Passe vaccinal et hôpital public saccagé : capitalisme responsable et coupable !

Déclaration du Parti Communiste Révolutionnaire de France

Alors que la « vague Omicron » est arrivée en France début décembre 2021, Macron et le gouvernement Castex ont fait le choix d’accélérer et de durcir les mesures sanitaires dans une unique direction : celle de l’obligation vaccinale induite par la transformation du « passe sanitaire » en « passe vaccinal ».

Le 6 janvier 2022 au petit matin, l’Assemblée nationale a adopté en première lecture, au pas de charge, le projet de loi instituant ce document officiel attestant qu’une personne a bien reçu un schéma vaccinal complet contre la Covid-19, à présenter pour accéder aux activités de loisirs et de culture, aux restaurants, aux bars, aux séminaires, aux salons professionnels, aux transports inter-régionaux, aux salles de sport, aux cinémas, voire aux centres commerciaux et aux grands magasins sur décision du préfet. À cette mesure s’ajoutent le contrôle possible de l’identité par les responsables des lieux soumis au passe vaccinal, et des sanctions renforcées contre les faux passes.

Ces nouvelles péripéties dans la gestion de la crise sanitaire confirment l’analyse qu’a faite le PCRF depuis le début de la crise : le souci premier de l’Etat bourgeois, sous le gouvernement Macron/Castex, n’est nullement la préservation de la santé de sa population, mais d’une part la sauvegarde des profits de ses monopoles et d’autre part la tentative de camoufler les effets de la casse du système de santé, aggravée sous le quinquennat de Macron. Bien sûr, cette obligation vaccinale déguisée est l’occasion d’ouvrir une "fenêtre" de violation des droits constitutionnels (même dans le cadre constitutionnel des libertés bourgeoises), de généralisation ou d’opportunité de mesures à l’encontre des travailleurs.

Depuis près de deux ans, les décisions de ce gouvernement ont été exclusivement fondées sur la privation de libertés (état d’urgence, confinement, couvre-feu, passe sanitaire, passe vaccinal…), permettant à la fois le déploiement d’un contrôle social généralisé à l’aide des nouvelles technologies et l’absence de contrôle effectif des pratiques d’exploitation patronale ; des décisions fondées aussi sur la seule responsabilisation individuelle, sur la désignation de boucs-émissaires (les « non-vaccinés » seuls coupables, qu’un Président de la République veut « emmerder », comme les privés d’emploi sont coupables du chômage ou les pauvres de la pauvreté !), sur l’obsession vaccinale… ; le tout accompagné de revirements à répétition, de mensonges, de discours alarmistes irrationnels abondamment relayés par les médias dominants.

Mais depuis deux ans, ce gouvernement a laissé l’hôpital public se délabrer davantage, à tous les niveaux  : moyens matériels et financiers, recrutement de personnels soignants, revalorisation salariale pour améliorer l’attractivité des métiers médicaux et paramédicaux et les conditions de travail, réquisition des établissements privés, etc. ; rien n’a été ni anticipé ni compensé dans ces secteurs du système de santé, et les fermetures de lits, les démissions de personnels soignants, les déprogrammations de soins se multiplient. Où en est la recherche sur les SARS-Covid (premiers « coronavirus »), dont les budgets ont été coupés dès le début des années 2000, mettant en difficulté toutes les solutions réelles… ? Pourquoi les pays du Tiers-monde, comme ceux de l’Afrique par exemple, n’ont-ils pas accès aux vaccins (trop chers), alors que la multiplication de variants, ainsi favorisée, laisse planer le risque de nouvelles vagues ? N’est-il pas symbolique que le gouvernement Macron mette 48 heures pour envoyer en Guadeloupe 250 gendarmes, agents du RAID et GIGN, pour réprimer les luttes sociales, alors qu’il a mis cinq semaines pour envoyer des bouteilles d’oxygène au plus fort de la crise sanitaire ?

L’impression de gabegie s’est encore accrue ces dernières semaines, avec les fluctuations du protocole sanitaire à appliquer dans les établissements scolaires : là aussi, des injonctions contradictoires, données par voie de presse le dimanche soir pour le lundi de reprise, aucune prévention en termes de recrutements de personnels, de matériel de protection (masques, capteurs de CO2), aucune consultation des personnels, dont beaucoup (les directeurs et directrices d’école, notamment) se disent submergés et en souffrance… L’ « Ecole ouverte » de Blanquer, c’est d’abord de l’école-garderie pour que les parents puissent aller bosser. C’est pourquoi le PCRF soutient totalement la grève du 13 janvier et les revendications portées par les organisations syndicales de cet appel.

Au-delà de ces constats, le PCRF affirme que cette gabegie vécue douloureusement par des millions de travailleurs et de jeunes n’a rien de conjoncturel, même si les incompétences et le mépris de classe, au sein du gouvernement Macron, accentuent ce phénomène. Fondamentalement, la gabegie, la navigation à vue, les incohérences, les mesures de division, la casse des services publics, les politiques autoritaires et liberticides, sont inévitables dans un régime capitaliste, puisque tout est orienté vers la satisfaction d’intérêts privés, ceux de la classe au pouvoir, qui n’a qu’une obsession : le maintien et l’augmentation des profits. Sanofi, monopole français bien connu, annonce environ +20 % de son chiffre d’affaires et a multiplié les acquisitions : les biotechs américaines Kadmon, pour environ 1,6 milliard d’euros, Translate Bio pour 2,7 milliards, Amunix Pharmaceuticals pour plus d’un milliard ou encore la société autrichienne Origimm Biotechnology. Le chiffre d’affaires de Pfizer s’élève désormais à 100 milliards de dollars, deux fois plus qu’avant la pandémie.

En 2021, les actionnaires n’ont jamais autant touché de dividendes  : 52 milliards d’euros versés en 2021, plus 16 milliards d’euros de rachats d’actions. Quant aux entreprises technologiques..., Apple vient de dépasser 3000 milliards de capitalisation boursière, du jamais vu…
De l’autre côté, l’exploitation au travail s’est accentuée à travers de nouvelles formes d’organisation grâce au numérique par exemple, de nouvelles possibilités juridiques d’accords d’entreprises défavorables aux ouvriers (durée de travail, cadences...), de nouvelles normes antisociales, des réformes contre les droits des travailleurs (assurance-chômage, médecine du travail, accidents du travail…).
La cause de nos souffrances sont bien les lois du capitalisme avec la propriété privée des usines, laboratoires, banques, moyen de production, avec la concurrence et l’anarchie de la production, le profit maximum… Il est impossible d’organiser la société harmonieusement et dans le sens des besoins de la population dans le cadre des rapports sociaux capitalistes.

Développer un système de santé publique répondant aux besoins de toutes et tous, lutter efficacement contre les épidémies par la recherche, le recours généralisé et gratuit aux traitements et vaccins validés par la science, prendre des mesures de protection adaptées, tout cela nécessite des moyens énormes et une organisation sociale, que seules une socialisation des moyens de production et une planification sous le contrôle des travailleurs peuvent assurer. Dès maintenant, les victimes du capitalisme peuvent se rassembler autour d’axes de luttes et d’outils comme ceux de la campagne pour la santé « Accusons le capitalisme ! », à retrouver sur le site ICI

Notre Parti soutient les luttes du secteur de la santé comme celles du 11 janvier. Les luttes massives, auxquelles s’associent pleinement les communistes que nous sommes, peuvent arracher des concessions à l’Etat bourgeois, mais dans la situation de crise où nous nous trouvons, il nous faut penser au renversement de ce système d’exploitation qui barre totalement la route du progrès social et humain. Y penser, s’organiser avec les forces du mouvement ouvrier, et avec le Parti Communiste Révolutionnaire de France pour construire le chemin de la révolution socialiste pour le communisme.

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