Pas de trêve pour les luttes !

La trêve de Noël n’a pas eu lieu.
En pleine lutte contre une réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron et son gouvernement selon la feuille de route des monopoles, le mouvement n’a pas faibli : le trafic à la SNCF et à la RATP était toujours aussi perturbé, et les travailleurs d’EDF et de l’industrie chimique poursuivaient leurs actions de protestation.

Le gouvernement a tenté de fissurer le front syndical en lâchant quelques vagues promesses aux syndicats réformistes : le syndicat UNSA ferroviaire (2ème syndicat à la SNCF) a alors appelé, au sortir de la réunion multilatérale du 19 décembre 2019, à une trêve lors de la période de Noël, et celle-ci ne fut pas suivie par la base, des cheminots de l’UNSA ayant répondu à leur leader : «  La trêve, c’est la défaite. » De plus, l’UNSA RATP (syndicat majoritaire à la RATP) a répondu, par la voix de son secrétaire général Laurent Djebali : «  S’ils veulent partir en vacances en haut, qu’ils y aillent, nous, on continue ! ».

Mais tout est bon, y compris le sabotage et les campagnes médiatiques d’instrumentalisation et de division, pour discréditer ceux qui luttent contre cette réforme profondément réactionnaire, injuste, et qui va toucher tous les travailleurs, actuels et futurs. Par exemple, les grands médias capitalistes ont parlé des « 6000 enfants privés de Noël » suite à la suppression du service « Junior & Cie » (service d’accompagnement des mineurs). Or rappelons que les places des utilisateurs de "Junior & Cie" sont vendues par un centre d’appels privé, et ne font donc pas partie des billets vendus directement par la SNCF. De plus, «  ce service est externalisé et donc non assuré par les cheminots  », selon la CGT, qui a fait la démonstration qu’il s’agit d’un «  acte de sabotage délibéré qui n’est pas du fait des grévistes et qui instrumentalise les enfants et leurs familles pour tenter de discréditer ceux qui luttent pour le progrès social  ».
On voit jusqu’où va la détermination du gouvernement Philippe pour faire adopter son projet de loi pourtant massivement rejeté par les travailleurs.

Il faut dire que, pour la bourgeoisie, l’enjeu est de taille : la baisse des pensions et le recul de l’âge de départ induits par le système de retraite à points ont clairement pour double objectif de réduire la part de salaire socialisé que constitue une pension, et de favoriser la capitalisation des retraites vers les fonds de pension souhaitant capter l’épargne des travailleurs. Les révélations de Médiapart sur les liens étroits entre le gestionnaire d’actifs BlackRock et le pouvoir (Larry Fink, son cofondateur et président, et Jean-François Cirelli, président de sa filiale française, sont reçus très régulièrement à l’Élysée, et ils ont maintes fois dit leur admiration pour la politique anti-sociale du tandem Macron/Philippe...) prouvent la visée essentielle du projet Delevoye, à savoir l’ouverture, en France, d’un important marché pour les différents gestionnaires d’actifs gérant leurs propres fonds de pension. Emmanuel Macron ne s’en est pas caché, puisqu’il souhaite que «  l’épargne des Français irrigue massivement nos PME » (Le Figaro, 25 juillet 2018), afin de « développer une forme de fonds de pension à la française » pour « financer cette innovation [les start-up] très vite, très fort  » (L’Opinion, 24 juillet 2019).

La France, 6ème puissance économique mondiale, a évidemment les moyens de financer le système de retraite par répartition. Mais les mesures d’exonération prises par les gouvernements précédents et actuels (Crédit impôt recherche, CICE, suppression de l’ISF, « flat taxe », etc.) et la fraude fiscale organisée des grands monopoles et du patronat sont responsables de l’apparent déficit du système de protection sociale, qui justifie l’asphyxie de l’Hôpital public, les mesures drastiques à l’encontre des chômeurs et le projet de réforme des retraites. N’oublions pas aussi de mentionner que le budget militaire bénéficie de la plus forte hausse des crédits dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2020. La France n’a pas les moyens de financer les services publics, les retraites ou la Sécurité sociale ; mais elle a les moyens de financer des opérations militaires au Nigeria, au Mali ou encore en Syrie. La guerre ne profite qu’aux monopoles et non pas au peuple travailleur.

Aujourd’hui, les combats pour la défense de la retraite par répartition, de la Sécurité sociale, des services publics, contre la précarité et le chômage, tous ces combats ne forment qu’un seul et même combat : celui des masses laborieuses contre le capitalisme, la bourgeoisie monopoliste et sa dictature de classe.

La question de l’alternative à cette société capitaliste se fait toujours plus pressante : le PCRF revendique le socialisme-communisme, société dans laquelle le prolétariat allié aux autres couches laborieuses renversera révolutionnairement le capitalisme et le pouvoir de la bourgeoisie monopoliste ; une société dans laquelle les moyens de production et d’échange seront socialisés (donc expropriés des mains de la bourgeoisie monopoliste, puis élevés au rang de propriété collective du peuple travailleur), et la production gérée selon une planification centralisée et démocratique.

Le Parti Communiste Révolutionnaire de France apporte son soutien fraternel au grand mouvement contre la réforme des retraites ; il appelle à amplifier ce mouvement, à défendre et à renforcer dans l’action l’unité des travailleurs et travailleuses face à toutes les tentatives de division, pour la défense du droit à la retraite, pour les services publics, pour les droits démocratiques, pour la paix !

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