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Sainte-Soline : NON au projet de méga-bassines et NON à la répression policière - Parti Communiste Révolutionnaire de France

Sainte-Soline : NON au projet de méga-bassines et NON à la répression policière

L’accentuation de la crise environnementale et l’aiguisement de la répression de l’appareil d’État des monopoles vont de pair. Le 25 mars dernier, une manifestation a eu lieu à Sainte-Soline (79) contre un projet de mega-bassines, des bassines géantes creusées dans la terre pour stocker l’eau qui sera utilisée pour irriguer les cultures en été quand les précipitations se raréfient.

Ce sont des retenues d’eau creusées dans le sol à une dizaine de mètres de profondeur, à l’apparence de piscine géante et généralement implantées au milieu des champs. D’ailleurs elles peuvent mesurer jusqu’à l’équivalent d’à peu près dix terrains de football, et atteindre l’équivalent en profondeur de 300 piscines olympiques. Au fond de ces structures se trouve une bâche en plastique et des kilomètres de tuyaux sous terre. L’idée est de pomper les nappes phréatiques pour assurer une irrigation suffisante des cultures. Le projet de construction de ces mega-bassines dans les Deux-Sèvres est porté par quelque 450 agriculteurs regroupés au sein de la Coopérative de l’eau, une société coopérative et anonyme créée en 2011 à l’initiative de la Chambre d’agriculture du département et de Coop de France Poitou-Charentes, et financé par l’État à hauteur de 70%. Il consiste à implanter 16 bassines sur l’ensemble des Deux-Sèvres. À cause de son impact environnemental catastrophique, ce projet rencontre une forte opposition des militants écologistes et d’une partie des agriculteurs. Cependant la répression a commencé à frapper avant même le début de la manifestation du 25 mars : la manifestation a été interdite, et le gouvernement a procédé à une opération massive de répression. Réunissant 30 000 manifestants, la mobilisation avait commencé très calmement jusqu’à ce que la tête du cortège ait subi des tirs de grenades lacrymogènes à l’approche de la méga-bassine. C’est là que la répression a commencé avec des policiers qui ont filé à toute allure en escadron de quad à travers champs avec usage de LBD. D’autre part la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), qui avait envoyé des observateurs sur place, a fait état de « plusieurs cas d’entraves aux secours » de la part de la police. « Les observations faites sont bien éloignées des discours officiels sur la violence des manifestants » selon son comité régional Poitou-Charentes. Les réactions politiques n’ont pas attendu : Gérald Darmanin a parlé d’un « déchaînement de violence […] absolument inexcusable » à cause des « blacks bloc, [des] gens de l’extrême gauche, [des] gens de l’ultragauche. » Aussi lui et Elizabeth Borne, qui a dénoncé « des actes inacceptables » et « l’irresponsabilité des discours radicaux qui encouragent ces agissements », se sont attaqués à la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) et ont annoncé vouloir dissoudre « les Soulèvements de la Terre. » Avec le caractère « historique » de cette mobilisation selon les organisateurs, cette mobilisation contribue au débat sur la crise climatique.

Ce projet d’implantation de mega-bassines, présentés comme pour soutenir l’activité agricole durant les épisodes de sécheresses, contribue activement pourtant à accentuer la crise climatique actuelle. Tout d’abord et comme dit plus haut, leur alimentation nécessite des opérations de pompage dans des nappes phréatiques ou des cours d’eau. Même s’ils ont lieu en hiver, ces pompages accentuent la pression sur les ressources en eau alors que les nappes phréatiques peinent actuellement à se reconstituer suite à la sécheresse. D’autre part, les mega-bassines ont un impact catastrophique sur les écosystèmes car, en stockant une eau qui se serait infiltrée dans les sols ou aurait ruisselé dans les cours d’eau, elles privent les écosystèmes locaux d’une ressource vitale, la transformant en eaux stagnante s’évaporant et se dégradant et avec des pertes quantitatives par évaporation se situant entre 20% et 60%. Pour finir, ces mega-bassines traduisent la volonté du gouvernement et de leurs donneurs d’ordre, les monopoles et particulièrement ceux de l’agro-alimentaire, à maintenir le modèle d’agriculture intensive et utilisant massivement des engrais, pesticides et herbicides. Modèle de production agricole fondé sur l’utilisation massive de produits chimiques afin d’accroitre le rendement de la terre, il se révèle être toujours plus responsable de l’intensification de la crise climatique, de la destruction des écosystèmes, de l’augmentation des prix des denrées alimentaires et de la dégradation de leur qualité. N’oublions pas que ce modèle appauvrit la terre, la pollue et l’assèche. Il favorise également la déforestation et l’apparition de zoonoses, comme celles de la grippe aviaire ou encore la maladie de la vache folle. Pour finir, le développement de ces mega-bassines traduit l’évolution de la propriété de l’eau au profit des grosses exploitations et des monopoles de l’agroalimentaire. Pourtant la science met à disposition des solutions réelles pour la maîtrise et la gestion de l’eau mais ces solutions sont bridées, détournées ou empêchées par les lois économiques du capitalisme comme celle du profit maximum. Le problème est ainsi identifié.

Le capitalisme-impérialisme démontre encore une fois qu’il n’est pas la solution mais LE problème. Fondé sur la propriété privée des moyens de production et d’échange, l’exploitation toujours plus féroce du travail salarié et l’accroissement continue des profits des parasites capitalistes dans le cadre d’un environnement toujours plus concurrentiel, ce mode de production saccage les écosystèmes, dégradant la qualité de notre alimentation et de l’eau au bénéfice des profits des monopoles. En conséquence, l’inflation des prix de l’alimentaire s’accroit, les catastrophes naturelles et les épisodes de sécheresse s’intensifient, allant de pair avec la répression de l’appareil d’état des monopoles à mesure que la crise générale et systémique du capitalisme-impérialisme s’intensifie. Et les travailleurs avec l’ensemble des couches populaires en sont les premiers touchés.
Une politique alternative, protectrice des écosystèmes et des conquêtes démocratiques des travailleurs est possible et durable dans une autre société à bâtir, le Socialisme-Communisme. Fondé sur la propriété collective de tous les moyens de production et d’échange entre les mains de tous les travailleurs de la société, sur leur appareil d’État bâtit sur les ruines de celui de la bourgeoisie des monopoles, et sur une planification centralisée et démocratique de la production pour satisfaire aux besoins des populations et des territoires, ce nouveau mode de production permettra de répondre aux enjeux se posant actuellement aux travailleurs et à la société humaine.

L’exemple soviétique le démontre. La collectivisation des campagnes menée dès 1928 a permis une agro-écologie et avec une baisse continue des prix alimentaires. Une nouvelle étape avait été franchie en 1948 avec l’adoption du « Grand Plan pour la Transformation de la Nature », le plus grand projet agricole et écologique de l’Histoire, qui prévoyait de lutter contre la sécheresse grâce à l’implantation de bandes forestières protégeant les cultures des vents secs, augmentant le taux d’humidité des sols et améliorant leur fertilité. La construction de canaux d’irrigation et de barrages hydroélectriques en faisaient aussi partie. Devant durer 15 ans, le projet fut abandonné par l’arrivée au pouvoir de Khrouchtchev au profit d’une agriculture intensive utilisant abondamment engrais et produits pesticides et herbicides. Il y a aussi Cuba qui, après la très grave crise économique de 1992 suite à la contre-révolution bourgeoise en URSS, s’est lancé dans l’agriculture urbaine (dans les villes !) avec les organopónicos, consistant en des parcelles de terres séparées par de bas murs de béton, remplies de matière organique et de sol vivant et comportant des lignes de micro-irrigation posées en surface. En 2009, plus de 35 000 hectares de terres sont utilisés pour l’agriculture urbaine uniquement à la Havane. Et on dénombrait à Cuba 400 000 organopónicos produisant 1,5 million de tonnes de légumes sans pesticides ou engrais chimiques.
Pour finir, la liberté d’association et de manifestation était garantie en URSS. Selon l’article 125 de la constitution de 1936, « la liberté de cortèges et démonstrations de rue » était garantie aux travailleurs et la réalisation était assuré « par la mise à la disposition des imprimeries, de stocks de papier, des édifices publics, des rues [et] des services des PTT. » Aussi d’après l’article 2, « tout le pouvoir en URSS appartient aux travailleurs […] en la personne des soviets […]. ». L’autocritique et la critique à tous les étages, du ministère jusqu’aux syndicats et soviets sont la colonne vertébrale du pouvoir des prolétaires, le moteur du développement socialiste. Cela implique un combat permanent du Parti contre les tendances bureaucratiques qui tentent d’étouffer ou de minimiser la critique émanant de la base, voire de minimiser le rôle des ouvriers d’avant-garde qui bousculent la routine.

Toute la démarche du Parti Communiste Révolutionnaire de France (PCRF), notre parti repose justement sur la démonstration auprès des travailleurs que seul le Socialisme-Communisme permettra de répondre aux aspirations de la classe ouvrière et des couches populaires et de résoudre les enjeux qui se posent actuellement à la société humaine. C’est pour cette raison que nous avons lancé les campagnes « Accusons le capitalisme » avec leurs axes de lutte et notamment celles « contre la vie chère », pour la baisse des prix des matières de consommation courante en opposition aux faibles salaires et à la hausse de la précarité, et « pour les libertés démocratiques », pour l’interdiction des « flashballs » et autres grenades de désencerclement, pour l’abrogation du « nouveau schéma national du maintien de l’ordre » et de la nasse, contre les violences et impunités policières, pour l’abrogation de la Constitution de la 5ème République et une assemblée émanant de formes de démocratie directe des travailleurs.

Notre Parti est aussi conscient que la crise du capitalisme frappe pareillement les agriculteurs et le monde paysan et rural, avec des conséquences sur les prix alimentaires, le développement agricole et l’intensification de la crise climatique. Il propose le développement de coopératives agricoles dans lequel le matériel, les machines, la terre, etc., sont mis en commun et gérés démocratiquement par les agriculteurs eux-mêmes, permettant d’accroitre les rendements de la production agricole et d’améliorer la vie de chaque agriculteur, éleveur et paysan qui en est membre (droit au repos, aux congés, à une meilleure assurance santé, etc.). Cela allié à la socialisation (la propriété sociale, par tous) des monopoles de l’agroalimentaire, de la chimie et de la grande distribution entre les mains des travailleurs et de la grande propriété foncière entre les mains de ceux qui la travaillent, avec la création de grands pôles de service public de l’eau et du rail sous la direction des travailleurs, permettront une production agricole autosuffisante, écologique, saine, à prix abordable pour tous et transparente sur l’origine des aliments consommés. Cela ira de pair avec une politique de mise en valeur des territoires selon leurs caractéristiques et une politique de réindustrialisation pour fournir machines-outils agricoles et pour traiter les produits issus de la production agraire. Il est donc aussi clair que ces propositions et ces axes de luttes avancés sont impossibles sans une solide alliance entre la classe ouvrière et les paysans dans une mobilisation conjointe contre les monopoles et pour le renversement révolutionnaire du capitalisme-impérialisme, l’édification du Socialisme-Communisme.

Le capitalisme nous menace ? Accusons-le et détruisons-le.

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