Travail syndical, travail communiste aux entreprises

Les voies de la construction du parti

une nouvelle brochure du Parti Communiste Révolutionnaire de France, écrite par Pierre Komorov, Secrétaire général du PCRF (janvier 2021) :

Brochure de 60 pages, présentée sous format A5, vendue 3 euros ou 6 euros avec les frais de port : commandez-la via notre rubrique "Contact".

Ci-dessous une présentation de son contenu  :

La France est le pays classique de la lutte des classes, un exemple de spontanéité, nous enseignent Marx et Engels au 19ème siècle. En même temps, les marxistes-léninistes ne peuvent ignorer certaines lacunes propres au mouvement ouvrier français. Le socialisme français est la troisième source constitutive du marxisme, en raison des théoriciens utopistes, mais surtout en raison de la riche spontanéité de son prolétariat.

Cependant, la classe ouvrière a eu tendance à subordonner son action à la bourgeoisie républicaine, contre l’aile réactionnaire et monarchiste de la classe capitaliste. Cela va nourrir une autre tendance, consistant à abandonner les entreprises aux syndicats, en passant par le chemin de la réduction du champ politique du PC aux seules élections.
Autre particularité de notre pays : le marxisme y fut introduit plus tardivement que dans les pays voisins. Les courants ouvriers les plus influents restaient sous l’emprise de la petite-bourgeoisie (Proudhon...), c’est-à-dire des petits propriétaires de capitaux et de leur mentalité. Des déviations légalistes, propres au syndicalisme, parlementaristes, qui accentueront également la répartition non dialectique du travail politique et syndical, et même chauvines, ont surgi à différentes époques, dans le mouvement socialiste puis communiste.
Pour reconstruire leur Parti, les communistes doivent rompre avec toutes les théories opportunistes, y compris les plus camouflées. La racine politique de ces déviations multiples a sa source dans la non assimilation ou le rejet de la théorie matérialiste de l’État. Jaurès, mais également Guesde, nuiront à la compréhension du marxisme et au nécessaire travail indépendant et hégémonique du Parti sur toutes les luttes. Guesde, défenseur du marxisme en France, va être dans l’incapacité de lier les batailles sociales revendicatives à la bataille générale et stratégique contre le capitalisme. Chez lui, les réformes sont conçues comme un moyen d’agitation sociale, doublé de la crainte que ces réformes se fassent et renforcent les illusions des ouvriers sur le capitalisme (!). Jaurès, avec toute son influence, accentuera également la révision de la question de l’État : «  Il n’y a jamais eu d’État qui ait été aux mains d’une classe dominante, un instrument à tout faire et le serviteur de tous les caprices (…) en fait l’État n’exprime pas une classe, il exprime le rapport des classes, je veux dire de leurs forces  ». Cette grave révision permettra de justifier toutes les déviations opportunistes. A la fin du 19ème siècle, le mouvement syndical se développa rapidement. La CGT, fondée en 1895, dénonça le « rôle parasitaire des élus », porta une dénonciation morale de la corruption. Son antiparlementarisme débouchait sur une méfiance et même une hostilité à l’égard des partis politiques, y compris socialiste. Le syndicat CGT se dotait d’une « mission politique », en se voulant embryon de la « société socialiste naissant au sein du syndicalisme ». Cet anarcho-syndicalisme marquera durablement le mouvement ouvrier français.

Le facteur objectif a également été favorable aux développements d’opportunismes dans le mouvement ouvrier en France. Le capitalisme en France vit le rythme de centralisation et de concentration des entreprises s’opérer plus lentement que dans les pays voisins comme l’Angleterre ou l’Allemagne. Cette faiblesse du prolétariat, renforcé par le caractère "tondeur de coupons" du capitalisme français, n’est pas favorable à la compréhension de la force du collectivisme et de la classe ouvrière, du marxisme. L’ensemble de ces opportunismes, qui sont parties intégrantes de la création du jeune PCF au congrès de Tours, et malgré les efforts de l’Internationale Communiste pour la bolchévisation du Parti, ressurgiront au moment du Front Populaire, de la Résistance, avant que le révisionnisme n’emporte le PCF jusqu’à sa social-démocratisation.

La bolchévisation est incontournable pour espérer ne pas prendre la même voie que le PCF, mais ce sera un processus de longue haleine dans un pays qui a érigé le « manque de théorie » en théorie précisément. La bolchévisation consiste en l’orientation prioritaire du travail politique révolutionnaire en direction des usines, des entreprises, pour le recrutement de cadres ouvriers, pour la lutte permanente contre l’opportunisme qui a sa source en France dans la non assimilation de la théorie marxiste de l’Etat, dans son rejet ou son ignorance. Sans une politique aboutie de bolchévisation puis sans sa permanence, la construction du Parti Communiste mènera sur les mêmes chemins que ceux pris par le PCF social-réformiste d’aujourd’hui.

La nouvelle brochure du PCRF veut contribuer à la compréhension de la nécessaire bolchévisation du Mouvement Communiste de France. Elle opère également la distinction et le lien dialectique entre le travail syndical et le travail communiste aux entreprises. Bien sûr, comme un fil rouge de cette soixantaine de pages, dans un pays qui accuse le plus grand retard, les voies de la construction d’une avant-garde communiste en France y sont abordées, construction du Parti qui est le but stratégique immédiat de notre PCRF.

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