Site de la campagne "Libertés démocratiques"
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La question des libertés : un nouveau tournant réactionnaire et régressif sous le quinquennat Macron
En régime capitaliste, toutes celles et tous ceux qui doivent vendre leur force de travail pour vivre (c’est-à-dire l’écrasante majorité) sont privés d’une liberté fondamentale : celle de décider librement d’un mode de production qui réponde à leurs besoins et non pas à la seule loi du profit immédiat. Dans ce cadre, où s’exerce en continu une dictature de classe – celle du capital, détentrice des moyens de production et d’échanges -, des droits et libertés démocratiques ont été conquis par les luttes.
Ces acquis ne changent pas le fait qu’une démocratie bourgeoise n’est fondamentalement que la démocratie pour les bourgeois… De plus, comme toutes les avancées sociales arrachées par le mouvement ouvrier à la classe au pouvoir, ces conquêtes sont constamment bafouées et remises en cause à travers une violence d’État et des mesures liberticides qui s’accentuent fortement en même temps que s’approfondit la crise du capitalisme-impérialisme.
C’est dans ce contexte de reculs accumulés que grandit l’aspiration du peuple-travailleur à prendre ses affaires en main, mais cette aspiration ne peut se réaliser en régime capitaliste.
Sous le quinquennat de Macron, la liste des atteintes aux libertés et droits démocratiques s’est considérablement allongée, multipliant aussi le recours aux logiques de division, aux boucs-émissaires, aux mensonges et manipulations de tous ordres, directement inspirés des pratiques de l’extrême-droite.
Après le prétexte de la menace terroriste et du sécuritaire, la pandémie de Covid-19 a servi de nouvel alibi pour paralyser des luttes qui menaçaient de se généraliser, notamment contre la réforme des retraites. Les deux confinements ont constitué des « assignations à résidence » sur tout le territoire national. Depuis mars 2020, l’état d’urgence prolongé est déclaré « sanitaire », mais au-delà de sa dimension liberticide, il a encore renforcé le caractère autocratique du régime présidentiel.
Une crise politique révélatrice d’un régime présidentiel plus discrédité que jamais
Depuis 1958 (naissance de la Vème République), la démocratie bourgeoise se caractérise par un régime présidentiel autoritaire, de type bonapartiste, marqué par des traits fascistoïdes qui ont été en s’aggravant sous la pression des monopoles capitalistes et de l’oligarchie financière, qui veulent régner seuls et sans opposition.
La principale tendance de ce régime est la réduction des pouvoirs législatifs (Parlement réduit à n’être qu’une simple chambre d’enregistrement) pour accroître le rôle de l’exécutif, lui-même de plus en plus resserré sur une sorte de garde rapprochée du président.
Sous Macron, le Parlement est plus fantoche que jamais : tous les projets de loi présentés par le gouvernement sont d’abord l’émanation de la volonté du Prince, puis ils sont votés par « sa » majorité ou par 49.3… Le gouvernement lui-même n’existe pratiquement plus en tant que tel, il a été remplacé un moment par un « conseil de défense » dans lequel siègent quelques ministres et dont les délibérations sont secrètes. Macron le « mal élu » décide, renforçant le caractère autocratique d’un État subordonné aux directives des monopoles du pays.
Dans ces conditions, la bourgeoisie a de plus en plus de mal à maintenir l’illusion de sa démocratie, et la recomposition politique entreprise, avec la carte du « chef Macron », après les échecs répétés de l’alternance PS/UMP, débouche également sur une impasse que révèlent les taux records de l’abstention, celle-ci étant devenue majoritaire à toutes les élections depuis les législatives de 2017.
Les défenseurs des libertés et droits démocratiques doivent se rassembler autour d’axes de lutte tels que :
- L’arrêt immédiat de l’état d’urgence.
- La remise à plat des dizaines de lois et décrets sécuritaires et « antiterroristes » adoptés depuis 1986, et abrogation immédiate des lois et décrets les plus controversés du quinquennat Macron, car généralisant les mesures administratives (la justice n’ayant plus son mot à dire) d’interdiction, de fermetures, de répression et de surveillance policière : Loi « SILT » du 30 octobre 2017 sur la sécurité intérieure ; loi d’avril 2021 sur la « Sécurité globale » ; loi « Asile et immigration » de septembre 2018 ; décrets de décembre 2020, qui élargissent les possibilités et le champ de fichage du très controversé décret EDVIGE de 2008 ; loi d’août 2021 dite « confortant le respect des principes de la République » (ex-« Loi sur le séparatisme »)…
- Contre les violences et impunités policières : L’abrogation du « nouveau Schéma national du maintien de l’ordre » (SNMO), système de « nasse » policière qui permet de graves entraves au droit de manifester. Interdiction des « flashballs », goupilles de désencerclement,…
- Contre la société de contrôle de masse : non aux caméras des lieux publics, à la vidéo surveillance, aux systèmes de traçage et d’algorithmes appliqués au contrôle des individus, en particulier la multiplication des « pass », par exemple passes sanitaire et vaccinal.
- Contre les mesures d’emprisonnement des familles de réfugiés dans les centre de rétention (rappel : la France condamnée 8 fois par la CEDH depuis 2012 pour traitements inhumains infligés aux enfants (encore 122 enfermés en 2020)
- À l’entreprise, les droits « citoyens » et démocratiques doivent être pleinement reconnus et appliqués. Près de la moitié de la classe ouvrière, œuvrant dans les PME, est souvent privée de réels droits syndicaux ; donc droit syndical rendu obligatoire dans toutes les entreprises, dès lors qu’il y a deux personnes salariées ; élection d’un comité d’entreprise dans les entreprises de 10 salariés ; droit à l’expression politique dans l’entreprise (affichage, réunions, prise de positions)…
- Droit de grève reconnu comme expression légitime de la souveraineté populaire : donc abrogation de toutes les limites actuelles, y compris dans les transports et services publics…
- Libération immédiate de Georges Ibrahim Abdallah, un des plus vieux prisonniers politiques d’Europe, libérable depuis 1999 !
- Abrogation de la Constitution de la 5ème République et lutte pour une Assemblée émanant de formes de démocratie directe
- Principe de scrutin au suffrage universel à un tour avec proportionnelle intégrale à toutes les élections.
- L’exécutif de la République doit être collectif (« Conseil de la République »), élu par l’Assemblée nationale.
- Le droit de vote doit être étendu à toutes les personnes volontaires, vivant sur le territoire français depuis 3 ans.
- Luttes pour des formes de démocratie directe et de proximité (assemblées de quartiers et d’entreprises), permettant l’expression d’un droit de propositions, de pouvoir budgétaire et de contrôle par le peuple-travailleur…
- Engagement par contrat de toute liste politique devant les électeurs, et droit de révocation permanent des élus par voie référendaire, pour manquement aux engagements, corruption ou malversations.
- Interdiction du cumul des mandats : un élu, un mandat ! Être élu n’est pas un métier : l’élu a droit à des autorisations d’absences de son travail et au maintien de sa rémunération pour les durées de préparation, de séance, les permanences et comptes rendus
- Aucun financement de partis politiques par l’argent public (autofinancement par les cotisations et dons plafonnés de ses membres), mais accès égal aux moyens publics d’expression, de publication et de réunion.
- Défense de la laïcité par une séparation effective entre l’État et les Églises ; plus aucun financement par l’État de l’école privée.
- L’armée est également concernée par la question des droits démocratiques : les droits syndicaux et citoyens appliqués à l’entreprise doivent l’être également pour les soldats ; halte à l’armée professionnelle et de mercenaires, droit à l’instruction militaire pour toutes et tous.
- Etc.
Sur toutes ces questions, nous appelons aux luttes multiformes et au rassemblement populaire.
Mais nous devrons nous attaquer au capitalisme et à la propriété privée des moyens de production et d’échanges des biens et services. La base des atteintes aux droits et libertés démocratiques, c’est le mode de production capitaliste-impérialiste, qui derrière le paravent de sa « démocratie », cherche à dissimuler l’impitoyable dictature de la bourgeoisie monopoliste. La conscience grandit que notre « démocratie » actuelle est tronquée, puisque la propriété est privée et que toute politique gouvernementale ne vise qu’à légitimer et à favoriser les relais des monopoles, qui se succèdent au pouvoir, avec des conséquences dramatiques vécues au quotidien par des millions de travailleurs et de jeunes. Nous devons donc lutter contre ces effets insupportables du capitalisme, mais si nous voulons les éradiquer durablement, il nous faut en finir avec la cause.
Dès lors, grandira la conviction que le progrès social, la marche vers une vie digne et un travail pour tous, vers la démocratie, vers la construction de son propre État prolétarien et d’une société pour soi, exige le renversement de la classe dominante et son État. Le changement de mode de production, c’est le passage du capitalisme au socialisme-communisme, le transfert du pouvoir à la classe ouvrière et ses alliés. Ce transfert, au moyen de la révolution, nécessite de briser l’État capitaliste, ses appareils en promouvant des responsables nouveaux issus de la classe ouvrière et des autres catégories de travailleurs, en transformant les missions de l’État qui, d’organe de domination du peuple-travailleur, deviendra l’instrument de ses intérêts et aspirations, en élevant de nouvelles règles de fonctionnement démocratiques et anti-bureaucratiques. Des comités populaires locaux avec pouvoir budgétaire, aux comités d’usines en passant par toutes les formes que nous inventerons, jusqu’au sommet de l’État, le peuple-travailleur contrôlera l’État qui deviendra prolétarien, au service des prolétaires.
Commencera la construction de la nouvelle société qui rendra indissociables la construction du progrès social et les réalisations démocratiques. Ceci est une longue marche, elle commence maintenant !
