Contribution du Secrétaire général du PCRF...

... à l’occasion du colloque organisé par le PCOR, Parti communiste ouvrier de Russie, pour le 140ème anniversaire de la naissance de Staline  :

La personnalité de Staline est une des personnalités marquantes du mouvement ouvrier révolutionnaire. Son importance est liée au fait que son nom est indissociablement lié à la construction du socialisme vers le communisme, aux succès extraordinaires de la classe ouvrière soviétique qui lui est liée, et à l’organisation de la victoire contre le fascisme.

La bourgeoisie internationale ne s’y trompe pas, elle qui mène une campagne permanente de calomnies et de mobilisation de l’opinion publique pour tenter de salir sa mémoire et d’éloigner la classe ouvrière et les masses populaires de son œuvre. Chaque communiste doit en être convaincu : la forme la plus élaborée de l’anticommunisme aujourd’hui, c’est l’anti-stalinisme ! La résolution du 19 septembre 2019 adoptée par le Parlement Européen est de ce point de vue significative. Sans s’attaquer à cette campagne permanente et insidieuse en rétablissant la vérité, le mouvement communiste ne pourra reconquérir les masses et reprendre la direction de la classe ouvrière pour affronter la contre-révolution.

Pourquoi ?
Parce que le succès de la politique d’édification du socialisme conduite par Staline a, pour la première fois dans l’histoire, fait passer le rêve des couches opprimées et exploitées d’un monde meilleur, débarrassé de l’exploitation de l’homme par l’homme, à la mise en place de sa réalisation concrète. Alors que le monde capitaliste était frappé par la crise de 1929, l’URSS était épargnée, démontrant pratiquement que la crise ne la concernait plus. La reconstruction économique et technique, la construction d’une base industrielle lourde, point d’appui pour le développement économique et militaire du pays, permirent en quelques années de promouvoir l’URSS à la troisième place mondiale. Mais surtout, ce qui impressionna le monde de l’époque, c’est la participation des travailleurs à la réalisation des deux premiers plans quinquennaux. Tout le monde connaît le nom du mineur Stakhanov, et du mouvement qu’il engendra, qui symbolise cette participation. De la même manière, la collectivisation des terres, le passage d’une agriculture de petites exploitations à une grande agriculture moderne, largement mécanisée. Et il est incontestable que le nom de Staline est indissociable de cette période. Par conséquent, les attaques menées contre la politique de Staline visent à nier les succès du peuple soviétique et à faire douter la classe ouvrière de sa capacité à exercer sa dictature pour diriger la société. Il s’agit aussi, pour la bourgeoisie et pour les courants révisionnistes et opportunistes, de déconsidérer l’apport théorique de Staline dans le domaine de l’édification économique socialiste. Car, comme l’avait relevé Lénine, « pas de mouvement révolutionnaire sans théorie révolutionnaire ». Et Staline a été pour une large part celui qui a théorisé du point de vue marxiste-léniniste cet extraordinaire mouvement révolutionnaire qu’a été la mise en place des premiers plans quinquennaux !

De la même façon, son ouvrage Les problèmes économiques du socialisme en URSS est une base de principe pour réfléchir sur les grandes questions du développement économique du socialisme et éviter les tendances opportunistes et les risques révisionnistes.

Les communistes ne sauraient céder le terrain devant l’idéologie bourgeoise sur cette question. C’est la raison pour laquelle il est nécessaire de ne se faire aucune illusion sur la politique de Poutine dans ce domaine comme dans les autres, contrairement à ce qui se passe dans certains secteurs du Mouvement Communiste International.

Mais la bourgeoisie a compris que, pour parvenir à ses fins, il fallait démolir l’image de Staline comme vainqueur du nazisme. C’est une campagne qui a commencé en fait dès la fin de la Seconde Guerre mondiale. Un des éléments de celle-ci fut mené en collaboration avec la CIA par Hannah Arendt sur le thème du totalitarisme regroupant le fascisme et le communisme, et assimilant Hitler et Staline. Pour l’anecdote, rappelons que Mme Arendt fut aussi la très bonne amie du philosophe nazi Heidegger, et pas d’un communiste, et qu’elle maintint des relations amicales avec lui après la guerre, quand elle poursuivait son obsession anticommuniste ! Avec la victoire de la contre-révolution, la bourgeoisie estime que le moment est venu de porter le grand coup : condamner le communisme au nom des prétendus crimes de Staline, réhabiliter les forces fascistes dans les pays Baltes, en Pologne et en Europe centrale et orientale (Ukraine et Hongrie), justifier les mesures anticommunistes et leur extension : la résolution appelle à mettre fin à la présence des symboles communistes, et de ceux de l’URSS dans toute l’Union Européenne ! Déjà en France, de nombreuses rues portant le nom de Stalingrad ont changé de nom. A l’origine, dans les années 60, on leur donnait le nom de Volgograd, mais aujourd’hui, elles reçoivent plutôt les noms des réactionnaires ayant accompagné la construction de l’Union Européenne du capital ! C’est bien caractéristique de la volonté d’effacer la mémoire des masses.

Si les communistes se mobilisent, relèvent la tête, et défendent fièrement leur histoire, ainsi que la mémoire et l’œuvre de Staline, qui est partie prenante de leur identité politique, la bourgeoisie peut être battue, ce dont témoigne une autre personnalité révolutionnaire vilipendée par les classes dominantes comme Robespierre. Ainsi voit-on apparaître quelques historiens bourgeois dans les pays anglo-saxons qui s’opposent à la thèse du totalitarisme par honnêteté intellectuelle. Mais une chose est sûre, c’est que parmi ceux qui se réclament du communisme, la question de la défense de Staline est un élément de clarification fondamentale entre les révolutionnaires et ceux qui sont en train de passer ou qui sont déjà passés dans le camp de la social-démocratie et de la bourgeoisie monopoliste.

En ce 140eme anniversaire de sa naissance, levons bien haut le drapeau de l’œuvre de Staline !
La bourgeoisie ne parviendra pas à ses fins !
Vive le communisme !

Maurice Cukierman
Secrétaire Général du PCRF

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