Police et trafiquants...

Le mois dernier, le meurtre d’un policier par un trafiquant de drogue a occupé les médias en boucle, surfant sur l’émotion et la manifestation de policiers contre une justice trop laxiste, les déambulations politiques de Roussel en passant par Darmanin, De Villiers, Zemmour et le RN.

Mais quelles sont les questions de fonds et que les marxistes ne peuvent pas évacuer, s’agissant des violences et de la délinquance ?
Le capitalisme reste indissociable des diverses oppressions nationales et ségrégatives de classe. La France a été une grande puissance coloniale avec le recours aux guerres pour tenter d’écraser le mouvement de libération nationale. Ces guerres coloniales conduite au nom de « l’unité de la nation » ont engendré des tendances racistes, chauvines y compris dans certains secteurs du mouvement ouvrier français et une tradition aggravée de violences de classe. Aujourd’hui 9200 soldats continuent de mener les guerres de l’impérialisme français avec Rafales (bientôt 129 opérationnels), porte-avions, blindés ... La France, sous l’égide de ses gouvernants bourgeois de droite et de gauche, est devenue un pays de ségrégation et de discrimination nationale et raciale. Une telle situation est grosse de révoltes, de colères. La bourgeoisie monopoliste encadre les jeunes sans emploi des cités par les opérations de police, les contrôles incessants d’identité, les arrestations parfois arbitraires, des violences et impunités de la police. Récemment, des plaintes en action de groupe contre le contrôle au faciès ont été lancées par des associations. De plus, depuis Sarkozy, a été mise en avant une politique de communautarisme, en poussant les chefs cléricaux à encadrer la population. La loi sur le séparatisme en est un prolongement.

Contrairement aux manifestants politiciens et policiers du 19 mai, nous relions les questions de sécurité de la population à l’analyse de classe.
La délinquance est le produit de l’exclusion et de la misère sociale, de l’absence de perspectives personnelles mais surtout collectives, elle dérive aussi du parasitisme de certaines activités économiques. L’impérialisme recherche le maximum de profits par tous les moyens, par tous les marchés : le trafic de vie humaine, trafic de drogues, ventes illégales d’armes, proxénétisme sur les jeunes filles et les jeunes garçons, voire enfants. En France, les trafics ont rendu addicts 5 millions de personnes au canabis (2 millions de réguliers), 100000 à la cocaïne. Pour 10 millions de fumeurs de cigarettes, regardons combien de bureaux de tabac alimentent le réseau, imaginons donc combien de points de trafics de drogue existent ! Il y en a donc partout avec leur chef de réseau et leurs mains d’œuvre exploitées en bas de l’échelle comme sous le capitalisme, tandis que les chefs de réseaux, eux, font fortune.
Par ailleurs, les médias capitalistes diffusent grâce aux chaînes télévisuelles un véritable culte de l’enrichissement individuel par tous les moyens, les loft story, la Maison ou Koh-lanta ont remplacé les jeux du cirque, avec la même fonction : sortir individuellement et contre les autres de sa condition d’esclave.
Il est par ailleurs connu de tous comme de la police que les armes détenues par ces trafiquants ne sont pas utilisées contre les forces de l’ordre, mais contre les autres trafiquants et c’est à celui qui aura la plus grosse pour protéger son marché, son territoire de vente. Un meurtre de policier comme à Avignon est donc très rarissime. On est très loin de la soi-disant militarisation des trafiquants dénoncée par les politiciens bourgeois. En outre, la communication faite autour des saisies de marchandises de drogue n’a quasiment aucun effet sur les réseaux de trafiquants, car la marchandise est fabriquée en immense quantité et pour rien dans des centres de production et de circulation planétaire identifiés. La police, c’est la chasse aux petits dealers ; en réalité, les communistes jugent qu’il faut s’attaquer à la source des trafics, à la politique criminelle des États impérialistes, aux narco-États, le premier de ces États étant celui des États-Unis qui, dès l’invasion de l’Afghanistan, a autorisé la culture de pavots pour l’opium, la morphine, l’héroïne ! Récupérer les biens des trafiquants millionnaires, récupérer leurs comptes en banque qui blanchissent l’argent, voilà une politique efficace ; mais cela n’arrivera pas sous le capitalisme justement.

Les grands trafiquants, voilà les fauteurs réels d’insécurité et comme ce sont des notables bourgeois, devenus chefs d’entreprises ou avec des comptes dans les monopoles bancaires, les médias et pouvoirs publics ne s’attardent que sur la « petite délinquance ».
Notre Parti dénonce l’amalgame cité/banditisme, et les sources du crime organisé se trouvent plutôt dans les beaux quartiers ! Même si bien sûr, les petites mains des trafics divers vont se trouver plus facilement chez les « exclus ». 
Parmi nos axes de luttes, nous nous battons pour une politique de prévention en donnant priorité au budget de l’éducation nationale en travaillant à la gratuité de l’école et du soutien scolaire, en combattant la mainmise patronale sur l’école, en facilitant l’accès à des emplois publics pour tous les jeunes non ou peu diplômés, en combattant résolument toutes les discriminations et autres chasses au faciès, pour l’égalité des droits dans tous les domaines !
Nous condamnons la dérive sécuritaire qui assimile tout jeune des cités au lumpenprolétariat.
La face trop ignorée des cités, c’est le travail permanent qui est accompli par ses habitants eux-mêmes souvent sans moyens. Cahiers revendicatifs, crèches organisées par les femmes au foyer, cours d’alphabétisation (il n’y a pas que des écoles religieuses comme veut le faire croire la loi sur le séparatisme) ; oui nous sommes solidaires des habitants des cités pour leur droit à mieux vivre au quotidien, pour l’égalité des droits y compris citoyens, pour la création de services publics de proximité. Quant aux jeunes sans emploi, on ne saurait exiger d’eux qu’ils aient la conscience de classe « révélée » : matérialistes, nous savons que ce n’est pas possible sans lien avec la production. Les syndicalistes de classe, les marxistes-léninistes doivent se battre dans leur syndicat, association, afin de conduire la bataille pour le droit à l’emploi des jeunes des cités, leur droit une école de qualité, la prise en compte par des actions du refus de toute discrimination ségrégative et raciste.

Les questions de sécurité ne seront finalement jamais résolues sous le capitalisme. Notre Parti a la tâche de montrer ce qu’était le socialisme en URSS où le chômage a été banni avec l’exploitation et la misère, prendre appui sur les réalisations démocratiques du socialisme pour organiser au plus près la vie des gens. 
En URSS, en 1921, suite à la guerre civile, près de 6 millions de jeunes délinquants crevant littéralement de faim menaçaient la sécurité de nombre d’habitants. Seul le socialisme a pu engendrer et engendrera des pédagogues et éducateurs comme Makarenko, qui a œuvré à la rééducation de la majorité écrasante de ces jeunes afin d’en faire des constructeurs conscients et dévoués de l’édification du socialisme-communisme. Beaucoup sont tombés en héros lors de la Grande guerre patriotique contre les hordes fascistes d’Hitler. 
Nous avons la même confiance et la même fermeté envers ces jeunes. 

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