Unité du mouvement populaire !

La situation politique est aujourd’hui inédite.

Alors que, depuis Chirac, les attaques de la bourgeoisie n’avaient pas pu être mises en échec, malgré l’importance des grèves, le Président des monopoles et de l’oligarchie financière, Macron, a pour la première fois capitulé : il a retiré ses augmentations de taxes sur l’essence et l’augmentation sur l’électricité et le gaz. Il a été contraint de monter une arnaque pour faire croire qu’il augmentait les revenus. Ce n’est pas le mouvement syndical qui a fait capituler ce gouvernement ultra-réactionnaire. Ce sont les Gilets Jaunes !

Ce recul favorise-t-il le mouvement ouvrier ou le dessert-il ?

Il le favorise incontestablement, au moins pour deux raisons : beaucoup d’entre nous ont reçu des primes de fin d’année inattendues et nous n’aurons pas pour cette année à payer des taxes supplémentaires sur le carburant ou sur l’énergie ; cela a été obtenu par une lutte sans concession, sans "dialogue social" qui n’a jamais rien donné aux travailleurs ; dès la première semaine, ce qui ressortait des rassemblements des Gilets jaunes, c’est que les revendications avancées étaient les mêmes que celles des travailleurs syndiqués !

On nous avait dit « Gilets jaunes = extrême-droite », alors que la politique d’extrême-droite, n’est-ce pas ce gouvernement qui la mène ?

Demande d’extrême-droite, l’augmentation du SMIG, des salaires et pensions ? Extrême-droite, le rétablissement de l’ISF, la revendication de la justice fiscale ? Extrême-droite, la suppression de la TVA sur les produits de première nécessité et la nourriture ? Extrême-droite, la défense des services publics et des transports en commun ? Après deux mois de mobilisation et de mise en avant de ces plates-formes, une chose est évidente : malgré leurs tentatives de manipuler le mouvement au début, aujourd’hui Wauquiez et Le Pen sont d’accord avec Macron contre l’augmentation du SMIC, des salaires et des pensions, l’ISF, la justice fiscale… Et à bien y regarder, les militants syndicaux qui, dans les entreprises, dans les manifs, ont porté ces mots d’ordre, qui ont combattu les attaques contre les retraites, contre le démantèlement du Droit du travail et contre la privatisation programmée de la SNCF, ces militants ont préparé les conditions pour ce premier recul gouvernemental.

Aujourd’hui ce qu’il faut, c’est rendre la convergence objective entre le mouvement syndical et celui des Gilets Jaunes.

Cette convergence doit être concrète, consciente, sans paternalisme et sans condescendance. Déjà les choses bougent, et cela ne saurait nous étonner, en particulier là où les militants de la CGT manifestent la volonté de revenir au syndicalisme de classe et de masse, s’interrogent sur l’affiliation de la CGT à des organisations internationales comme la Confédération "Syndicale" Européenne ou la Confédération Syndicale Internationale, qui ne sont pour la première qu’une émanation de l’Union Européenne, et pour la seconde celle de l’impérialisme US, de la social-démocratie et du Vatican ! Chacun est à même de voir ce que représentent un Laurent Berger et la CFDT : des instruments aux mains de Macron et de la bourgeoisie monopoliste, chargés de casser les luttes, de faire avaliser par les travailleurs les besoins des capitalistes.

Or la CFDT est membre de ces deux confédérations ! Il n’est donc pas étonnant que les mêmes syndicalistes s’interrogent, quand ils n’ont pas déjà franchi le pas, sur la nécessité pour la CGT de revenir à la Fédération Syndicale Mondiale qui, elle, soutient les luttes des travailleurs et a salué la lutte des Gilets jaunes, dénonçant la répression policière ! Le mouvement syndical a besoin de faire le bilan des échecs de ces trente dernières années, années marquées par le syndicalisme rassemblé (derrière la CFDT) et la domination du réformisme, des partisans du "dialogue social", des "plans sociaux," des "corps intermédiaires".

Ce qu’a mis en lumière le mouvement des Gilets Jaunes...,

c’est la détermination, la capacité à mener la lutte sur le long terme, de manière continue, et à refuser le terrain de l’adversaire et le respect de législations qui ne visent qu’à entraver le mouvement ouvrier et populaire. Le gouvernement, par la violence de la répression, ses révérences constantes à un appareil répressif déchaîné sur fond de campagne contre la prétendue violence des manifestants, faisant monter au créneau et allant au-devant des attentes des organisations policières comme Alliance, le gouvernement a compris le danger : sa seule obsession, c’est d’empêcher que les manifestations aient lieu autrement que sous forme d’une promenade contrôlée et dûment encadrée par les "robocops". Lesquels agents laissent faire les provocateurs et les tenants de l’économie parallèle qui pourrissent certaines de nos cités populaires, quand il s’agit de faire les titres des médias contre le mouvement populaire, en rouge comme en jaune !

Pour autant, les participants au mouvement des Gilets Jaunes ont à apprendre du mouvement ouvrier.

On ne peut garder l’initiative sans organisation ; et même si aujourd’hui, son orientation est fortement critiquable, c’est dans le mouvement syndical que se trouve la clef de la victoire de nos revendications. L’organisation, c’est aussi la seule solution pour empêcher ce qui s’est passé le samedi 26 janvier à Paris, où des militants du NPA ont été agressés par des fascistes lors de la manifestation.

Mais on ne peut mener le combat contre les "puissants", les "riches", les politiciens au service de la bourgeoisie, bref contre la classe dominante qui nous opprime et nous exploite, sans faire de la politique contre… leur politique.

Ici encore, en s’organisant, mais dans un parti dont l’objectif n’est pas de conquérir des postes et de gérer les affaires pour le compte de la bourgeoisie (ce qu’ont fait les gouvernements du PS comme ceux de d’Union de la Gauche – dont faisaient partie le PCF mais aussi les dirigeants de FI). Un parti dont l’objectif est d’aider la classe ouvrière, les forces populaires, à se battre contre les politiques sauvages qu’ils nous font subir, contre leurs mensonges (prétextes écologiques, de mondialisation, d’obligations européennes…), un parti qui prépare les conditions, en organisant politiquement la classe ouvrière et les masses populaires, pour en finir non pas avec des individus, mais avec le système qui les produit : le système capitaliste, le système qui permet l’enrichissement d’une infime minorité et l’appauvrissement de la majorité par l’exploitation de la classe ouvrière et de l’ensemble des travailleurs, y compris des artisans et petites entreprises. Ce système, il faut le remplacer, et vite, car il nous menace de guerre (il n’y a pas d’argent pour les retraites, la santé, l’éducation, mais il y en a pour la course aux armements et les expéditions militaires), il nous menace de crise écologique (par le réchauffement climatique dont nous, les travailleurs, ne sommes pas responsables, mais aussi par la pollution des nappes phréatiques, de l’eau potable, la malbouffe, l’extraction des matières premières au moindre coût, la course aux armements …).

L’avenir, c’est une société où le pouvoir sera aux travailleurs qui décideront, où une planification économique permettra de diriger l’économie et de l’orienter vers la satisfaction des besoins de tous, qui reposera sur la propriété sociale des moyens de production et d’échange, et qui travaillera à la coopération entre les peuples et à construire un monde de paix. Cette société, c’est la première étape du communisme. Et quoi que l’on dise, si on veut que ça change vraiment, c’est la seule alternative possible et c’est l’objectif de notre parti.

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