Lutter contre les violences faites aux femmes, c’est lutter contre le capitalisme et son patriarcat !
Le 25 novembre 2025, des milliers de femmes, et notre Parti Communiste Révolutionnaire de France, ont manifesté une année de plus pour affirmer leur détermination de lutte contre les violences sexistes et sexuelles (VSS). Depuis le 1er janvier 2025, 152 femmes ont été tuées parce qu’elles sont des femmes en France (décompte au 23 novembre 2025). Un viol ou une tentative de viol a lieu toutes les deux minutes trente en France en 2025. Dans neuf cas sur dix, la victime de VSS connaît son agresseur. 80 % des femmes salariées disent être régulièrement confrontées à des violences sexistes.
Dans le même temps, le gouvernement français, fraction de l’État bourgeois chargée de sa coordination, poursuit son projet de « réarmement démographique », tandis que les généraux appellent à préparer la population à « perdre ses enfants à la guerre ». Dans ce contexte, les violences sexistes et sexuelles en France apparaissent d’autant plus clairement pour ce qu’elles sont : un outil coercitif patriarcal visant à rappeler que le corps et l’existence des femmes ne leur appartiennent pas et qu’ils doivent répondre aux besoins antisociaux du capital.

Partout dans le monde, les attaques contre les femmes et leurs libertés, tant sexuelles que démocratiques, se multiplient. On observe que l’interdiction de l’IVG gagne de nouveaux territoires. On constate l’avancée de positions réactionnaires et religieuses à l’égard des femmes et des personnes LGBT+, positions qui s’implantent malheureusement au sein même de la classe ouvrière.
Notre parti considère qu’il est nécessaire d’affirmer son engagement résolu à lutter contre l’ensemble des formes d’oppression que subit la classe ouvrière dans toutes ses spécificités, ainsi que son engagement ferme à en finir avec le patriarcat.
Le 25 novembre tire son origine du triple féminicide des sœurs Mirabal, militantes progressistes luttant contre le fascisme en République dominicaine, assassinées parce qu’elles étaient militantes et parce qu’elles étaient des femmes. Par la suite, en 1981, des militantes féministes latino-américaines et caribéennes choisissent cette date comme journée de lutte contre les violences faites aux femmes. En France, la CGT et le PCF s’en saisissent dès 1990 pour se mobiliser chaque année. Ce n’est qu’en 1999 que l’ONU adopte officiellement cette date comme Journée internationale de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, en refusant toutefois d’en mentionner l’origine militante.
Nous devons être clairs sur les sources matérielles de ces violences et sur leur rôle dans la lutte des classes et l’exploitation de la force de travail au profit d’une minorité rapace : les bourgeoisies monopolistes de l’impérialisme mondial. Les sources matérielles de ces violences se trouvent dans le capitalisme développé à son stade impérialiste, source de tous nos maux.
Le capital, dans son accumulation, n’implique pas seulement son auto-valorisation pour le profit, mais nécessite également la reproduction des rapports de production : il lui faut reproduire la force de travail capable de retourner produire des marchandises pour le Capital. Accumulation et reproduction sont donc comprises dans le mouvement du Capital, sans quoi il ne peut persister historiquement dans la lutte de classes. La reproduction des rapports de production implique tout un ensemble de facteurs, dont la reproduction de la force de travail elle-même. En effet, le salaire étant valeur d’échange d’une force physique et intellectuelle capable d’un travail déterminé, sa fonction première est de permettre une valeur monétaire suffisante pour que la classe ouvrière puisse consommer les marchandises nécessaires à retourner au travail. Le salaire est donc le facteur premier de la reproduction de la force de travail.
En plus du salaire, la force de travail individuel a besoin d’un autre ensemble de facteurs : un environnement de vie au minimum sain pour retourner au travail, un cadre moral et affectif privé permettant de supporter l’exploitation, et même l’épanouissement sentimental et intellectuel. Ici, le salariat ne suffit plus, et le Capital mobilise donc par l’État tout un ensemble de mesures patriarcales visant à assurer une exploitation des femmes d’autant plus resserrée : le travail reproductif de la force de travail. Le travail domestique est nécessaire donc au capitalisme pour entretenir la force de travail, diviser la classe ouvrière, et ne pas avoir à payer l’intégralité de la reproduction de la force de travail en salaire par tout le travail privé gratuit des femmes. Si le Capital a besoin dans sa reproduction du patriarcat pour reproduire la force de travail, il va pourtant aussi intégrer parfois des masses entières de femmes au salariat lorsqu’une reprise du capitalisme le nécessite. Ce mouvement dialectique entre travail productif et reproductif ne peut s’assurer que par la violence organisée de la classe dominante. L’État bourgeois (police, armée, tribunaux, etc) est donc nécessaire dans la double exploitation patriarcale des femmes pour la bourgeoisie. Sans une organisation de la violence, afin de briser l’émancipation partielle des travailleuses et les ramener au travail domestique, tout comme les réintégrer au salariat massivement lorsque le capital le nécessite, ce mouvement est impossible. C’est dans cette violence organisée afin de répéter le mouvement d’un travail à l’autre, qui plus est diffusée dans la classe ouvrière et la divisant par-là, que l’on peut parler d’un patriarcat proprement capitaliste.
Les VSS sont donc l’ensemble des formes de violences que subissent les femmes tout au long de leur vie, des formes comprises dans leur pluralité (physiques, sexuelles, psychologiques, morales, économiques administratives, etc.), leurs liens et le contexte dans lequel elles s’exercent constituant une unité de contenu. Les VSS sont donc les armes de réassignation des femmes au travail domestique gratuit, afin maintenir le patriarcat nécessaire au capital.

Si le patriarcat est structurant dans toutes les sociétés de classes passées (esclavagisme et féodalisme) comme actuelles (capitalisme développé à son dernier stade impérialiste), il n’est cependant ni obligatoire ni naturel. Rien, dans la société humaine, ne l’est. Le parti de la révolution doit préparer ses rangs à éradiquer cette exploitation. Le socialisme, phase inférieure du communisme, est le seul mode de production en capacité d’éradiquer le patriarcat. Seule la planification de l’économie démocratique permet de socialiser le travail reproductif jusqu’ici privé et gratuit assignée aux femmes. Seule la dictature du prolétariat est le régime politique de classe en capacité de programmer la destruction du patriarcat.
En URSS, nous oublions trop souvent que les VSS étaient l’une des raisons principales de purges du PC(b)US en 1933, sous le nom « dégénérés moraux dont le comportement inconvénient discrédite le parti ». Dans toutes les expériences de construction du socialisme, on constate une avancée significative des conditions de vie des femmes par la planification démocratique de l’économie et la socialisation de l’économie secteur par secteur. Des fabriques-cuisines soviétiques, des usines à linges, en passant par l’alphabétisation intégrale (contre 80 % d’analphabètes avant la révolution soviétique d’octobre 1917), la révolution culturelle en URSS, premier État socialiste du monde fut concrète avec 43 % du total des spécialistes en 1947 qui sont des femmes ; 28 % de femmes à l’université en 1927, 49,3 % en 1939. Un million de femmes dans les services de santé (et 126000 physiciennes) contre 2000 avant la révolution ; 35000 femmes dans les instituts de recherche ; 48 % des membres des fédérations sportives sont des femmes (etc). En tout, 620000 femmes ouvrières ou paysannes avaient des responsabilités publiques. Dans 52 provinces, 202146 femmes furent élues comme assesseurs populaires (tribunaux qui traitaient des affaires civiles, divorce, conflits dans les entreprises…). Les femmes travaillent enfin comme les hommes et avec le même salaire à travail égal : leur nombre est multiplié par trois dans l’économie de 1929 à 1937 et par quatre dans l’industrie (31 % dans les machines-outils et métallurgie). La preuve est faite qu’emprunter le chemin vers l’émancipation des femmes est possible, le socialisme a montré la voix !
Le PCRF reconnaît les femmes comme l’une des « réserves révolutionnaires » en France ; c’est-à-dire que la révolution sociale en France doit se construire par et avec les femmes de la classe ouvrière et des masses populaires. Les fédérations et les membres de notre parti en construction doivent se jeter à fond dans la lutte contre le patriarcat, les 08 mars, les 25 novembre et toute l’année ! Nous préparons et finalisons notre dernière campagne « Accusons le capitalisme » qui est celle s’axant dans la lutte contre le patriarcat.
• Accusons le capitalisme, source de tous nos maux !
• L’enfance n’a pas de prix, crèches gratuites pour toutes et tous !
• A l’entreprise, au quartier, restauration collective !
• A bas l’esclavage domestique, socialisation !
• Égalité femmes-hommes, c’est le socialisme-communisme !
Révoltes paysannes : pour une agriculture populaire !