Soutien aux luttes en Kanaky : Usine de nickel, usine du pays !

Alors que la contestation monte en puissance en France, elle s’accentue également en Kanaky, officiellement nommée Nouvelle Calédonie. Dans cette collectivité territoriale française, la vente d’une usine de nickel adossée au riche gisement de Goro situé dans la province sud, l’une des plus grandes mines de nickel au monde, attise les tensions.

Initialement propriété du groupe brésilien Vale, monopole mondial de la production et de l’exportation de minerais, cette usine est promise à la vente par ce monopole, qui annonce 2 milliards de dollars de pertes depuis 2014.
Utilisant un procédé hydrométallurgique innovant à l’acide sulfurique, le site, dont le chantier a souffert de retards et d’une flambée des coûts, n’a jamais atteint ses objectifs de production. Un projet de vente a donc été adopté, destiné à Prony Ressources, un consortium composé pour 50% d’intérêts calédoniens (collectivité provinciale, salariés et société civile calédonienne), pour 25% de la société Trafigura basée en Suisse et pour 25% d’une société d’investissement multipartite.
Si le projet est soutenu par les autorités de la province sud et par l’État français, en revanche il ne l’est pas du tout par les indépendantistes. Le collectif « usine du sud : usine pays » et l’Instance coutumière autochtone de négociations (ICAN), tous deux soutenus par le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), se disent « totalement opposés » à ce projet, qui consacre « la mainmise des multinationales sur les richesses du pays. »

Le jeudi 10 décembre 2020, les indépendantistes et les autorités coutumières kanaks ont organisé des blocages et des barrages routiers vers les communes du Mont-Dore et de Païta, dans la banlieue de Nouméa, et vers le village de Bourail ainsi que les accès à l’usine de Vale dans le sud et à plusieurs autres sites miniers. La détermination de ces travailleurs en lutte pour empêcher cette totale dépossession a été telle que le site industriel de Vale a dû être mis sous protection de la gendarmerie...

La Kanaky est le 5ème producteur mondial de nickel, minerai représentant un enjeu économique et stratégique majeur tant pour l’impérialisme français que pour les indépendantistes à cause de ses très nombreuses applications industrielles. Pour ces derniers, son exploitation et son traitement doivent revenir aux autorités locales pour préparer le terrain à la future indépendance de l’archipel.
En conséquence, ils soutiennent un projet concurrent porté par la Sofinor (Société de Financement et d’Investissement de la Province Nord), société d’économie mixte appartenant à la Province Nord, associée au groupe industriel sud-coréen Korea Zinc.
Ce projet alternatif consiste à prendre le contrôle du gisement de Goro et de l’usine adossée. De plus, voulant limiter les exportations des minerais non transformés et conscients que le coût de l’énergie empêche ce traitement d’être rentable, il est prévu d’envoyer le minerai en Corée du Sud chez leur partenaire, considérant ce traitement comme équivalent à un local.
Cette offre de reprise a été rejetée par la direction canadienne de Vale, considérant qu’elle n’offrait « aucune garantie sur les emplois et l’environnement  » (sic !). Refus relayé par Bercy, inquiet de « l’origine des fonds » et d’une « structure de gouvernance confuse. » (re-sic !).
Face à ces refus, le groupe sud-coréen Korea Zinc a finalement retiré son offre.

Fidèle aux principes de l’internationalisme prolétarien, le Parti Communiste Révolutionnaire de France (PCRF) exprime son total soutien à cette lutte liée aux intérêts du peuple kanak.
Le PCRF rappelle qu’il revendique le droit à l’autodétermination pour le peuple kanak comme pour tous les autres, c’est-à-dire le droit d’exercer librement, démocratiquement, sans contraintes ni chantages, sa pleine souveraineté dans tous les domaines de la vie économique, politique, sociale et culturelle de son pays.