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Révoltes paysannes : pour une agriculture populaire ! - Parti Communiste Révolutionnaire de France

Révoltes paysannes : pour une agriculture populaire !


Le monde agricole est dans les rues un peu partout en Europe : la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, l’Irlande, la Belgique, l’Espagne, la Grèce sont les théâtres de manifestations massives d’agriculteurs en colère. En colère contre l’accord UE-Mercosur qui conduirait à la réduction massive des droits de douane et à des importations tout aussi massives. Ce sont des accords entre cartels impérialistes qui ne bénéficient qu’à l’agro-business. A cela s’ajoute la crise de la dermatose nodulaire, avec des troupeaux entiers décimés sur ordre de l’État à la consternation des éleveurs. Des syndicats d’agriculteurs dénoncent à la fois l’abattage systématique et l’absence de compensation suffisante. On ne peut que s’interroger sur cette pratique qui soulève à la fois la colère des éleveurs et des questions du même ordre que lors de la crise de la vache folle ou des épizooties de pestes aviaires, où la décimation des troupeaux et élevages auront été le marqueur de l’incurie de l’ensemble du système capitaliste. La recherche scientifique sur les traitements et vaccins a fait les frais de la politique d’austérité qui impacte durement l’ensemble du peuple travailleur, ouvriers, agriculteurs et éleveurs.

Certains ont stigmatisé à juste raison la FNSEA, dont le président Arnaud Rousseau, oligarque agrarien, possède une exploitation intensive de 700 hectares, et à ce titre touche plusieurs fois la « surprime PAC » d’argent public attribué aux premiers 52 hectares. Il est PDG et ou actionnaire de nombres d’entreprises, dans les oléagineux et oléoprotéagineux (huiles Lesieur, Puget, Isio-4), dans l’agrocarburant, cumulant une ribambelle de mandats comme Saipol, Sofiprotéol, Groupama, Crédit-Mutuel et autres SCEA. Il a des intérêts au Brésil sur la filière viande bovine. Ce qui explique son approbation de l’accord EU-Mercosur. Cette filière via Salus Group, Avril, s’implique dans la nutrition animale, des additifs etc. ; Oleon Brasil S.A œuvre dans l’oléochimie en lien avec les matières agricoles... Ce gros agrarien est particulièrement intéressé au développement de ses entreprises à l’international (caractéristique de l’impérialisme). La FNSEA ne défend donc que les intérêts des gros capitalistes de l’agriculture mais non la paysannerie.

Le droit de produire et de vivre de ses produits des petits agriculteurs et petits éleveurs s’oppose à celui du marché dit libre et des gros agrariens. 

Les lois économiques du capitalisme-impérialisme imposent à la fois la concentration (entreprises, fermes, terres, etc.), la course à la productivité qui génère la surproduction et l’anarchie de la production, la mévente et l’endettement qui conduisent systématiquement à cette crise.

Cette politique, poursuivie en France depuis 80 ans, a été de pousser à l’agriculture intensive avec de hauts rendements en ayant recours aux emprunts, aux engrais et pesticides, à la spécialisation régionale, ce qui ruinait au fur et à mesure les entreprises familiales affaiblies par les dettes et la concurrence des gros agrariens. Il en découle la disparition de nombreuses exploitations : 100 000 de moins entre 2010 et 2020 et 40 000 de moins entre 2020 et 2025 avec 349600 fermes, et leur taille moyenne passe de 55 à 93 hectares, le nombre de fermes de 200 hectares et plus progresse de 2,8%, et cela profite à des gens comme A. Rousseau... Le capitalisme n’est que la liberté d’exploiter et de polluer toujours plus dans un monde en guerre économique permanente. La France se situe au 6ème rang comme exportateur mondial de produits agricoles et agroalimentaires (selon FranceAgriMer), le chiffre d’affaires total étant de 92,7 milliards € hors les subventions en 2025.

Nous n’y trompons pas : le capitalisme-impérialisme français se porte bien, il n’y a que ceux qui travaillent, ouvriers et paysans, en usine, entreprises, sur les terres, qui subissent la précarisation du travail et de la vie... Rappelons aussi que le salariat agricole, français et non français, est encore moins bien loti : les conditions de travail dégradées, les salaires insuffisants, les heures supplémentaires souvent non payées, et la syndicalisation y est encore trop faible.

Sous le capitalisme, dans ce libre marché avec la concurrence et la loi du profit maximum, il n’y aura jamais une agriculture saine de qualité et en quantité nécessaire et à bas coût. Il n’y aura jamais de revenus garantis ni de vrais jours de repos hebdomadaires ni de vacance pour la paysannerie.

L’inégalité de développement entre les États et à l’intérieur de ceux-ci au sein de la paysannerie créent les conditions de la crise. L’anarchie de la production, le productivisme qui génère la surproduction, dont le gaspillage, la loi du plus fort, c’est-à-dire du plus riche, débouchent sur la situation scandaleuse où, disposant des moyens de plus en plus perfectionnés pour produire plus et mieux en préservant à la fois l’environnement et la santé, nous voyons une grande partie de l’humanité être en sous-alimentation, ou souffrir de famines et de malnutrition. Et d’un autre côté, une minorité peut se nourrir avec des aliments de qualité sains, équilibrés. Contradiction en France et donc dans les pays impérialistes, où les gros agrariens s’en mettent plein des poches d’aides, de subventions publiques, tandis que des petits producteurs sont lésés par cette loi économique du plus fort. Ils doivent vendre leur production sur le marché dominé par ces gros agrariens et les monopoles de la chimie de l’agro-alimentaire et de la distribution, ces derniers imposant leurs règles (le « laisser-faire ») et leurs prix. Cette situation et ces contradictions sont propres au mode de production capitaliste. Nous alertons aussi sur l’illusion proudhonienne de l’idéalisation du petit producteur. Cette contradiction ne sera résolue que sous le socialisme par la socialisation et la collectivisation de la terre, la mise en commun des moyens et outils de travail les plus modernes gratuitement fournis aux paysans.

La première urgence reste l’annulation des dettes des agriculteurs, viticulteurs, éleveurs auprès des monopoles bancaires. Nationalisation de la Banque de France avec redéfinition de ses missions, et totale indépendance vis-à-vis de la BCE. Banques et organismes de crédits doivent être démocratisés et assurer la protection du cheptel et des cultures contre les aléas climatiques et les épizooties et autres dégâts qui doivent être pris en charge socialement par l’ensemble de la société.

La bureaucratie administrative bourgeoise doit être combattue, les circuits simplifiés. Nous sommes contre les diktats de l’Union Européenne et nous proposons la fin des quotas de toute nature : les besoins alimentaires de la planète ne sont pas pourvus, aucun quota ne peut être accepté. La recherche scientifique agricole est partie intégrante du développement harmonieux des productions. Nous proposons le doublement de son budget. Tandis que la santé et l’alimentation sont des préoccupations légitimes mais souvent récupérées par les monopoles dans le but d’un profit maximum, il nous faut lutter contre la « mal bouffe », pour la transparence des informations sanitaires pour tous les produits vendus d’où qu’ils viennent. Face à l’importance de l’agriculture en général, de l’interdépendance positive des cultures, des élevages, de la nature et des hommes, ceux qui travaillent la terre le savent bien : l’homme et la femme ne sont pas des ennemis de la nature, mais ont vocation à connaître et à maîtriser ses lois pour mieux vivre en harmonie avec elle ; c’est bien l’ensemble de la population qui est légitime à s’emparer de ces questions de développement et d’aménagement du territoire et non quelques décideurs au service d’une oligarchie financière capitaliste.

Ces développements harmonieux nécessaires, agriculteurs et éleveurs les réussiront dans le respect de la nature qu’ils connaissent bien. Empoisonner la terre, l’eau, les animaux et les humains ne fait pas partie de l’esprit paysan. Produisons localement ce dont nous avons besoin, grâce aux progrès des sciences et des techniques, freinés ou détournés par le capitalisme, nous produirons plus, dans le respect de la nature et des ressources naturelles, et ainsi nous combattrons le chômage, la précarité qui gangrènent notre pays.

Ouvriers et paysans, même combat même objectif : détruire le capitalisme !

Le modèle capitaliste-impérialiste est obsolète et doit être remplacé par le seul qui garantisse à la fois une production de qualité en quantité suffisante pour la population et des revenus garantis et la sécurité sociale pour toute la paysannerie.
Nos propositions et axes de lutte, sont impossibles sans que les paysans et ouvriers « tous ensemble » soient mobilisés massivement. Les paysans ont un pouvoir de lutte et de rapport de force de premier plan et ils l’ont prouvé ces derniers jours. Dans un processus révolutionnaire, les masses en lutte, par leur créativité, pourront par exemple initier la mise en place de comité ruraux démocratiques, tout comme dans les villes des comités de quartiers, avec pouvoir budgétaire. Seule la lutte de la paysannerie et du prolétariat unis, organisée avec un Parti Communiste Révolutionnaire contre la bourgeoisie et son État, nous libérera de l’exploitation capitaliste.

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