Incendies : la vie du peuple sacrifiée pour les profits de l’oligarchie financière
L’été fait des ravages en France. Depuis mai 2026, le territoire est confronté à des incendies d’une ampleur exceptionnelle, suite à une sécheresse précoce, des épisodes de chaleur successifs et des vents violents. Déjà, les premiers feux importants apparaissent dès la fin du printemps, dans le sud de la France, notamment en Provence, en Occitanie et en Corse, où plusieurs centaines d’hectares de végétation sont détruits. De juin à juillet, la situation s’aggrave : plusieurs milliers de départs de feu sont enregistrés par les services de secours. Et au début juillet, près de 7 800 hectares sont ravagés en seulement 8 jours et plus de 8000 départs de feu sont recensés depuis le début de l’année avec plus de 25 000 hectares partis en fumée. À partir de la mi-juillet, les régions de Nouvelle-Aquitaine, d’Occitanie, de Provence, de Corse, mais aussi du Centre-Val de Loire et des Pays de la Loire sont touchés : à Fontainebleau en Seine-et-Marne, au Gros Bessillon dans le Var, et enfin en Gironde et dans les Landes. Dans ces derniers départements, 42 000 hectares de forêt ont été détruits en quelques jours et les flammes ont menacé les abords de l’agglomération bordelaise, générant alors un « orage de feu » et menaçant directement plusieurs communes. Près de 220 000 personnes ont été évacuées, habitants comme touristes, constituant alors l’une des plus importantes opérations d’évacuation jamais réalisées en temps de paix. Les dégâts sont considérables : des centaines d’habitations sont détruites, plusieurs axes routiers sont fermés, et l’activité économique est fortement perturbée dans les zones sinistrées. À la fin du mois de juillet, le bilan est historiquement catastrophique : plus de 116 000 hectares ont été parcourus par les flammes depuis le début de l’année, du jamais vu en France durant cette période, et 13 000 départs de feu ont été recensés, dus en très grande partie à des imprudences, des négligences ou des actes volontaires. Les conditions climatiques extrêmes expliquent la propagation exceptionnelle des incendies, avec des températures dépassant localement 40 °C, une humidité très faible et des vents favorisant la reprise des foyers. Cette saison 2026 dépasse largement les records de 2022 et marque l’allongement de la saison des feux, désormais amorcée dès le printemps. Les scientifiques soulignent que la multiplication des canicules, la sécheresse des sols et l’augmentation des températures liées au dérèglement climatique rendent, en France, les forêts plus vulnérables aux incendies.

Des politiques gouvernementales d’économies sur les besoins populaires et de défense des populations.
Si le dérèglement climatique est une conséquence du capitalisme, la propagation et l’intensité des feux sont aussi le résultat des politiques des gouvernements bourgeois et de l’organisation capitaliste de la société. Les pompiers sont confrontés à un criant manque de moyens matériel et humain depuis plusieurs années. Déjà, le nombre de Centres d’incendies et de secours (CIS) est passé de 8 700 en 2002 à moins de 7 000 aujourd’hui, soit une baisse de 1700 centres. De plus, les Services d’incendie et de secours (SDIS) manquent de financements, et les pompiers manquent de crédits. Aussi la flotte de Canadair est ridiculement faible, la France en possède 12 contre 18 pour l’Italie et 17 pour la Grèce, mais seulement entre 5 et 8 appareils sont réellement opérationnels et disponibles au quotidien, et l’âge de ces appareils est en moyenne de 30 ans. Ce qui renseigne sur la vétusté de la flotte. Une des promesses non-tenue d’Emmanuel Macron en 2022 était d’atteindre le nombre de 16, après que plus de 72 000 hectares de forêts soient partis en fumée, principalement en Gironde. D’ailleurs, la CGT Dassault révèle que « dès 2019, [elle avait] demandé le lancement d’études pour un avion de lutte anti-incendie basé sur la gamme Falcon. Cette orientation a été suivie par la direction, qui a présenté en 2023 un projet concret de Falcon 2000 XLS, FireFighter. Pourtant, ce projet n’a pas été retenu par l’État, au motif d’un manque de moyens. » Les pilotes de Canadairs ont dénoncé les moyens insuffisants pour faire face aux incendies dans les Landes et en Gironde. « On se retrouve avec des norias, des patrouilles d’avions, qui sont insuffisantes, c’est-à-dire deux avions pour un feu et c’est très insuffisant » selon Grégory Prats, chef de noria (nom donné à un groupement de Canadair). Quand on sait que sur un incendie déjà parti, l’eau versée par le premier Canadair est totalement évaporée avant de toucher le sol et ne fait que refroidir la zone, que 80 % de l’eau du deuxième Canadair qui doit passer dans la minute ne va également pas atteindre le sol et que ce n’est que le troisième Canadair qui va pouvoir atteindre la cible au sol avec l’entièreté de son eau, on comprend bien que deux Canadairs est une version presque inefficace de leur utilisation ! Et « Seuls cinq étaient opérationnels [le 24 juillet dernier], c’était sept [le 25 juillet dernier] », assure de son côté Éric Durand, pilote et secrétaire général adjoint du Syndicat national du personnel navigant de l’aéronautique civile tandis que la maintenance de la plupart des cloués au sol est assurée par une entreprise privée (Sabena Technics) qui n’a pas les outils pour assurer une meilleure disponibilité... Le dernier week-end du mois de juillet, « deux [étaient] en Corse, et [devaient] y rester en raison du relief accidenté des massifs (...).

Les cinq restants [étaient] tous engagés sur les feux de Gironde et des Landes, avec l’appui d’un Canadair croate. Seuls des Dash [étaient] mobilisés dans le Var » poursuit-il. Toujours selon Grégory Prats, quatre Canadair doivent pouvoir être mobilisés par feu. Quant au déploiement de l’A400M, un avion capable de larguer l’équivalent de trois Canadair en volume d’eau, les pilotes dénoncent une « opération de communication » destinée à étouffer les critiques sur le manque d’opérationnalité des Canadair, car ne pouvant « se poser qu’à Orléans, à Mont-de-Marsan ou à Istres », même s’ils ajoutent qu’il « ne faut rien s’interdire. ». On peut rajouter que d’autres A400M pourraient être mobilisés tandis que la France en possède déjà 25 et a prévu de monter à 50 dans sa loi de programmation militaire. Concernant les pompiers, ils manifestent depuis plusieurs années pour réclamer plus de moyens. Le 16 juillet 2010 à Nice, un policier avait été photographié en train de mettre en joue, à très courte distance, des pompiers en tenue et désarmés, avec un lanceur de grenades. Aussi, en 2013, à Grenoble, une grande manifestation des pompiers pour réclamer de meilleures conditions de travail a eu lieu, et fut violemment réprimée par le gouvernement de l’époque. Quentin, soldat du feu, y a perdu un œil. Puis, le 15 octobre 2019, à Paris, les pompiers ont organisé une grande manifestation pour réclamer plus de moyens et des salaires décents. Mais la répression policière a été d’une extrême violence : un pompier, sapeur-pompier professionnel du Service départemental d’incendie et de secours de Dijon, a été éborgné par un tir de grenade et garde des séquelles à vie. Le même scénario s’est rejoué le 28 janvier 2020, avec des dizaines de grenades explosives jetées contre les pompiers en lutte, des blessés innombrables, des nasses et des arrestations. Et toujours pas de réponse aux revendications. Pas plus qu’après la manifestation de 2024. Les pompiers manquent de masque FFP3 et de tous types, ils interviennent sur les feux avec des bouts de tissus sur la bouche et sur le nez , tandis que 4 pompiers étaient morts ces dernières semaines en intervention.

Les pompiers luttent contre les pires effets du dérèglement climatique sans disposer des moyens suffisants. Selon un syndicat de pompiers, « Il manque plus de 300 camions-citernes. » Déjà, après les terribles incendies de 2022, Macron avait promis un « pacte » pour remplacer les véhicules vieillissants. Mais « la perte de 1000 engins entre 2004 et 2020 » n’avait pas été compensée par les commandes, selon Sébastien Delavoux de la CGT. Des constats et témoignages officiels montrent que des vieux camions étaient même devenus dangereux, puisqu’ils « ne correspondaient plus aux normes minimales de sécurité pour protéger les sapeurs-pompiers à bord ». Face au manque de moyens humains et matériels, la population s’organise. Les agriculteurs par exemple, livrent partout où ils le peuvent des dizaines de milliers de litres d’eau et participent à la lutte contre les incendies. Des gens viennent spontanément aider. Pourtant la colère est grande quand il est factuel que les grands domaines privés des riches du cap Ferret ont été protégés par des moyens anti-feu concentrés…

Une seule cause fondamentale.
Les incendies sont la conséquence mais la cause est bien le mode de production de la société capitaliste à son stade impérialiste. Fondé sur la propriété privée des moyens de production et d’échanges entre les mains de la minorité d’exploiteurs et sur la loi du profit maximum et tout de suite, le capitalisme-impérialisme met gravement en danger les écosystèmes et les territoires. Alors que les pompiers sont épuisés et réclament plus de moyens alors que les SDIS sont sous-financés, les entreprises du CAC 40 ont généré un profit cumulé de 1748,7 milliards d’€ entre 2009 et 2024 et versé 107 milliards d’€ aux actionnaires en 2025, soit 82% de leurs bénéfices selon Oxfam. De plus, alors que les aides publiques aux entreprises se sont élevées à 211 milliards d’€ et que la loi de programmation militaire se chiffre à 413 milliards d’€ de 2024 à 2030 plus 36 milliards rajoutés, les moyens de lutte contre les incendies de forêts restent insuffisants. En parallèle, le coût de rénovation et de prolongation des armes nucléaires françaises montent désormais à 8 milliards d’euros par an avec notamment la modernisation des sous-marins lanceurs d’engins et la fabrication des missiles M51 à têtes nucléaires multiples (1000 fois Hiroshima). En France, nous sommes donc capables de développer des missiles qui ont quelques mètres de précisions sur plusieurs centaines de kilomètres ou 200 mètres de précisions à plusieurs milliers de kilomètres mais nos technologies contre les feux elles ne décollent pas ! Démonstration a été faite que la propriété privée des bois et forêts en France (au surplus dispersées sur plus de 3,3 millions de propriétaires de forêts privées, représentant environ 75 % du couvert forestier national) empêchent leur gestion rationnelle et leur entretien pourtant première cause de la propagation des incendies. On pointe les fautes et négligences des particuliers, mais pour notre Parti la forêt ne doit plus être privée mais publique et gérée par l’ONF (Office National de la Forêt). ONF démantelée depuis des années par tous les gouvernements et dont les effectifs sont passés de 9279 à 8043, soit 1236 suppressions de postes en 10 ans, et qui doit être réhabilité et renforcé massivement, en moyens humains, matériels et budgétisé par l’État.

Des solutions anti-capitalistes.
Nous ne sommes pas impuissants à limiter ou juguler ces incendies, récurrents en été, comme de leurs conséquences directes et indirectes. Ce n’est pas une fatalité naturelle ou divine ! La gestion de la forêt, comme de l’eau, doit être faite par une gestion démocratique de service public, comme l’ONF. L’état sanitaire des forêts se dégrade à cause de la pullulation de pathogènes et de ravageurs ce qui génère une biomasse combustible sèche, la mortalité des arbres à triplée en 20 ans, ce qui représente un risque accru de propagation d’incendies. La population et la ’’nature’’ sont durement impactées par l’incurie et impéritie de l’État bourgeois. Aucune politique démocratique n’est coordonnée pour s’attaquer à la sécheresse, aux incendies, aux inondations : des lotissements d’habitations trop proches des massifs forestiers ou des garrigues ou de cours d’eaux. Les satellites, avions, caméras et drones de surveillance doivent également être déployés pour veiller et prévenir les accidents climatiques et météorologiques et les incendies de forêts et garrigues. Les zones brûlées doivent être reboisées pour les pinèdes et les garrigues dans la mesure du possible, et interdites de toutes constructions (habitations comme ZC et ZI) à la charge de l’État et assurances ; ces reboisements devront respecter des critères de végétations indigènes et en privilégiant les essences locales mais sans que les résineux soient majoritaires. L’exemple des incendies dramatiques et meurtriers qui ont dévasté le Portugal en 2017, qui auparavant avait reboisé avec des eucalyptus pour l’industrie du bois/papier, mais qui brûlent plus vite que les pins indigènes. Les zones habitées brûlées doivent être reconsidérées selon les strictes normes de sécurité incendies (et inondations) et réhabilitées avec des équipements de lutte contre les feux, et des refuges de proximité tandis que des zones et bandes pare-feux doivent être multipliées et respectées contre les appétits financiers des capitalistes de la filière bois. L’Armée a en partie été réquisitionnée par décret en Gironde quand la situation s’est dégradée. Mais pour notre Parti, l’armée ne peut pas être en dehors de la société et des besoins populaires et cantonnée aux politiques de guerres comme sous le capitalisme-impérialisme. L’armée doit être mobilisée en permanence dès que de besoin avec ses moyens logistiques de transport, de génie, de reconnaissance et surveillance. Plusieurs A400 doivent être redéployés sur la protection des populations notamment les incendies et c’est une flotte de 50 bombardiers d’eau dont doit se doter la France et non une misérable dizaine, ce qui permettra aussi à notre pays de coopérer, de proposer et d’échanger son matériel et savoir faire avec les pays qui le souhaitent.

Une politique permettant de lutter contre les incendies de forêts et, plus largement, de faire face au dérèglement climatique, est donc possible contre les politiques des gouvernements bourgeois de gauche ou de droite et avec un changement de société pour le Socialisme-Communisme. Le Socialisme-Communisme est un mode de production fondé sur la propriété collective de tous les moyens de production et d’échange entre les mains de la classe ouvrière, sur la construction de son appareil d’État socialiste prolétarien avec la planification centralisée et démocratique de la production pour répondre aux besoins des populations et des territoires.
Notre Parti, le Parti Communiste Révolutionnaire de France (PCRF), a lancé une campagne intitulée « Accusons le capitalisme », sur des thèmes comme « Pour l’environnement ». Elle a pour finalité d’unir les revendications quotidiennes de la classe ouvrière à la nécessité du renversement révolutionnaire du capitalisme-impérialisme associé à celle de l’édification du Socialisme-Communisme, et de rassembler les victimes du capitalisme autour de mots d’ordre comme « contre les incendies de forêt : pour le remembrement et la propriété collective des forêts avec la planification de leur entretien, pour l’augmentation des moyens des pompiers (équipements terrestres et aériens, etc.) », « pour l’augmentation des moyens de météo France et redéploiement de ce service public en proximité des territoires », « contre le tout-voiture et la prédominance de l’aérien et pour l’arrêt de la fermeture de lignes de train avec le développement du réseau ferroviaire avec réouverture des petites et moyennes lignes », « pour la fin de la concurrence dans le secteur des transports ferroviaires, aériens et de bus », etc.
