Suite au premier tour Législatives 2024
Sans surprise, le 1er tour des Législatives anticipées du 30 juin 2024 a vu le RN arriver en tête, avec (selon les chiffres du Ministère de l’Intérieur) 29% des exprimés (soit 19% des inscrits), suivi du Nouveau Front Populaire (28% des exprimés, 18,19% des inscrits) puis de l’union macroniste (20% des exprimés, 13% des inscrits). Sans surprise également, le jeu des désistements a fonctionné à plein jusqu’à mardi soir, au nom du "barrage contre l’extrême-droite", refrain servi à de multiples reprises depuis les années 90. Le PCRF, s’appuyant sur l’expérience accumulée au fil des alternances Droite/PS et sur son analyse de classe, rappelle que, bien loin de constituer un barrage efficace et durable contre le Front national devenu RN, l’élection des représentants du capital ou de son aménagement a toujours constitué un marchepied vers un renforcement de l’extrême-droite, à cause des politiques antisociales, régressives, bellicistes et liberticides menées. A ce sujet, nous vous invitons à prendre connaissance de notre tract des Législatives (ci-dessous), qui rappelle ce qui peut être, pour la classe ouvrière, un barrage solide pour la défense de ses acquis et de ses droits : l’union dans la lutte, la construction de comités, la conscience du rôle de l’État capitaliste, de la nécessité de son renversement, et le renforcement d’un parti représentant ses intérêts, à savoir le Parti Communiste Révolutionnaire de France.
Texte de notre tract sur les élections législatives 2024 pour premier et deuxième tour :
Unis dans la lutte !
Au soir du 9 juin 2024, un verdict est tombé, avec les résultats du scrutin européen : faillite électorale du gouvernement Macron/Attal, avec moins de 15% des exprimés pour la liste macroniste (moins de 8% des inscrits, compte tenu de l’abstention encore forte) ; nouvelle poussée du Rassemblement national, à plus de 31% (16% des inscrits). Résultats qui sont la conséquence de la politique antisociale menée depuis le 1er mandat du Président Macron. Vous pourrez trouver une analyse plus complète sur notre site.
Une colère populaire justifiée
Le PCRF considère bien sûr avec gravité cette situation politique. Le courant de remise en question de la politique dominante mise en œuvre par le gouvernement, se renforce, mais les forces populaires ouvrières ne se sont pas libérées des partis bourgeois et petits bourgeois.
Rappelons la haute responsabilité des gouvernements macronistes, depuis 2017, dans l’accumulation des mesures régressives, liberticides et brutales, qui ont durement impacté un nombre croissant de travailleurs, de retraités et de jeunes.
Pour défendre les intérêts exclusifs des monopoles et des banques, tous les coups possibles ont été portés contre la classe ouvrière : salaires, conditions de travail, pertes d’emplois, précarité, droit à la retraite et aux indemnités-chômage, loi antiimmigrés…, autant de leviers d’exploitation contre lesquels les luttes ont été nombreuses, mais peu victorieuses, faute de coordination suffisante de ces luttes.
Un tel fossé s’est creusé entre ceux « d’en bas » et « ceux d’en haut », que le choix de l’abstention ou d’un parti qui se prétend « antisystème » est également compréhensible.
Suite à sa déroute électorale, le Président Macron a fait le choix de dissoudre l’Assemblée nationale et de convoquer des élections législatives anticipées les 30 juin et 7 juillet prochains. On peut supposer qu’il fait plusieurs paris dont celui d’une résolution relative du problème par le jeu du « vote utile » grâce au deuxième tour, en comptant réactiver les désistements pour des candidats plus « républicains » que ceux du RN.
Le PCRF y voit se reproduire le scénario désormais habituel des illusions parlementaires. La dictature de classe féroce, qui fait progressivement tomber des piliers de la démocratie bourgeoise pour satisfaire aux exigences des monopoles et de l’oligarchie financière, ne peut être combattue que par des luttes d’une intensité inégalée.
S’organiser dans la lutte sera décisif
En effet, le vote est aussi un moyen de détourner les masses des luttes. La bourgeoisie profite des périodes électorales pour faire croire que les citoyens vont pouvoir choisir leur avenir, voire décider librement de leur société au moyen des élections.
Les masses doivent faire leur propre expérience. L’histoire montre que ce sont les luttes qui soulagent les problèmes du peuple.
Les colères exprimées dans le vote aux européennes doivent se traduire par le renforcement des organisations de classe, de masse. L’émergence de comités sur la base de nos revendications sera décisive.
Ces comités de base – locaux et d’usine – doivent travailler au développement des luttes : grève, occupations d’usine, actions « coups de poing », grève générale. En cas de crise révolutionnaire, ils pourront constituer des organes de double pouvoir puis des comités de prise du pouvoir organisant la grève générale politique et le soulèvement populaire pour la révolution.
Dans ces comités pris ensemble, constituant un véritable front de lutte, d’action sociale, nous devons relier la lutte quotidienne contre les conséquences du capitalisme à la lutte générale contre le capitalisme. Le peuple-travailleur doit être vigilant, croire en son propre pouvoir. Nous devons travailler à forger un Front d’alternative populaire regroupant toutes les victimes du capitalisme, base sociale du front, avec les travailleurs individuellement, leurs organisations progressistes, démocratiques, de femmes, de jeunes, anti-impérialistes, syndicats, collectifs.
Classe contre classe !
Pour ces élections, nous utiliserons la tactique « classe contre classe », en interpellant publiquement les candidats avec des thèmes et axes de lutte qui, alimentant des luttes politiques, constitueraient des éléments de rupture avec la politique du capital comme par exemple :
- Opposition générale et globale à la politique du gouvernement Macron !
- Abandon sans condition du projet de loi contre le droit à la retraite (retour à 60 ans et 37,5 annuités) et de « grande Sécurité sociale » !
- Lutte contre toutes les suppressions d’emplois, privés comme publics !
- Abrogation de tous les cadeaux fiscaux au capital et réorientation de l’argent public vers les services publics (santé, école publique, logements, transports…),
- Réduction des crédits militaires ! Non à l’« économie de guerre » !
- Lutte contre l’UE des monopoles !
- Retrait de la France de l’OTAN et rupture avec sa politique, lutte pour sa dissolution. - Retrait des troupes françaises de l’étranger !
- Défense des libertés démocratiques : non à l’État policier ! Abrogation de toutes les lois liberticides et dites de « sécurité ». Respect du droit de manifester et de faire grève ! Réintégration des militants licenciés !
- Non à l’emprisonnement et aux expulsions des Sans-papiers !
- Droit de révocation des élu-e-s qui ne respectent pas leur mandat !
- Pour un cessez le feu immédiat et un Etat palestinien dans les frontières de 1967, avec Jérusalem comme capitale.
- Contre la guerre entre impérialismes en Ukraine.
Autant de revendications qui, sous le capitalisme en crise, doivent nécessairement ouvrir la voie, par la lutte, à un processus révolutionnaire vers une nouvelle société débarrassée de l’exploitation salariale.
C’est ce à quoi travaille notre Parti.
Rejoignez-nous dans cet engagement contre le capitalisme, pour la défense des intérêts de la classe ouvrière, des couches populaires, des retraités et pour l’avenir de notre jeunesse, de notre pays et de la planète !
Vous pouvez retrouver notre tract sur les élections législatives 2024 ici.
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