

Au surlendemain des élections européennes, alors que le gouvernement avait demandé de décaler cette annonce après les élections, on apprend, par la bouche de Hugh Bailey D.G de G.E France (et accessoirement ancien conseiller pour les affaires industrielles d’un certain Emmanuel Macron), que General Electric (G.E) va licencier 1044 salariés sur les sites de Belfort, Bourogne (90) et Boulogne-Billancourt (92). L a multinationale monopoliste U.S (exploitant plus de 4000 personnes à Belfort dont 1900 dans l’entité turbines à gaz) a présenté aux instances représentatives ’’des projets d’évolution de l’organisation de ses activités gaz et ses fonctions supports’’, c’est-à-dire plus de la moitié de ses activités de gaz.

Rappelons tout d’abord l’historique de ce groupe :

Alstom (énergie et ferroviaire), au temps où il s’appelait CGE puis Alcatel-Alstom, était leader mondial dans les télécoms, les câbles, l’ingénierie électrique, l’énergie, la ferroviaire, le nucléaire, les chantiers navals, etc. Alors que le groupe était en faillite en 2003, Nicolas Sarkozy le « sauva » en faisant entrer dans le capital l’État, celui-ci apportant 2,8 Mds d’€. Revendu à Bouygues (avec plus-value de 1,26 Mds d’€), actionnaire opportuniste, Alstom resta sous-capitalisé face aux géants G.E et Siemens. Lors de l’acquisition de l’activité énergie d’Alstom (9,7 Mds d’€), G.E s’est bien engagé à créer 1000 emplois ! Aujourd’hui G.E reste leader : des moteurs d’avions, des turbines à gaz, ses scanners et IRM sont à la pointe… ; il avait acquis Enron avec ses éoliennes qui ont généré 10 Mds de $ en 2017 aux frais du consommateur et du contribuable ! Et en un an G.E aurait détruit 120 milliards $ de capitaux ! C’est bien M. Macron, alors ministre de François Hollande, qui a facilité la mainmise de G.E sur Alstom, les mêmes ayant garanti le maintien de l’emploi : ils ont donc menti !

Évoquons maintenant les propos des uns et des autres... :

Les élus locaux prétendent se mobiliser : «  l’heure est à la mobilisation générale, nous ne lâcherons rien !  ». Les syndicats (CGT, Cfe/Cgc et Sud énergie) dénoncent : « le ministre de l’Économie et des finances – Bruno Lemaire – qui avait affirmé la semaine dernière qu’il n’y avait ’’pas de débouché’’ pour la filière turbine à gaz à Belfort, précisant que le site allait produire 7 à 9 turbines cette année, soit l’équivalent de 4 à 5 centrales nucléaires », ajoutant qu’il est « choquant et inacceptable qu’un ministre de l’Industrie français relaie des informations trompeuses avec des conséquences aussi dramatiques pour les salariés de G.E et la filière énergétique françaises ». L’Intersyndicale poursuit : « La filière de production des turbines à gaz de Belfort atteint la taille critique avec depuis deux ans une réduction de près de 30% des effectifs » et « un vaste plan de délocalisation d’activités avec ingénierie délocalisée en Inde, en Pologne et au Mexique et la production en Hongrie et aux U.S.A  » Le ministre Bruno Lemaire s’est engagé à « préserver l’avenir industriel de Belfort  » tandis que la secrétaire d’État Mme Agnès Pannier-Runacher soulignait que le gouvernement attendait que G.E soit ’’exemplaire’’ à Belfort, qu’il sera très exigeant sur l’accompagnement des salariés. Le Président de la République ayant lui assuré «  la plus grande vigilance de l’État » dans un « contexte économique difficile », Belfort « dispose d’atouts » mais il est « indispensable de mesurer les investissements (privés et ou publics ?) nécessaires afin d’adapter l’outil industriel pour expertiser la faisabilité  » des projets d’études, telle la « diversification dans le secteur aéronautique, dans l’hydrogène ».
Ces salariés de G.E sont d’ores et déjà, si on les en croit, licenciés !
Le Parti Communiste Révolutionnaire de France apporte tout son soutien aux travailleurs d’Alstom dont les emplois sont à nouveau menacés !

L’analyse du PCRF :

Nous, communistes marxistes-léninistes, n’ignorons pas que les fusions ne sont faites qu’afin de satisfaire la soif de profit maximum de la grande bourgeoisie monopoliste, faire main basse sur les brevets, les techniques et technologies, les savoir-faire, les marchés, et surtout baisser le prix de la force de travail. La recherche de la maximisation du profit capitaliste, les fautes et erreurs stratégiques des dirigeants, l’émergence de nouveaux concurrents (chinois, etc), l’incapacité à s’adapter aux nécessaires besoins de la population, conduisent la rapace bourgeoisie monopoliste à liquider ce qui est à ses yeux ’’non rentable’’ à court terme.
L’heure n’est plus aux actions de défense, même si les salariés sont abasourdis, mais à la construction de luttes offensives pour le maintien et le développement de l’industrie, pour notre indépendance vis-à-vis des monopoles étrangers.
Les salariés d’ Alstom doivent refuser les soi-disant plans sociaux, exiger : pas une suppression d’emploi, mais également, sans tarder, engager la lutte dans ce sens.
De la même manière, il leur faut se réapproprier le mot d’ordre transitoire en système capitaliste de « Nationalisation sans indemnisation et contrôle ouvrier des monopoles qui cassent l’emploi ». Axe de lutte ayant pour objectif la sauvegarde de l’emploi, de l’outil industriel, l’extension des droits des salariés, la création de comités d’usagers/personnels, le droit de veto des organisations syndicales aux décisions des directions, la lutte contre l’État... Mot d’ordre porté par le Parti Communiste Révolutionnaire de France, car la question cardinale dans ce énième scandale humain et industriel est de s’attaquer concrètement et idéologiquement à la propriété bourgeoise, la propriété privée des moyens de production et d’échange, ainsi qu’à son État.
Ce n’est pas aux salariés d’Alstom de payer en lieu et place des dirigeants de G.E en faillite, comme ce n’est pas à eux de rechercher des solutions bourgeoises telles que négocier de meilleures ’’primes’’ de licenciement, rechercher un hypothétique repreneur capitaliste toujours plus ou moins provisoire...
Les intérêts et les droits des travailleurs ne sont nullement dans le prétendu ’’dialogue social’’, dans le ’’partenariat social’’, mais dans le combat quotidien contre le patronat et son incarnation politique, son État, le gouvernement.
Nous devons, nous communistes, œuvrer à cela dans nos syndicats et dans les entreprises !
Car en fin de compte, le système capitaliste ne pouvant satisfaire les besoins sociaux urgents et les revendications de l’immense majorité des travailleurs, de la population, le salariat doit entrer en lutte contre lui et contre l’État (qui pérennise la dictature de classe du capital, contrairement à ce que veulent nous faire croire les réformistes sur la prétendue neutralité de l’État qui pourrait jouer un rôle d’arbitre) ; des luttes contre la classe qui l’exploite et l’opprime chaque jour chaque heure.
Ces luttes seront dures mais absolument nécessaires, luttes à la fois économiques et politiques. Lutte pour le socialisme-communisme comme seule alternative au Capital, grâce au pouvoir des travailleurs, en leur remettant les entreprises socialisées, brisant l’État bourgeois et façonnant l’État socialiste prolétarien, le seul qui sera en mesure, par la planification démocratique, de supprimer l’exploitation de l’homme par l’homme, le gaspillage, la gabegie, le pillage des ressources ; le seul qui préservera démocratiquement l’environnement et satisfera les besoins matériels sociaux et culturels du peuple travailleur.

Au-delà du grand enjeu d’Alstom, c’est la question de la révolution socialiste-communiste qui est posée, et qui au PCRF est à l’ordre du jour.
Rejoignez-nous dans ce combat !

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