Fascisation

Ci-dessous le rappel théorique, écrit par Pierre Komorov, Secrétaire général du PCRF, pour expliciter la notion de "fascisation", employée dans notre analyse de l’État bourgeois, dans le cadre de la politique menée par le gouvernement Macron/Castex :

Au stade impérialiste, avec le tournant vers la réaction dans tous les domaines, en lien avec la possibilité de situations révolutionnaires, le capital est contraint de violer régulièrement et en permanence ses propres lois et principes. L’Internationale communiste a baptisé ce processus "fascisation de la démocratie bourgeoise".

La fascisation, c’est l’utilisation de la violence à plus grande échelle, des exécutifs toujours plus resserrés avec la diminution drastique du rôle des parlements, la corruption amplifiée à grande échelle, la terreur idéologique visant à criminaliser le communisme, la préparation des conditions favorables à une guerre civile et aux guerres de l’impérialisme.

Dans tous les pays bourgeois, les écoutes qui violent le « secret de la correspondance », le fichage des militants, la pénétration par la police des organisations démocratiques, syndicales, communistes, sont la règle. La vigilance révolutionnaire s’impose face à de telles pratiques. Les écoutes contre les militants, les affaires de banditisme d’État type Benalla, Dussopt, Ferrand, Fillon, Cahuzac, Sarkozy..., la hausse des budgets militaires et de police, les interventions armées à l’extérieur, les discours de stigmatisation, sont la routine du capitalisme-impérialisme.

La fascisation ne signifie pas fascisme ni automatiquement transition au fascisme, mais que sous la direction de l’oligarchie financière, le capitalisme de monopoles (l’impérialisme) se dote d’une démocratie bourgeoise mâtinée de mesures d’exceptions fascisantes (certaines secrètes bien sûr) ; dispositions qui durcissent la démocratie bourgeoise par essence violente, mais ne l’infirment pas en totalité, puisque cette dernière reste la forme de dictature bourgeoise la plus avantageuse pour duper les masses avec leur « consentement ». Donc, ni idéalisation d’une démocratie bourgeoise mythique qui s’interdirait toute répression, ni passivité où l’on voit le fascisme partout, mais explication patiente du contenu de classe de l’État bourgeois, du processus d’autoritarisme croissant.

La contradiction entre la démocratie formelle, limitée, des capitalistes, et les aspirations des travailleurs à une démocratie pour eux, l’aspiration à gérer leur quotidien et leur avenir à tous les échelons, cette contradiction s’amplifie sous l’impérialisme (voir, sans les juger ni les mettre sur le même plan les comités anti-néolibéraux, les Nuit debout, les Gilets jaunes, les collectifs de lutte …).

Ce dessaisissement des droits démocratiques, dont les travailleurs sont victimes de l’entreprise à l’État en passant par la commune, implique pour les communistes la tâche d’assurer les luttes pour les droits démocratiques à partir des aspirations à la participation, à la transparence des affaires publiques.

Dans cette optique, les communistes ont une double mission : défendre, développer, consolider toutes les formes de démocratie directe à la base (conseils, comités etc.), partir aussi de ces mêmes aspirations pour montrer que la démocratie bourgeoise est la démocratie pour les détenteurs de capitaux, la négation de la démocratie pour les travailleurs.

Les marxistes-léninistes, à la suite de Marx et Lénine, considèrent que la lutte pour la consolidation, l’acquis des droits démocratiques, favorise le développement de la lutte de classe, donne confiance aux travailleurs dans leurs propres forces, lève également les illusions probables sur les causes des souffrances. La condition stratégique étant que les communistes relient la lutte pour la démocratie à la dénonciation des limites de la démocratie bourgeoise, dues à son contenu de classe, (s)’éduquent dans l’idée que le démocratisme radical trouve son expression dans la Révolution socialiste et la démocratie ouvrière et populaire : « Développer la démocratie jusqu’au bout est une des tâches de la Révolution socialiste ». (Lénine).

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