Les enjeux des municipales pour la classe ouvrière
Les municipales de 2026 sont le dernier rendez-vous électoral du calendrier avant les élections présidentielles de 2027 qui ont lieu dans 13 mois. Bien qu’elles aient des caractéristiques propres les élections municipales 2026 sont donc dans la perspective de ce moment le plus essentiel pour la dictature du capital (ou démocratie bourgeoise) que sont les élections présidentielles sous la Vème monarcho-république pour duper les masses avec leur propre consentement (le vote).
Ces élections municipales, malgré leur apparente spécificité, s’inscrivent d’abord dans un contexte de politique gouvernementale et de pic dans la crise politique de la démocratie bourgeoise qui traduisent la crise générale du capitalisme et la concurrence renforcée entre monopoles. Pour défendre les intérêts exclusifs des monopoles français et de l’oligarchie financière, tous les coups possibles ont été portés contre la classe ouvrière : salaires, conditions et organisations du travail, licenciement, suppressions d’emplois, précarité, droit à la retraite et aux indemnités-chômage, loi anti immigrés, lois anti-démocratiques et sécuritaires…, autant de leviers d’exploitation contre lesquels les luttes ont été nombreuses, mais peu victorieuses, faute de coordination suffisante de ces luttes.
Les communes sont des institutions locales et à ce titre un maillon de la dictature du capital, bien qu’elles puissent donner l’impression d’une politique de proximité isolée des enjeux nationaux. Ce serait oublier qu’en régime capitaliste, les lois de la vie économique et sociale produisent la dictature des monopoles sur toutes les sphères de la société. Les aides publiques au capital par les communes représentent par exemple au moins 3 milliards par an même si le rapport tant commenté de la commission d’enquête du sénat sur les aides publiques aux entreprises ne les comptabilise même pas. La corruption pour l’obtention des marchés publics des mairies est endémique et connue des populations locales. Les dernières élections municipales, marquées par le début de la pandémie de Covid-19 et les balbutiements du gouvernement ont connu leur plus forte abstention. L’enjeu principal pour les partis de la démocratie bourgeoise et les alliances, en plus d’un dernier point d’étape avant les présidentielles, sera financier en gagnant le plus de places d’élus rémunérés et de positions de corruption. Le courant de remise en question de la politique dominante mise en œuvre par le gouvernement, se renforce, mais les forces populaires ouvrières ne se sont pas libérées des partis bourgeois et petits bourgeois. La hausse des violences (menaces, injures, agressions, harcèlement...) contre les élus, en particulier les maires, a poussé à la loi du 21 mars 2024 qui a introduit des mesures pour mieux les protéger et traduit ce rejet. En même temps, 56 % des Français souhaitent que leur maire actuel soit réélu. Ce taux est plus élevé dans les petites communes (64 % pour moins de 3 500 habitants, 61 % pour moins de 20 000).

Un demi millions de places d’élus locaux sont à pourvoir et représentent un maillage politique non négligeable et une manne financière parfois vitale pour de nombreux partis. Dans le cadre de l’alternance entre partis bourgeois au niveau national, un strapontin d’élu local est une solution de repli en attendant le retour aux affaires gouvernementales. Démocratiser les élections municipales passe par l’exigence de proportionnelle intégrale et l’élection d’un conseil municipal représentant toutes les tendances de la commune selon leur poids électoral réel, et non sur la base du ralliement à l’un ou l’autre des partis du pouvoir du Capital, PS-EELV, droite et RN, comme moyen d’avoir coûte que coûte des élus ! L’intercommunalité a également permis de multiplier les lieux de pouvoir politique et le poids de la bureaucratie politique, en faisant reculer parallèlement ceux de la démocratie locale, à savoir la commune (la plus proche des électeurs), dans le droit fil des intérêts des monopoles qui préfèrent toujours une application directe et rapide de leurs intérêts.
Nous ne saurions cependant nous réjouir du sort qui est réservé aux communes, sous la pression des monopoles, de l’Union européenne et des politiques gouvernementales depuis plusieurs décennies, visant à renforcer le poids des régions les plus riches, au détriment des plus pauvres, des départements et des communes. Ces dernières sont en effet de plus en plus privées de financements (suppression de la taxe professionnelle sous Sarkozy, puis de la taxe d’habitation sous Macron, loi 3DS de 2022, loi NOTRe...), et les communes voient leurs attributions se réduire davantage ; C’est le rôle par exemple dévolu à « l’intercommunalité », c’est-à-dire aux « communautés et agglomérations de communes », où siègent les premiers élus des communes regroupées autour de la plus grosse municipalité. Depuis 1999, ces structures non démocratiques (puisque des élus y sont « cooptés »), où le patronat est partenaire obligé, se sont développées, en prenant largement le pas sur les communes, dont elles usurpent des compétences (développement économique, habitat, équipement, transports et autres services d’intérêt public, eau, déchets, etc.). En levant un impôt local supplémentaire, les « agglos » et « métropoles » gèrent des budgets considérables, parfois de même niveau qu’un budget régional ou départemental, et accentuent l’ascendant pris par les technocrates, relais du Capital. Cette dépolitisation supposée tient à la nécessité d’un « consensus technique » autour de la bonne gestion des affaires inter communales, toujours mieux dans l’intérêt des forces d’argent. L’intercommunalité a également permis de multiplier les lieux de pouvoir politique et le poids de la bureaucratie politique, en faisant reculer parallèlement ceux de la démocratie locale, à savoir la commune (la plus proche des électeurs), dans le droit fil des intérêts des monopoles qui préfèrent toujours une application directe et rapide de leurs intérêts.
Le PCRF dénonce cette situation de dépossession accentuée d’instances décisionnelles de proximité, qui illustre un peu plus sous l’impérialisme, la dictature de classe directe des monopoles sur l’État bourgeois. Rappelons que, contrairement aux réformistes, les communistes combattent l’illusion d’un État « rempart » au service de « l’intérêt général », qui occulte totalement sa nature de classe. Nous défendons donc des moyens budgétaires suffisants pour les communes, en faveur de leurs populations, mais tout en dénonçant la démagogie des partis de la bourgeoisie (LR, Renaissance, RN, PS et Verts) qui prétendent proposer localement une politique alternative, alors qu’ils ne font que gérer loyalement les directives de leurs gouvernements et de l’UE. Le PCRF met en garde les travailleurs contre le piège que constitue une très opportuniste recomposition d’une fausse « gauche unie » avec ou sans NFP et autour du PS et d’EELV : ces deux formations politiques portent une lourde responsabilité dans les attaques menées actuellement par les monopoles contre nos acquis, puisqu’elles ont promu, suivi et soutenu le programme de Macron. Nous avons fait l’expérience, depuis le XXème siècle, du double jeu du Parti socialiste : promesses « de gauche » et pilier de la dictature du capital en alternance avec la droite, se revendiquant aujourd’hui comme les champions de la défense d’une politique de guerre (voir par exemple les déclarations de Raphaël Glucksman) ou se plaçant en sauveur suprême du macronisme par des compromis parlementaires. La lutte concurrentielle pour les postes ne doit pas faire oublier le contenu de classe identique de leur politique ! Le parti RN qui élude totalement les responsabilités de la classe capitaliste dans le mal-vivre des travailleurs, et désigne des boucs-émissaires (immigrés, Roms, musulmans…), pour mieux diviser les travailleurs et servir le système d’exploitation, testera son nouveau type d’alliance avec les droites avec l’appui ouvert du système Périclès du milliardaire Pierre-Edouard Sterin (patron des smartbox).
Ce scrutin constitue pour beaucoup de prolétaires le moyen de prolonger l’expression de leur rejet de la politique de Macron, en infligeant notamment un revers aux candidats Renaissance (Macron). Mais notre Parti appelle les électrices et électeurs à ne pas donner leurs voix aux candidat-e-s de la bourgeoisie y compris du PS et de EELV. Notre Parti ne peut pas déposer de liste en raison de la censure par l’argent. Il ne peut pas non plus se rallier sans condition à des listes de la « gauche de la gauche » (PCF, LFI, NPA, etc.), qui, à travers leurs propositions sans remise en cause du système capitaliste, sèment des illusions et joue le rôle de dernière roue de secours (sociale) du capitalisme. Pour les communistes marxistes-léninistes, les élections sont d’ordre tactique. Elles sont donc soumises à notre stratégie qui est aujourd’hui celle de construire le parti révolutionnaire de la classe ouvrière qui est la seule classe en France orpheline de son organisation politique forte et reconnue. Pour présenter des candidats du parti ou soutenir une liste, notre parti appliquera la tactique classe contre classe. Nous interpellerons donc publiquement les listes comme celles dites de la « gauche de la gauche » sur des thèmes et axes de luttes qui, alimentant les luttes politiques, constitueraient des éléments de rupture réelle avec la politique du capital, et notre parti rendra compte des engagements pris ou refusés devant la population.
Ces axes de luttes comprennent notamment :
Opposition générale et globale à la politique du gouvernement Macron.
Soutien à l’abrogation de la dernière loi retraite (retour à 60 ans et 37,5 annuités) et à la lutte contre le projet de « grande Sécurité sociale ».
Lutte contre toutes les suppressions d’emplois, privés comme publics ! Nationalisation sans indemnisation avec contrôle ouvrier. Soutien municipal aux luttes ouvrières locales.
Abrogation de tous les cadeaux fiscaux au capital, pas d’aide aux installations d’entreprises locales avec l’argent public et réorientation de l’argent public vers les services publics (santé, école publique, logements, transports, etc.)
Refus de toute privatisation ou délégation au secteur marchand des missions municipales. Remunicipalisation des services publics locaux quand ils sont délégués au privé.
Développement de la restauration collective et des usines à linge dans les quartiers, des crèches publiques pour tous ;
Sur les lieux de vie, de travail et d’études : crèches, restaurations et usines à linge publiques, accessibles, de qualité et à la hauteur des besoins.
Des centres aérés du soir et pour les vacances scolaires, offrant une éducation populaire, culturelle et sportive.
Contrôle collectif des crèches par leurs travailleurs et travailleuses et les parents.
Pas d’alliance avec le PS et les Verts, piliers de la dictature du capital.
Réduction des crédits militaires ! Non à l’« économie de guerre » ! De l’argent pour les besoins populaires pas pour la guerre. Aucun soutien ou subvention à l’économie de guerre.
Lutte contre l’Union Européenne des monopoles !
Retrait de la France de l’OTAN et rupture avec sa politique, lutte pour sa dissolution.
Retrait des troupes françaises de l’étranger !
Défense des libertés démocratiques : non à l’État policier !
Abrogation de toutes les lois liberticides et dites de « sécurité ». Respect du droit de manifester et de faire grève.
Lutte contre l’emprisonnement et les expulsions des sans-papiers.
Droit de révocation des élu-e-s qui ne respectent pas leur mandat ou coupables de corruption ou de malhonnêteté !
Création d’assemblées de quartier avec pouvoir de propositions et de contrôle, y compris budgétaires.
Pour un cessez le feu immédiat et un État palestinien libre avec Jérusalem comme capitale. Soutien et coopération avec les organisations qui défendent la Palestine.
Contre la guerre entre impérialismes en Ukraine.
Soutien au peuple et à la classe ouvrière du Venezuela.
Politique de solidarité et de coopération avec la construction du socialisme à Cuba.
Autant de revendications et d’axes de luttes qui, sous le capitalisme en crise, doivent nécessairement ouvrir la voie à un processus révolutionnaire vers une nouvelle société débarrassée de l’exploitation salariale.
C’est ce à quoi travaille le PCRF. Rejoignez-nous dans cet engagement contre le capitalisme, pour la défense des intérêts de la classe ouvrière, des couches populaires, des retraités et pour l’avenir de notre jeunesse, de notre pays et de la planète !
Révoltes paysannes : pour une agriculture populaire !