Liberté pour Omar Alsoumi ! Non à la justice de classe !
Vous pouvez aussi retrouver cet article sur le site de notre campagne "Pour nos libertés et droits démocratiques" ici.
Le mercredi 5 novembre 2025, Omar Alsoumi, porte-parole du collectif Urgence Palestine, a été arrêté et maintenu trois jours en garde à vue, après que son domicile a été perquisitionné devant ses enfants. Accusé d’« apologie du terrorisme », notre camarade franco-palestinien a été relâché le vendredi 7 novembre, mais il est placé sous contrôle judiciaire jusqu’à son jugement prévu le 6 mai 2026. Il avait déjà subi le gel de ses avoirs bancaires, comme de ceux de tous les membres de sa famille, au moment de la tentative du gouvernement bourgeois de dissoudre Urgence Palestine.
Le Parti Communiste Révolutionnaire de France et sa jeunesse l’UJC s’associent à la condamnation vigoureuse de cette atteinte à la liberté d’expression, exprimée notamment par le Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens (CNPJDPI) : « Le seul “crime” d’Omar Alsoumi est d’avoir dénoncé les massacres de civils à Gaza, pourtant documentés par l’ONU et condamnés par le Tribunal pénal international.
Pendant que des soldats franco-israéliens ayant participé à ces crimes contre l’humanité circulent librement en France, la justice choisit de poursuivre pour “apologie du terrorisme” celles et ceux qui défendent les droits du peuple palestinien.
Ce qui arrive à Omar Alsoumi n’est pas un fait isolé. Les diverses poursuites : intimidations, gardes à vue, interdictions de manifester, blocages de comptes et menaces administratives s’inscrivent dans une stratégie de criminalisation des syndicalistes, associations, militant·es et collectifs solidaires de la Palestine et plus largement du mouvement social. La FIDH, dans son rapport « Criminalisation et contrôle du récit : la solidarité avec la Palestine en ligne de mire » (octobre 2025), alerte sur cette offensive répressive visant à faire taire les voix de la solidarité. Être solidaire de la Palestine n’est pas un crime : c’est un devoir. »
Cet acharnement policier et judiciaire contre un militant de la cause palestinienne se produit au moment même où survient la libération de Nicolas Sarkozy, reconnu coupable de trafic d’influence dans l’affaire Bismuth, d’association de malfaiteurs dans l’affaire du financement libyen de sa campagne, et en attente de jugement dans l’affaire des fausses rétractations de Ziad Takieddine ; lui aura passé 21 jours en prison (soit 1,15 % de sa peine de 5 ans), dans des conditions bien différentes de celles des autres détenus (téléphone fixe 24 h sur 24, télévision, frigo, plaque de cuisson, et deux gendarmes assurant sa garde personnelle dans une cellule aménagée à côté de la sienne) ; et l’ancien Président de la République passera ses prochaines nuits dans son logement parisien aux côtés de ses enfants et de sa femme.
Ce « deux poids deux mesures » de la justice bourgeoise française nous conduit à rappeler les réalités suivantes, concernant notre régime capitaliste :
1. L’appareil d’État bourgeois est l’outil de la dictature de la classe bourgeoise contre la classe ouvrière et les couches populaires. La Vème République, avec son monarcho-présidentialisme, est l’expression la plus perfectionnée de cette dictature de classe.
2. La justice bourgeoise, malgré la prétendue séparation des trois pouvoirs, n’est pas indifférente face à ses prévenus, mais bien informée de leur position sociale, elle en tient compte dans ses décisions à leur égard. Les décisions judiciaires sont établies tantôt pour adoucir les peines des condamnés bourgeois, tantôt pour empêcher la vie politique et sociale de membres actifs et militants issus des masses populaires organisées.
3. Seule la mobilisation populaire multiforme pourra faire pression sur l’appareil de dictature de la bourgeoisie pour empêcher que nos camarades soient perquisitionnés et emprisonnés pour leurs justes actions politiques.
Le concept « d’apologie du terrorisme » est instrumentalisé contre les soutiens les plus combatifs du peuple palestinien, alors que celui-ci subit actuellement, à Gaza et en Cisjordanie, les effets d’un véritable génocide de la part de l’Etat d’Israël. L’arrestation et la mise en accusation d’Omar Alsoumi prennent forme dans un plan de répression bien plus vaste et nationale contre les mobilisations du mouvement du 8 septembre 2025. Rappelons que des camarades syndicalistes, d’anciens gilets jaunes, des membres d’organisations de masse démocratiques, subissent également la répression, tantôt pour « outrage à agent » tantôt pour « acte de rébellion », etc.
C’est pourquoi le PCRF et l’UJC appellent à rejoindre les mobilisations organisées devant les tribunaux et les commissariats lorsque nos sœurs et frères de lutte sont traîné-e-s en justice par la bourgeoisie, pour démontrer et organiser notre soutien fraternel de classe avec tous les éléments populaires réprimés dans leurs luttes.
Le PCRF et l’UJC rappellent certains de leurs axes de lutte immédiats, dans le cadre de la lutte générale pour les droits et libertés démocratiques :
– Remise à plat des dizaines de lois et décrets sécuritaires et « antiterroristes » adoptés depuis 1986
– Contre la société de contrôle de masse : non aux caméras des lieux publics, à la vidéo surveillance, aux systèmes de traçage et d’algorithmes appliqués au contrôle des individus (« pass » etc…)
– Abrogation de la Constitution de la 5ème République et lutte pour une Assemblée émanant de formes de démocratie directe
Evènement organisé à Paris par le PCRF le 8 juin 2025